Interview : Sam Christer

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Il y a quelques temps, dans une chronique à lire ou relire ici, je vous avais parlé en de très bons termes du roman Les Héritiers de Stonehenge de Sam Christer.

Et aujourd’hui, je suis vraiment ravi de vous proposer une interview de l’auteur britannique que j’ai eu l’occasion de rencontrer pour vous autour d’un bon repas. Dans cet entretien, nous évoquons l’inspiration du livre, son écriture et les projets du romancier, j’espère que cela vous donnera envie d’en découvrir plus sur l’homme ou de lire le livre si ce n’est pas déjà fait suite à notre critique.

Bonne lecture.

 

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Bonjour Sam,

J’ai le plaisir de vous avoir en interview pour votre dernier roman Les Héritiers de Stonehenge. Pour commencer, pouvez-vous nous dire comment vous est venue l’idée d’écrire un livre sur ce lieu mythique ?

C’était dans un recoin de mon esprit depuis de nombreuses années, puis mon éditeur chez Hachette UK m’a mentionné qu’il n’avait jamais vu un thriller avec Stonehenge pour sujet. Plus j’y pensais, plus je réalisais qu’il y avait tant de mystère et de dramatique autour de ce lieu, c’était juste comme un cadeau qui attendait d’être ouvert.

Connaissiez-vous le lieu avant d’écrire le livre ou vous y êtes-vous rendu pour faire des recherches et vous imprégner de l’atmosphère ?

Oui. C’est très connu au Royaume-Uni et la plupart des enfants finissent d’apprendre à ce sujet soit en y passant durant leur enfance soit même en y allant en visites scolaires. C’est emblématique, comme Carnac, et imprégné d’une légende et d’un folklore extraordinairement riches. J’y suis retourné l’an dernier pour me rafraichir la mémoire et ça s’est transformé en une visite étrangement fascinante. J’ai réservé une visite privée à 5h du matin et j’ai roulé des heures pour y être. La matinée était tellement brumeuse qu’on ne pouvait même pas voir l’extrémité du parking, ce qui me laissait seul avec ces pierres sacrées. A l’aube, la brume commençait à se dissiper et subitement un car rempli de gens s’arrêta. C’étaient des druides, venant de Scandinavie. Le site avait été réservé deux fois. Ils me dirent qu’ils étaient venus pour célébrer une cérémonie rituelle, donc je leur ai évidemment permis de continuer. En contrepartie, j’ai été autorisé à y assister. C’était fascinant. Ils ressentaient clairement que les pierres les remplissaient d’énergies, chargeaient leur corps avec un éclat et une verve qui les illuminaient. Au moment où ils quittèrent le site, ils semblaient complétement différents. Cette expérience m’a inspiré pour un passage critique du livre.

Dans ce roman, il y a de très nombreuses références astrologiques, historiques, les lieux souterrains regorgent de détails. Quel est la part de réalité et votre part de fiction ?

L’alignement des pierres avec certaines étoiles et les phases de la Lune et du Soleil sont exactes dans les faits. Ou du moins l’était. Je dis était car à travers les siècles il y a eu des mouvements dans l’espace et ça a modifié l’alignement. La vérité est qu’aucune des recherches que j’ai parcourues – provenant toutes d’universitaires immensément respectés en Grande-Bretagne comme à l’étranger –, ne donne une vraie bonne raison de la construction de Stonehenge. Certains affirment qu’il s’agissait d’un temple, d’autres d’un cimetière, d’un ancien crématorium, d’un portail vers l’au-delà, d’un parlement mégalithique – il n’y a pas une théorie qui n’a pas été faite. Le seul point sur lequel tous s’accordent est qu’aux temps préhistoriques quelques puissants guides spirituels – prêtres, haruspices, augures – découvrirent que cette exacte localisation était d’une telle importance céleste qu’il devait y construire le plus imposant des monuments – même si cela devait leur prendre des siècles pour l’accomplir. De façon fascinante, ce type de connaissances astrologiques et astronomiques s’est manifesté aussi en France, en Allemagne et ailleurs dans le monde – même en Egypte – exactement au même moment, donc c’est juste d’affirmer que cette construction était connectée avec une foi, une croyance et un culte attribués le plus puissamment au Soleil et à la Lune.

Entre le temps des recherches et l’écriture à proprement parlé, combien de temps de travail vous a pris ce livre ?

Ca a pris environ un an. Bien que mon éditeur souligne que ça a été un thriller qui a pris 5000 ans à faire.

Ce roman est votre premier livre qui est traduit en français et pour lequel il y a une vraie promotion. Quel rapport entretenez-vous avec notre pays ?

Nous possédons deux compagnies dans le centre de Paris et je fais si souvent des allers retours (aussi pour les correspondances internationales) que j’ai une carte Gold Air France. Je suis un de ces stupides anglais qui n’ont pas appris une seconde langue à l’école de ce fait je me sens toujours embarrassé et intimidé de voir que tous mes collègues français parlent merveilleusement anglais et moi, je ne peux à peine faire mieux que demander les toilettes ou choisir un bon vin. Ma femme a vécu longtemps en France durant son enfance et elle parle couramment le français ce qui m’a rendu aussi fainéant sur l’apprentissage de la langue. Nous sommes récemment partis en vacances le long de la Loire et malgré les 30 à 50 km par jour, nous avons si bien mangé et bu que nous avons pris du poids. Quand j’étais adolescent, j’étais venu voir un ami étudiant le français à l’Université de Nice (il y était en stage pour son cursus à Londres) et il avait oublié que je venais et est parti à Genève avec une fille dont il était amoureux. Je suis resté bloqué à Nice avec à peine quelques Francs, un sac à dos et nulle part où aller. J’ai passé trois semaines d’été à dormir sur des plages de la Côte d’Azur, me débrouillant entre Cannes, Antibes et St Tropez. J’ai vécu une fantastique expérience, mais bien sûr j’ai fini épais comme un coup de trique et grillé comme une chips. Aujourd’hui je vais deux fois par an au Majestic à Cannes et je fais une promenade matinale sur la plage où j’avais eu l’occasion de dormir. La vie réserve parfois d’extraordinaires surprises.

Si vous avez déjà eu l’occasion d’avoir des retours du public français, êtes-vous content de l’accueil jusqu’à présent ?

C’est vraiment tout frais mais je crois que l’éditeur est très content. C’est leur premier thriller, donc je me sens extrêmement honoré et flatté qu’ils m’aient fait confiance et utilisé leur réputation pour moi.

Avant de vous laisser, avez-vous déjà des projets d’écriture pour la suite ou en cours ? Et si oui, pouvez-vous nous en dire 2 mots ?

Le successeur des Héritiers de Stonehenge est un thriller terrifiant qui implique le Suaire de Turin.  L’un des personnages centraux est un scientifique français controversé dont la mère est Italienne et dont le père est un chirurgien esthétique très en vogue auprès des plus célèbres stars de la planète. C’est un thriller qui démarrera sur une plage maculée de sang en Californie, passera par la dynastie des Savoie en Europe (et en particulier à Turin), puis durant les Guerres Saintes au Moyen-Orient et reviendra enfin de nos jours en France et en Italie.

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Le Mediateaseur remercie une fois de plus Sam Christer pour sa gentillesse, sa disponibilité et sa très grande simplicité. Le roman Les Héritiers de Stonehenge, paru chez Ma Editions, est toujours disponible en librairie. N’hésitez pas à vous le procurer pour passer un moment haletant au fil des pages.

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