Interview : Thomas Fersen

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Est-ce sa carrière ou son univers si marqué, en tout cas, j’étais un peu « stressé » de rencontrer Thomas Fersen en chair et en os pour discuter avec lui de son dernier album Je suis au paradis, que nous vous avions chroniqué assez longuement ici.

Et la bonne surprise fût de rencontrer un homme simple, souriant, voire presque un peu timide. Nous avons donc pu parler tranquillement de cet opus, de sa création, et de la scène. Un entretien à lire ci-dessous.

Bonne lecture.

 

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Bonjour Thomas,

On se voit aujourd’hui à propos de votre nouvel album Je suis au Paradis sorti il y a 2 mois maintenant. Etes-vous content de l’accueil que le public lui a réservé ?

Oui (rires), oui vraiment.

Je suis au Paradis, c’est votre état d’esprit actuel avec le bon accueil et la tournée ?

En ce moment, plusieurs fois, par jour oui. D’abord parce que j’aime rencontrer les gens et c’est une saison agréable pour faire ce que je suis en train de faire, des concerts et un peu de promo. Oui c’est une bonne période.

Sur ce nouvel opus de 12 titres, une grande partie des textes font référence à des mythes et légendes. C’est venu naturellement ou c’était l’idée de départ de la création ?

C’est venu en écrivant. Je n’ai pas d’idée préconçue ou de concept un peu supérieur, je fonctionne au contraire aux sentiments, à la sensibilité, à l’intuition au départ. C’est un désir qui m’emmène vers une idée de chanson et vers une esthétique.

Et quelle est la première chanson à avoir été créé pour donner cette impulsion ?

C’est Dracula. J’étais parti sur l’histoire du violon qui sortait la nuit comme le vampire, qui allait donner un peu de plaisir aux gens et qui rentrait dans sa boite avant les premières lueurs de l’aube. J’avais appelé ce violon Dracula, et c’est finalement devenu une histoire de violoniste qui range son violon dans sa boite, et qui se sent plus confortable en compagnie de Dracula que dans l’évocation de cette jeune femme dont la chevelure blonde lui fait mal aux yeux.

Les mythes, les monstres, les légendes, ce sont des choses qui font partie de votre univers depuis longtemps ?

C’est parce que j’aime les personnages un peu à l’écart. C’est un peu un appel à la curiosité car souvent on trouve son compte dans les choses qui sont un peu à côté, du moins on aime ce mystère, cette singularité. Quand je dis « on » c’est moi, et les gens qui m’accompagnent dans ce goût. Je parle du public qui apprécie ça.

Je ne sais pas si c’est le thème principal qui veut ça mais je l’ai trouvé un peu plus « sombre » que les précédents albums.

Oui c’est pour ça que je l’ai appelé Je suis au Paradis, pour la bonne raison que c’est mon Paradis à moi. C’est justement là que j’avais du désir et que je me sentais bien dans l’évocation de ces personnages et en leur compagnie. Et dans ce moment de création je suis au Paradis. Ce qui peut paraître paradoxale mais je pense que le Paradis n’est pas fait seulement d’angelots blondinets qui tirent à l’arc, sinon je pense que c’est un endroit qui m’ennuierait (rires).

Au milieu de tout ça on trouve la chanson Mathieu qui casse vraiment le rythme en étant totalement différente. C’était une cassure voulue ?

En fait c’est une chanson que j’ai composée à la guitare, Fred (Fortin NDLR) a fait les arrangements et elle est partie dans cette direction. C’était une façon de travailler qui était totalement différente du Balafré par exemple qui a été composée sur un piano. Mais en même temps, c’est quand même une histoire imaginée. J’étais à la fois à ce moment dans les histoires de cow-boy et dans les histoires plus romantiques. Mais c’est aussi une certaine forme de romantisme la chanson Mathieu. Le romantisme qui peut exister dans le western brutal.

Comment travaillez-vous justement vos titres en général ?

Toutes les chansons de ce disque là en dehors de Mathieu et de Dracula j’ai fait les textes d’abord.

Et encore une fois les textes ressemblent vraiment à des poèmes ou des petites histoires sympathiques.

J’essaye effectivement de raconter des histoires, d’avoir cette forme narrative avec la rime et de donner une ossature à mes histoires.

Cet album vous le présentez actuellement en tournée. Sur scène, c’est là où vous êtes le mieux ?

Oui. Ces chansons ont été écrites pour le spectacle, et pas pour faire un disque. Je suis sur scène 80% de ma vie d’artiste, le reste, le studio, c’est vraiment très court. Et mon véritable projet c’est faire des spectacles, c’est pour ça que ça ne me dérange pas qu’un titre comme Billy the kid ne soit pas sur le disque car il est sur scène.

Vous parlez de spectacle, ce n’est donc pas ce que l’on appellerait un concert classique ?

Non, ce n’est pas juste un tour de chant parce qu’il y a toutes les chansons du nouvel album et quelques anciennes chansons qui sont des cousinages des nouvelles. C’est un spectacle qui est construit, qui est censé amener les gens quelque part. Au départ, il est très esthétique avec une certaine distance et petit à petit, à l’image des relations humaines, se réchauffe et ça devient plus débridé.

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Le Mediateaseur remercie une fois de plus Thomas Fersen pour cette rencontre poétique et sympathique. L’album Je suis au Paradis est toujours disponible dans les bacs et vous pouvez retrouver toutes les dates de la tournée sur le label Tôt ou Tard en cliquant ici.

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