Interview : Cendrine Wolf

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Elles sont deux et elles ont créé un nouveau personnage littéraire qui remporte un énorme succès, Oksa Pollock. Il s’agit de Cendrine Wolf et d’Anne Plichota.

Le Mediateaseur a déjà eu l’occasion de vous parler des 2 premiers tomes de cette saga, qu’il affectionne beaucoup, lors de leurs sorties (ici et ici). Comment est né ce personnage ? D’où vient l’imaginaire pour créer un tel univers ? La comparaison avec Harry Potter est-elle bien prise ?…

Pour répondre à ces questions et plus encore, Cendrine Wolf m’a fait le très grand plaisir de bien vouloir m’accorder un entretien en toute franchise et dans un véritable moment d’échange. Bonne lecture.

 

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Bonjour Cendrine,

Pour commencer, pouvez-vous nous parler des péripéties de la publication du premier tome ?

Oui, il y a à peu près 3 ans. On envoyait quelques manuscrits à des éditeurs et on a reçu des refus très rapidement. On n’avait pas envie de laisser notre livre comme ça donc on a fait ça en autoédition. On a trouvé un imprimeur et on a fait un premier livre, on a trouvé quelques libraires qui étaient partants pour le mettre en rayon et très très vite ça a super bien marché. On a sorti le 1, le 2 et le 3 en 2 ans. Il y a eu une espère de gros buzz qui a fait que XO a racheté la série.

Vous attendiez-vous à faire l’unanimité autant auprès des lecteurs que des journalistes ?

A partir du moment où on écrit un livre, on a confiance en son livre. On avait fait lire le livre à quelques gamins dans un collège avant de l’imprimer et ils ont vraiment aimé. Après nous on était enthousiastes, surtout en autoédition. Le fait aussi que des libraires le mettent en coup de cœur, ça reste quelque chose de magique. J’ai été bibliothécaire et je sais que l’autoédition est mal vue car il n’y a pas cette espèce de « label ». Après XO a racheté et je crois que notre histoire a plu à la presse et il y a eu énormément d’articles mais sur notre histoire avant tout et ensuite sur le livre.

Le public cible sont les adolescents. Mais est-ce que vous avez des retours d’adultes qui apprécient voire qui sont fans des aventures d’Oksa ?

Avant on ne le sentait pas en autoédition, mais maintenant on le ressent énormément. On a des jeunes adultes et beaucoup de mamans qui le lisent avant de le faire lire aux enfants. Ca fait du bien que les adultes le lisent. Avec les enfants, ce n’est jamais gagné mais ce sont des bons lecteurs. Un adulte est beaucoup plus critique par son passé et son vécu, donc ce n’est pas facile pour toucher les « grands ».

Vous êtes deux auteures. Comment se passe le processus d’écriture ?

Donc il y a 6 volumes. Ce qu’on a fait à peu près durant une année, c’est faire une espèce de scénario avec le début et la fin. On avait aussi les ingrédients du milieu qui pouvez nous emmener à cette fin. Ensuite pour l’écriture, on discute longtemps et Anne fait un premier jet de tout ce qui a été dit. On fait un peu comme les peintres, Anne travaille avec la couleur noire et moi avec la rouge, et après on fonctionne avec une clé USB. Elle me donne le texte en noir, j’y rajoute plus d’actions, plus de magie et elle sera plus dans le psychologique. Après ça ne veut pas dire qu’elle ne va pas y greffer de la magie. Il n’y a pas de rôle défini, c’est vraiment beaucoup de discussions.

Donc 6 tomes et pas plus ?

 Il y aura 6 tomes et pas plus. Même si la série fonctionne très bien, on n’en fera pas un 7ème car ça sera avec la logique de la série. Après ça serait purement commercial et sans intérêt pour nous, donc on s’arrêtera avec notre fin. En sachant que les enfants aimeraient que la fin soit la leur. On nous dit souvent, il ne faudrait pas que celui-ci meure, un tel devrait sortir avec un tel…

Il y a de nombreux personnages, mais aussi de nombreuses créatures plus délirantes les unes que les autres. Le langage des foldingots est aussi très créatif.  D’où vous vient toute cette imagination ?

Alors là, ça vient tout seul (rires). On est un peu dingues toutes les 2, moi je suis souvent ailleurs et dans mon monde. Ca vient simplement de la vie, de la réalité, des gens qui passent, et ça me donne envie de créer un insuffisant ou un foldingot. On se sert de tout mais ça vient très simplement.

De nombreux critiques comparent déjà Oksa Pollock à Harry Potter, et vous comparent aussi à JK Rowling. Il s’agit là d’un compliment, en tout cas, pour le site, c’en est un. Mais est-ce que cela vous fait plaisir ou cela a tendance à vous énerver à la longue ? Est-ce que personnellement, vous trouvez cette comparaison justifiée, est-ce que vous la comprenez ?

Pour moi c’est un compliment, j’adore Harry Potter. J.K. Rowling est un génie, elle a trouvé le bon moment pour le faire, l’intrigue est énorme. Après quand on a commencé à écrire Oksa, elle devait être au 5ème tome d’Harry Potter et justement en écrivant, on a fait super attention à ne pas faire un copier-coller. Par exemple, on ne voulait pas de baguette magique, et on devait faire attention aux ingrédients, même s’ils sont assez récurrents, nous on a crée notre Crache-Granoks. On voulait aussi nos propres créatures. On ne voulait pas qu’Oksa soit orpheline mais que sa famille soit très présente. Nos lecteurs de 12/13 ans ne sont pas nés avec Harry Potter, ils étaient trop jeunes il y a 10 ans, ils ont vu les films après. Ceux de 20/25ans, ce sont eux les plus critiques car dans leurs têtes avant Harry il n’y avait rien, pourtant le fantastique existe depuis bien plus longtemps. Ceci dit moi, ça ne me gène pas du tout la comparaison au contraire. Après ça dépend, si on me dit que c’est du copier-coller, là je ne suis pas d’accord !

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Le tome 2 se termine par un nouveau déchirement pour Oksa et les Sauve-Qui-Peut et nous laisse en plein suspense. Cela crée un grand sentiment d’attente. Une date de sortie pour le tome 3 est déjà prévue ?

Non. Nous, on aimerait que ca sorte pour Noël mais XO n’est pas très chaud. Je pense que ça sortira en février 2011. Ca fera quand même 3 tomes en moins d’un an, je trouve ça bien. Nous on ne l’a pas fini, le 3, mais si on le donne trop vite aux jeunes, ils ne trouvent pas ça normal d’attendre un an. Ensuite le rythme sera d’un par an jusqu’au 6ème. Les 2 qui sont sortis sont les 3 qui existaient en autoédition. Maintenant ce n’est que du nouveau.

Les aventures d’Oksa vont être traduites en Allemagne, Italie, Corée, Japon, Brésil, Turquie et Pologne. Les négociations sont en cours avec l’Espagne et les Etats-Unis.  C’est une superbe consécration de voir son œuvre dépasser les frontières françaises, j’imagine ?

Ah oui, c’est un truc de dingue ! Il n’y a pas d’autre mot. Nous, on commence un peu à revenir sur terre car ça a été tellement vite qu’on n’arrive pas à saisir ce qui s’est passé. Le livre sort, déjà il y en avait 50 000, pour nous c’était anormal, et 2 semaines après il y a les Allemands qui achètent. Dans la foulée, ces 2 derniers mois, c’est 14 pays. Aujourd’hui j’arrive à saisir tout ça mais c’est affolant. On attend les Etats-Unis et là pour nous c’est le monde, ça fait un peu flippé car je sais d’où je viens et tout ça c’est incroyable.

Les droits cinématographiques d’Oksa ont été rachetés récemment par le groupe M6. Voir son récit porté à l’écran se doit être une très belle consécration également ?

Là, c’est encore un truc de dingue ! On s’est dit au départ c’est une option, ils font ça souvent donc on en a parlé avec Bernard Fixot (directeur de XO Editions, ndlr). Il y avait un autre éditeur qui en voulait, mais c’était une option de 18 mois, donc c’était inintéressant, alors qu’avec SND, ce n’était pas une option, ça allait se faire. C’était un choc en l’apprenant, on voit que dans certaines émissions pour jeunes, on commence à en parler, c’est que ça bouge aussi de ce côté-là.

Vous avez des informations concrètes sur cette adaptation cinématographique ou est-ce encore trop tôt pour en parler ?

En fait, on n’a pas plus d’informations que les gamins de notre côté. On sait qu’il y a eu un casting aux Etats-Unis, on ne sait rien de plus. Si, ce qu’on sait, c’est que pour les personnages adultes, les acteurs, ça va être du lourd, même si bien sûr je ne peux pas donner de noms. Ce sont des acteurs que j’aime et que je n’aurais vraiment jamais imaginés dans mon film. Il y a une Française, aussi, très très très connue et sinon ce sont des Américains. Pour le rôle des jeunes, pas d’infos. On avait parlé de Selena Gomez, mais je n’y crois pas trop et pour être sincère, je n’aimerais pas trop non plus.

Et le fait de garder un œil sur l’adaptation, c’est quelque chose qui a été évoquée ?

On aimerait bien. Là, a priori, le réalisateur serait connu. Nous, on ne sait pas encore de qui il s’agit. Nous, on aimerait bien pouvoir garder un œil pour les créatures et les personnages. On ne voudrait pas qu’il fasse d’Oksa une comédie humoristique, ça m’ennuierait vraiment. Mais on peut ne pas faire du tout partie de l’aventure.

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Le Mediateaseur remercie Cendrine Wolf pour sa sympathie et sa grande disponibilité. Nous ne pouvons que vous conseiller de vous plonger dans cette saga très intéressante qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

5 thoughts on “Interview : Cendrine Wolf

  1. merci, c’est vrai que se n’est pas du copier-coller,ils disent cela car c’est du genre fantastique et magique

  2. Moi j’ai commencé Oksa Pollock il ya pas mal de temps et je le dit tout de suite je le préfère à Harry Potter bien que la saga de J.K. Rowling mais beaucoup plu… Je voulait simplement vous dire que c’était dommage d’avoir beaucoup d’anglais dans le film ( s il y en a un ) car c’est quant meme francais ! Les anglais on fait des tonnes de films fantastique _; harry potter ; twilight; et encore pleins ! mettai des francais qui n on jammais fait carriere et qui son peutetre tres bon ! ;S …

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