Interview : David Macquart

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Il y a quelques jours nous vous proposions ici notre chronique de la pièce Ma première fois qui se joue actuellement au Théâtre Michel.

Le casting est composé d’Astrid Veillon, Belen Lorenzo, David Tournay et David Macquart. Ce dernier a bien volontiers accepté de répondre à nos questions à peine une heure avant de monter sur scène avec ses camarades. L’occasion de discuter avec lui de la pièce et de sa performance.

Bonne lecture.

 

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Bonjour David,

Tu fais partie du casting de la pièce Ma première fois, comment tu es arrivé sur ce projet ?

Alors c’est une bonne question, car moi c’est un peu « particulier ». Je sais que la pièce était déjà en travail depuis un bon moment, et quand je suis rentré en septembre du Festival d’Avignon, je cherchais du travail, à faire des castings etc. Les projets se font un peu en famille au théâtre et je suis tombé, en allant faire du sport, sur un garçon qui s’appelle Clément Michel et qui est l’adaptateur du spectacle. J’avais déjà travaillé avec lui en jouant il y a quelques années dans la pièce Le carton qu’il a écrite, et donc Clément me dit « c’est drôle de te voir car il y a des auditions aujourd’hui sur Paris, j’ai vu la version espagnole, tu serais génial là-dedans, j’appelle la productrice et j’espère qu’ils vont t’auditionner ». J’ai passé l’audition le lendemain et il se trouve que c’est moi qu’ils ont pris donc c’est un vrai coup de bol, j’étais très heureux.

Le thème de la pièce est très particulier et spécifique, les premières fois, lorsque tu as su de quoi cela parlait, as-tu accepté facilement d’y jouer ?

Si on parle que du sujet, ça ne me posait aucun problème. Je n’ai pas su tout de suite la proposition de mise en scène et c’est vrai que quand tu te contentes de lire le texte, tu sais que ça parle de sexe évidemment, mais je trouve que c’est une très bonne idée de traiter de la première fois et après tout était dans la représentation, et j’ai été très vite convaincu par mes camarades qui m’ont beaucoup parlé de la mise en scène de Gabriel Olivares, le metteur en scène espagnole qui signe aussi ici la version française. Les producteurs ont eu un coup de cœur pour sa mise en scène et lui ont demandé de la reproduire ici, avec quelques petits changements car il s’est aussi servi de nous.

Vous avez donc pu donner un peu vos avis ou exprimer des idées ?

Complètement oui, c’est très ouvert. D’ailleurs nous n’avons pas eu le droit de voir la version espagnole en vidéo ou autre. Il nous a montré quelques passages parfois après pour nous aider à gagner du temps sur un détail technique. Mais il est très à l’écoute et il attendait de nous énormément car le spectacle ne marche que sur la cohésion du groupe. Nous sommes 4 et pas 3 et 1 à côté, nous sommes même 5 avec le spectateur j’ai envie de dire, et il a tenu d’abord à ce que nous fassions connaissance entre nous pour tisser des liens importants.

On peut dire que vous êtes tous très proches, est-ce que vous vous connaissiez un peu avant les uns et les autres ?

Pas du tout. C’est vrai qu’il y a de la proximité, en même temps c’est un métier, à travers le prisme du théâtre on fait parfois des choses que l’on ne ferait peut-être pas dans la vraie vie. Et puis on s’était vus pour une séance photo pour l’affiche bien avant les répétitions et ça a tout de suite collé, je me souviens c’était une journée magique.

Il y a une très bonne ambiance entre vous, on a même l’impression qu’il y a des fous rires ou de l’improvisation, est-ce que c’est le cas, ou tout est écrit ?

Alors tout est écrit et il n’y a pas d’impro à part la scène où je m’adresse aux spectateurs de près en parlant des statistiques où il peut m’arriver de dire des choses « soufflées » par les réactions du public mais sinon je ne suis pas du tout un comédien d’improvisation et c’est un vrai exercice pour moi qui me terrorise tous les soirs. Mais dans le reste du texte, il n’y a aucune part d’impro, et pour les fous rires, ça peut nous arriver car tous les soirs on propose des nouvelles choses, on tente, même si parfois il ne faut pas, et du coup on surprend notre partenaire donc ça fait rire.

Le thème ne te gênait pas mais est-ce que tu as eu du mal à dire certains mots ou expressions ?

Au théâtre, c’est la représentation de la chose qui peut être délicate. Je pense qu’on peut dire des mots grossiers de manière extrêmement vulgaire et on peut dire aussi des mots crus de manière pas vulgaire du tout comme dans la vie. Ca ne me dérange pas, encore une fois on parle de sexe, ce n’est pas un tabou, ça l’est déjà tellement dans la société que je trouve formidable qu’on puisse en parler au théâtre.

Il y aussi quelques scènes de nudité, même si tu ne te ballades pas nu sur scène et que tu vas me dire que c’est un métier, est-ce que c’est facile à faire tous les soirs ?

Justement comme tu le dis, je ne me ballade pas nu. S’il avait fallu que je me balade nu sur scène avec une totale décontraction, ça aurait été un autre travail. Je l’aurais probablement fait, même si encore une fois c’est la manière dont c’est traité qui fait que j’accepte de le faire ou non. Là ça ne me pose aucun problème car il y a 2 scènes de nudité, une qui est très drôle et l’autre qui est très sensuelle et très belle et c’est même plutôt flatteur pour moi en tant qu’acteur et pour mon outil de travail qui est mon corps donc ça ne me pose aucun problème.

La représentation a lieu dans moins d’une heure, comment te sens-tu là ?

C’est un spectacle qui fonctionne énormément sur l’énergie et la bonne humeur donc, comme pour tous les métiers, on laisse un peu la vie extérieure au placard, c’est la magie du théâtre. Là je me dis juste que je vais aller jouer la comédie, m’amuser avec mes camarades et essayer de donner du bonheur aux gens. Les gens ont la gentillesse de venir écouter nos histoires, de payer parfois cher leurs places donc la moindre des choses c’est que j’ai envie d’y aller. J’ai la chance de faire un métier qui est une passion donc ce n’est que du bonheur. Moi ma journée de travail commence là (rires).

Et pour terminer, sans entrer dans les détails, mais parce que beaucoup de spectateurs doivent vouloir vous le demander à leur tour, est-ce que tu te souviens, toi, de ta première fois ?

(rires) Ma première fois reste un bon souvenir. C’était « classique » donc je n’ai pas de détails à donner mais c’était choisi, avec quelqu’un que j’aimais et ça reste un très bon souvenir.

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Le Mediateaseur remercie une fois de plus David Macquart pour sa grande simplicité et sa disponibilité avant de monter sur scène. La pièce Ma première fois se joue au Théâtre Michel jusqu’au 1er avril inclus. Pour voir une pièce rythmée, drôle et qui sort de l’ordinaire, n’hésitez pas à prendre vite vos places.

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