Interview : Lolita Séchan

lolita-sechan-interview-mediateaseur-home-©-Patrick-Bruchet

Lolita Séchan, le nom vous dit surement quelque chose. Et oui, c’est bien à elle que l’on doit la bande dessinée Todo Loco (vous pensiez à autre chose ?).

Todo Loco est un recueil de gags dans la lignée d’Affreux, bêtes et méchants. 3 adjectifs qui vont très bien aux personnages que l’on retrouve ici, mais il faudrait tout de même ajouter attachants, drôles et avec un sens de la répartie de compétition.

Le Mediateaseur a vraiment apprécié et passé un très bon moment à la lecture de Todo Loco. Il est donc très heureux que Lolita Sechan ait accepté de répondre à mes questions.

Une interview pleine d’humour à l’image de Lolita, bonne lecture à vous.

 

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Bonjour Lolita,

Vous êtes la scénariste de Todo Loco, sorti aux Editions Les 400 coups. Tout d’abord, d’où vous vient l’idée de faire ce genre de livre ?

Il n’y a rien qui me fascine et m’émerveille plus que le dessin. J’ai toujours dessiné et toujours eut envie – sans me l’avouer – de faire quelque chose dans ce domaine. Déjà avec mon premier roman (« Les cendres de maman »), j’avais fait des croquis de tous les personnages, esquissé les plans du monde imaginaire et visualisé le tout en BD. Mais il me manquait l’occasion, ou le courage d’oser me lancer vraiment. C’est là qu’est intervenu mon meilleur pote, Emmanuel Grard, dont j’admirais le trait de crayon et qui était peintre et en galères. Au début, l’idée c’était de lui faire gagner des thunes en lui scénarisant une petit BD. Résultat, on a travaillé dessus pendant deux ans, il en est sorti un album et on a compris que ce n’était pas avec ce genre de BD qu’on gagnerait des thunes!

Vous notiez les idées d’histoires quand elles venaient ou vous avez travaillé toute l’écriture d’un coup ?

Je notais les idées quand elles me venaient. On postait aussi des extraits ou des histoires entières sur notre blog (www.sblorf.com), pour avoir des retours de lecteurs. Ça nous a beaucoup encouragés à tenir le rythme, parce qu’il faut avouer qu’on est un peu lents !

Certaines personnes n’aimeront malheureusement pas ce genre d’humour. D’ailleurs comment qualifiez-vous votre humour ?

C’est un humour un peu absurde, un peu débile, un peu scato, bref, un humour  hypocondrico-paranoyo-bigBrothero-hyperdrolo-iaque ! Et un peu crade aussi. C’est sûr, ça plait pas à tout le monde.

Vous êtes-vous justement « censurés » parfois ?

Dans mon souvenir, il n’y a qu’une seule histoire qu’on ait censurée. Dedans il y avait une nonne, un rabbin et un imam qui se faisaient tirer dessus par l’un de nos personnages. Manu – en bon parano – a cru qu’on allait se faire assassiner pour blasphème  et n’a jamais voulu qu’on la mette dans la BD. Pourtant elle me plaisait bien !

Pour les personnages, comment les avez-vous créés, que ce soit pour leur look et leur personnalités ?

Pour les petites sœurs, je me suis inspirée des enfants de mes potes, qui sont à peu près aussi « Folklo » que dans notre BD. Pour les autres personnages, ils sont très largement inspirés de Manu et moi. J’ai, hélas, un peu de tous leurs défauts ! Sauf peut-être le micro-pénis de Vadox… ça c’est Manu tout craché. Leur look est venu au fil des croquis.

Vous vous occupiez des dessins ou du texte en premier ?

La plupart du temps, l’idée venait par le dessin, elle découlait des situations. Je faisais le storyboard de l’histoire avec quelques indications de dialogues, ensuite je donnais mes dessins à Manu et il redessinait tout ça avec beaucoup plus de talent et de testostérone. Ensuite, on mettait en couleur sur photoshop. Ah oui, aussi, je le frappais un peu quand il dessinait trop lentement. Mais lui il poussait des cris de bête et imitait l’accent belge pendant des heures… Ça justifie qu’on achète notre BD !

C’est Emmanuel Grard qui a dessiné vos envies, comment est née cette collaboration ?

Comme je le disais plus haut, j’avais envie de travailler avec Emmanuel. Un type m’avait parlé d’un journal de mode pour enfant qui cherchait (et rémunérait) tous les mois deux pages BD. Comme à l’époque j’étais censé être écrivain, j’ai proposé à Manu de bosser ensemble sur une petite BD pour enfants pour ce magazine. Mais dès qu’on a commencé à travailler sur Todo Loco, on s’est rendu compte que ça ne serait pas du tout pour enfants : les personnages avaient douze ans mais étaient scatos, exhibitionnistes, pervers, alcooliques, hystériques et, à l’occasion, enculaient des poulets ! Du coup, on a jamais re-contacté le journal, on a trouvé un « bureau » dans la cave du cyber café d’un ami et on a mis deux ans à pondre Todo Loco.

Sur la couverture, on peut lire Tome 1, j’espère vivement qu’il y en aura d’autres, travaillez-vous déjà dessus ?

On commence à envisager de se faire à l’idée de s’y remettre ! Plus sérieusement, oui il y aura un Tome 2 – on en profitera pour développer les personnages et le monde dans lequel ils évoluent et peut-être qu’on parlera un peu moins de vomi.

C’est quelque chose que vous auriez envie de continuer pour en faire une série ?

C’est comme ça qu’on l’a pensé en tous cas. Mais on verra si les lecteurs suivent !

cover-todoloco

Un grand Merci à Lolita Séchan pour son temps et sa gentillesse. Le Mediateaseur espère que cela vous donnera envie de parcourir Todo Loco et d’en parler autour de vous.

Todo Loco est paru en novembre dernier aux Editions Les 400 Coups. Il est disponible dans toutes les librairies, 48 pages, 12 euros.

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