Interview : Valérie Mangin

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Aujourd’hui nous accueillons une invitée du monde de la bande dessiné et nous en sommes assez heureux car c’est encore rare sur le site.

Il s’agit de Valérie Mangin, la scénariste de la BD Du plomb pour les garces que nous avions beaucoup aimée et présentée ici il y a quelques jours. J’ai donc eu le plaisir de discuter avec elle de ce scénario, de l’idée de l’histoire et de sa manière de travailler avec Loïc Malnati le dessinateur.

Bonne lecture.

 

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Bonjour Valérie,

Nous nous parlons à propos du premier tome de la BD Du plomb pour les garces qui vient de sortir il y a quelques jours. Êtes-vous contente de l’accueil du public pour le moment ?

Oui je suis très contente vu que la plupart des avis sont très favorables. Je suis un peu surprise aussi car je ne pensais pas que ce tome générerait autant de commentaires et qu’on le trouverait aussi original dans le ton.

Cette BD a pour toile de fond les stars américaines, comment vous est venue cette idée de départ ?

Assez naturellement. Je crois qu’on baigne là-dedans, dès qu’on est sur Internet ou chez un marchand de journaux, on ne peut pas y échapper, donc je pense que c’est assez naturel qu’au bout d’un moment on s’y intéresse. C’est un sujet un peu excitant dans le sens où c’est un sujet assez interdit, on dit que c’est populaire quand on veut être gentil et que c’est bas de gamme quand on veut être méchant, mais c’est un sujet qui intéresse tout le monde.

Il y a de nombreuses références à la vie de 2 grandes chanteuses connues (Madonna et Britney Spears pour ne pas les nommer NDLR) qui ont servi de modèles pour Virginia et Britanny. Ce sont des choses que vous connaissiez ou vous avez fait des recherches ?

J’en connaissais une partie et après je me suis documentée très sérieusement à base de magazines qui l’étaient beaucoup moins (rires). Je n’étais pas au courant de tout mais je me suis vraiment documentée de la même manière que pour un autre album. Surtout avec Internet, on trouve assez vite de la matière. J’avoue que lorsque j’avais travaillé sur KGB, sur la conquête spatiale de l’URSS dans les années 60, ça a été beaucoup plus compliqué à trouver.

Entre la recherche et l’écriture du scénario, combien de temps cela vous a pris ?

(Regardant sur son ordinateur) Apparemment du 1er juin 2010 au 7 janvier 2011. Je n’ai pas fait que ça car j’aime bien prendre mon temps pour écrire mes scénarios et y réfléchir avec un peu de recul.

Le casting de cette BD n’est quasiment que féminin. C’était un choix délibéré de votre part ?

Oui. C’était un choix dès le départ car ce genre d’histoires sont en général des histoires d’hommes, et je ne voyais pas très bien pourquoi les femmes en étaient exclues à notre époque où les femmes font tous les métiers. C’est donc normal pour moi qu’il y ait des bonnes, des flics, des tueuses, des chanteuses, des salopes, des gentilles … vraiment tous les rôles.

C’est votre première collaboration avec Loïc Malnati. Comment en êtes-vous arrivée à travailler ensemble ?

En fait, on s’était rencontrés il y a très longtemps vers 1998/99 aux Humanoïdes Associés. Moi, je travaillais sur Mémoires mortes et lui sur L’ancêtre programmé. Et on s’est retrouvés lors des réunions Destin, le projet concept de Franck Giroud, Loïc a dessiné un tome et moi j’ai fait le scénario pour un autre tome. On a re-sympathisé lors des réunions de manière beaucoup plus franche et on s’est dit qu’on travaillerait bien ensemble sur quelque chose. Moi j’avais ce scénario-là en tête depuis un moment, je lui ai proposé et ça lui a tout de suite plu.

De quelle manière travaillez-vous tous les 2 ?

On travaille chacun de notre côté car Loïc habite à Nice et moi à Bayeux, donc on se voit quelque chose comme une fois par an. Par contre on communique beaucoup par Internet avec plusieurs messages par jour et on discute vraiment beaucoup de chaque étape de l’avancée du boulot. C’est une méthode très moderne et loin du travail classique en atelier où chacun travaille l’un à côté de l’autre, ce sont vraiment des albums qui n’auraient pas pu voir le jour avant Internet.

Les personnages sont assez sexys dans l’ensemble, c’était une idée de vous ou ce sont des propositions de Loïc ?

Je voulais des personnages sexys oui. Après leurs apparences précises tiennent beaucoup à Loïc. Moi, ça m’intéressait d’avoir des femmes sexys car déjà c’est la réalité, Britney Spears et Madonna, les modèles des 2 chanteuse,s le sont et je ne voulais pas m’en éloigner. Et ensuite pour Angela, la femme-flic, je trouvais intéressant qu’elle soit sexy car Los Angeles et Hollywood sont des sociétés où l’apparence est capitale. C’est vraiment ce qui retient le plus les gens et elle, elle est un peu victime de ça. Je trouvais bien de montrer une femme qui voudrait qu’on la prenne au sérieux, qu’on apprécie son boulot et ce qu’elle fait et pas seulement sa plastique. Evidemment en exagérant son côté pulpeux et bimbo, ça permettait de rendre plus visible ce côté « je ne suis pas qu’une paire de seins ».

Il y a quelques scènes et quelques gros mots dans cette BD, même si ce n’est rien d’extraordinaire, mais avez-vous fait attention à ne pas aller trop loin ?

C’est pour ça que l’accueil de la BD m’a vraiment surprise, je crois que ce sont des choses que l’on voit très souvent au cinéma et encore une fois sur Internet. Donc pour moi c’était encore quelque chose de très naturel et ces gros mots-là dans ce genre de contexte policier, c’est le langage qui vient naturellement. En plus j’adore les films de Tarantino et pour moi c’est vraiment dans le même esprit, et sans oublier tout le second degré que l’on trouve dans l’album.

La fin de l’histoire se trouvera dans le second tome, où en êtes-vous de ce volume ?

Je suis sur le scénario et Loïc sur le dessin et on a déjà commencé et ça devrait sortir au mois de septembre. On a bien avancé, on a déjà la couverture et une quinzaine de pages entièrement finies.

Et avant de vous laisser, pouvez-vous nous donner une toute petite informations sur la suite ?

Dans la deuxième partie, elles vont toutes avoir ce qu’elles veulent (rires).

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Le Mediateaseur remercie une fois de plus Valérie Mangin pour sa longue disponibilité et sa simplicité. Nous espérons vous avoir une fois de plus donné envie de vous plonger dans le premier tome de Du plomb pour les garces, toujours disponible en librairie aux éditions Quadrants.

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