Interview : Vanessa Diffenbaugh

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Souvenez-vous, il y a quelques temps je vous proposais ici une chronique très enthousiaste sur le premier roman de Vanessa Diffenbaugh, Le langage secret des fleurs.

L’auteure américaine avait profité d’une promotion en Europe pour faire une halte en France, c’est donc de cette manière que j’ai eu le grand plaisir de la rencontrer dans le salon d’un hôtel parisien. En plus de m’avoir fait passer un agréable moment à la lecture de son livre, la romancière m’a aussi fait passer un moment très sympathique en sa compagnie.

Disponible, sympathique, très souriante, c’était un plaisir de pouvoir discuter de son livre avec Vanessa Diffenbaugh, et j’espère que vous prendrez autant de plaisir à découvrir cet entretien ci-dessous.

Bonne lecture.

 

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Bonjour Vanessa,

Vous venez de publier votre tout premier roman intitulé Le langage secret des fleurs. Que signifie cette publication pour vous ?

C’est extraordinaire et c’est une expérience magnifique et en même temps étrange car mon livre n’est pas encore sorti aux Etats-Unis et je viens de voyager à Amsterdam, à Milan et à Paris pour faire la promotion de ce livre dans 3 langues que je ne connais pas. Donc c’est une expérience assez inédite pour moi.

Nous nous rencontrons à Paris, quel lien avez-vous avec la France ?

Mon lien le plus profond avec la France c’est probablement ce fameux langage des fleurs puisqu’il est né en France au 18ème siècle. A l’époque Lady Mary Montagu avait fait un voyage en Turquie et avait appris la méthode du SILAM dont elle avait parlé dans des lettres. Le SILAM est une méthode de communication que les femmes des harems utilisaient, elles cachaient des objets dans des mouchoirs, ça pouvait être des fleurs ou des bijoux et elles s’en servaient pour envoyer des messages codés. C’est de là qu’est venue dans l’Angleterre victorienne cette idée du langage des fleurs puis en France.

On peut vous qualifier de toute jeune auteure, comment vous est venue l’idée d’écrire ce roman ?

Je voulais à l’origine écrire un livre sur le système des familles d’accueil aux Etats-Unis, étant moi-même famille d’accueil avec mon mari, car on voulait offrir aux enfants une image un peu plus positive de la vie. Et j’en ai retiré de cette expérience l’envie d’écrire sur le système et sur cet enfant Victoria qui est en marge de la société et qui n’a que pour seule communication le langage des fleurs.

Evidemment, comme le titre l’indique, les fleurs et leurs langages sont très présents dans le livre. C’est une passion pour vous, ou vous vous y êtes intéressée pour le roman ?

J’ai toujours aimé les fleurs et le langage des fleurs que j’ai découvert à l’âge de 6 ans. J’ai découvert un dictionnaire illustré du 18ème siècle et c’est là que j’ai appris ces messages secrets et les multiples définitions que pouvaient avoir les fleurs. Ce n’est pas quelque chose de simple ou simplement romantique, ce sont souvent des définitions d’émotions très diverses comme le courage, la force, ou encore la colère.

Entre le rassemblement de votre expérience et de l’amour des fleurs plus l’écriture à proprement parlé, combien de temps avez-vous mis à écrire ce livre ?

J’ai écrit la première mouture en 6 mois donc ça a été très très rapide et par la suite il m’a fallu 1 an entier pour corriger et réécrire et arriver à un résultat qui soit lisible.

Le sujet du livre est assez spécifique et précis, avez-vous réussi facilement à le faire publier ?

On entend toujours des histoires sur des romanciers qui ont subi des refus, moi j’ai été refusée par le premier agent, et accepté dès le deuxième. Et 24 heures plus tard j’avais déjà beaucoup d’offres de publication. Effectivement c’est un roman au sujet très spécifique et cela m’a surpris qu’à la fois le thème de la famille d’accueil et du langage des fleurs génèrent un tel engouement. Mais c’est aussi un livre qui parle du combat pour aimer et être aimé et je pense que c’est ça aussi qui a plu.

Avez-vous pensé à un public particulier en écrivant ce livre ? Car je ne pense pas être le cœur de cible et pourtant j’ai vraiment apprécié la lecture de bout en bout.

Pas du tout. Je n’avais pas du tout cela à l’esprit, moi je voulais juste raconter une histoire et c’est vrai qu’elle parle beaucoup de mères, de filles, d’amour etc, c’est un sujet très féminin mais il s’avère que beaucoup d’hommes l’ont aimé et à chaque fois ça me rend très heureuse.

Victoria, le personnage central, est assez « peste » dirons-nous, même si l’on peut comprendre certaines de ses réactions. Est-ce plaisant de donner vie à un personnage aussi fort et un peu déplaisant ?

C’est marrant comme question car moi j’ai toujours adoré Victoria mais c’est vrai que mes premiers lecteurs la trouvaient trop dure et après plusieurs moutures du livre j’ai réussi à trouver un équilibre entre la dureté et le traumatisme qu’elle a traversé pour qu’on ait envie d’être à ses côtés et que l’on ait envie qu’elle s’en sorte.

Sans dévoiler la fin de l’histoire, on peut tout de même dire que la fin est plus heureuse que le début pour cette jeune fille. Vous aviez dès le début l’envie d’un happy end ?

Certaines personnes trouvent que c’est vraiment un happy ending, d’autres pas. Dans la mouture originale, la fin était beaucoup moins heureuse que ça et j’ai rééquilibré les choses. J’ai eu du mal à trouver le ton juste car pour un personnage comme Victoria, si l’on veut être honnête on ne peut pas avoir une fin parfaite et heureuse. C’est un différend que j’ai eu avec la maison d’éditions qui voulait quelque chose de plus joyeux à la fin mais moi si je voulais rester honnête envers mon personnage je ne pouvais pas présenter une fin parfaite, mais je pouvais donner de l’espoir et de l’espérance car on a tous la capacité de changer les choses.

A côté de cela les autres personnages sont vraiment attachants et aimants. Avez-vous mis un peu de vous-même dans l’un des personnages ou s’agit-il surtout d’observations ?

Tous les personnages sont des personnages de fiction mais oui j’ai pris çà et là des morceaux de personnes que je peux connaître. Par exemple la mère de mon petit ami de lycée était une femme qui avait un grand sens de la discipline avec un caractère de femme italienne. Et lorsque j’ai écrit le personnage d’Elisabeth, qui est une femme forte, aimante, mais aussi imparfaite, je me suis rendu compte que c’est ainsi que j’aurais aimé me créer moi-même si j’avais dû me faire en personnage. A l’issu de la première mouture, je me suis aperçue qu’Elisabeth était la perfection faite femme et que ce n’était pas possible donc je l’ai retravaillée en la rendant plus humaine.

On le voit, vous travaillez beaucoup pour que tout soit parfait au final. Avez-vous déjà en projet d’écrire un autre livre ?

J’ai écrit 80 pages de mon second roman mais c’est un secret (rires).

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Le Mediateaseur remercie une fois de plus Vanessa Diffenbaugh de s’être prêtée avec autant de gentillesse au jeu des questions/réponses pour notre site. Son livre Le langage secret des fleurs est toujours disponible en librairie aux éditions Presse de la Cité. Nous en profitons également pour remercier Fabienne Gondrand, notre interprète, sans qui cet entretien n’aurait pas été possible (son site pro en cliquant ici).

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