Interview: Adb Al Malik

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C’est aujourd’hui que sort dans les bacs Château Rouge, le tout nouvel album d’Abd Al Malik.

Le Mediateaseur vous en avait déjà dit quelques mots ici avec la diffusion du clip de Ma Jolie, premier extrait de l’opus. L’artiste a pris le parti de diversifier son style en proposant du rock, de la rumba et bien entendu du rap et du slam.

Pour parler de Château Rouge, des invités présents pour les duos et de la scène, Abd Al Malik a accepté de répondre à mes questions il y a quelques jours.

Bonne lecture.

 

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Bonjour Abd Al Malik,

Votre nouvel album Château Rouge sort dans quelques jours, comment vous sentez-vous ?

Je me sens plutôt bien. La veille de la sortie d’un album c’est toujours assez marrant, il y a une sorte d’excitation. Moi je suis content car j’ai eu l’album en physique dans les mains, tout le travail passé prend corps. J’aime bien cette sensation.

Pouvez-vous nous parler un peu du style de cet album ?

Cet album, c’est un peu une bande originale de ma douleur. Il est né suite à un évènement tragique, la mort de mon grand-père, j’ai vraiment eu envie de lui rendre hommage et de rendre hommage à l’Afrique mais en transformant la douleur. J’ai voulu rendre hommage à la lumière et à la vie, c’est ce qui donne ce côté éclectisme à l’album. C’est une exploration de la musique Africaine et de la touche qu’un français d’origine africaine, qui a grandi dans le rap et le hip-hop et qui écoute aussi bien du rock que de l’électro, puisse apporter. C’est une envie de repousser les frontières pour continuer à questionner mon identité mais par le biais de mes racines.

Il y a un véritable changement dans votre style musical pour cet album.

Moi, je suis un rappeur et ce qui m’intéresse c’est de se faire mélanger les genres qui habituellement ne se rencontrent pas. Il y a toujours du Slam bien sûr, avec plus d’expérimentations, on a testé des choses et c’est dans ce sens-là qu’on a travaillé avec Gonzales (Réalisateur de l’album NDLR) et avec les invités. J’ai voulu mettre en avant la forme qui éclaire le fond alors que jusque-là j’avais mis en avant le fond pour éclairer la forme. Pour moi, un artiste doit faire preuve de courage artistique et tenter de surprendre le public, c’est une odyssée.

Vous n’avez pas « peur » de surprendre un peu trop votre public ?

Moi, en fait si je fais ça c’est parce que je respecte mon public. C’est-à-dire que j’ai envie de le challenger et que j’ai envie qu’il ne soit pas dans quelque chose d’attendu avec moi. Je veux qu’ils se disent  » où va-t-on aller ensuite ? « . Si je me disais  » le public ne comprend pas, je vais toujours faire la même chose pour qu’il comprenne  » c’est quand même dénigrer le public.

Il y a quelques featuring sur cet album, est-ce un exercice que vous appréciez ?

J’en ai faits beaucoup sur scène mais c’est tout à fait nouveau sur un disque. Là, j’avais cette envie, toujours dans cette continuité de courage artistique, de collaborer avec des artistes que j’apprécie. Avoir sur mon disque des gens comme Wallen ou la légende Papa Wemba, faire un hommage à l’Afrique et ne pas l’avoir, je ne pouvais pas.

Avez-vous déjà des retours sur le premier single Ma Jolie ?

Oui, on n’a que des retours positifs et le titre est rentré en radio et en télé très rapidement. Le public apprécie énormément. Mon idée quand j’écris, comme pour Ma jolie, c’est toujours d’amener celui qui écoute dans une espèce d’histoire et qu’il se rende compte à la fin qu’il a peut-être fait fausse route.

Le clip de ce single est très agréable, est-ce que vous vous impliquez dans le côté visuel ?

Oui, j’ai la chance de travailler avec un photographe et vidéaste qui fait tous mes visuels photos et qui maintenant fait aussi mes clips. Je m’implique beaucoup, il y a cette idée d’esthétisme mais de se dire qu’on reste dans le divertissement et la légèreté et avec une autre résonnance à la fin.

Vous nous parlez beaucoup de vos racines, avez-vous envie de pouvoir présenter cet album en Afrique ?

Oui, vous savez que pour moi la scène, c’est quelque chose de très important donc on va faire une grande tournée ici en France. Mais on a cette idée de faire une tournée spéciale en Afrique. Si on réfléchit, tous mes disques sont un questionnement sur l’identité. Jusqu’à aujourd’hui, je m’étais questionné au niveau des fruits, si on prend l’analogie de l’arbre, et là, avec ce qui s’est passé dans ma vie, j’ai eu envie d’explorer mes racines. Donc j’ai hâte de jouer là-bas.

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Le Mediateaseur remercie encore Abd Al Malik pour sa simplicité et son humilité. L’album Château rouge est disponible dès aujourd’hui dans les bacs et nous vous tiendrons informés des dates de la tournée.

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