Interview : Jean-Paul Krassinsky

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Il y a quelques jours nous vous présentions ici le tome 1 de la BD Sale Bête à travers notre chronique.

Nous avions beaucoup aimé cette histoire avec une bestiole irrévérencieuse et nous avons eu envie d’en discuter un peu avec son dessinateur Jean-Paul Krassinsky. Celui-ci a accepté très gentiment de répondre à nos questions et vous pouvez retrouver l’intégralité de cet entretien ci-dessous.

Bonne lecture.

 

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Bonjour Jean-Paul,

Vous êtes le dessinateur du tome 1 de Sale bête, il s’agit de votre première collaboration avec Maïa Mazaurette, pouvez-vous nous dire qui a eu l’idée de travailler avec l’autre ?

C’est moi qui ai proposé à Maïa de m’écrire une histoire longue. En réalité, il s’agit de notre deuxième collaboration, puisqu’elle faisait partie des scénaristes invités au sommaire du tome deux des Fables de la Poubelle, ma mini série d’humour noir chez Poisson-Pilote. Elle y avait fait une petite histoire en 5 pages, et j’appréciais vraiment sa manière de raconter des choses méchantes avec gentillesse, et vice-versa.

Il se trouve que j’avais dans mes cartons des dizaines de croquis de monstres crétinoïdes dont je ne savais que faire, mais que j’avais bien envie d’animer dans le cadre d’une bande dessinée. Je lui ai montré tout ça en lui demandant si ça l’inspirait. Elle m’a répondu « Non, jamais de la vie ». Une semaine plus tard, elle m’envoyait le scénario complet du tome 1.

Qu’est-ce qui vous a plu véritablement dans le scénario ?

Le mélange entre loufoquerie pure et humour très sociologique. Et les dialogues ultra efficaces, à la sauce Mazaurette.

Quelle était votre méthode de travail à tous les 2 ?

C’est tout simple : elle m’envoie son scénario, je lui propose un découpage, et dès qu’on est d’accord dessus, je dessine les pages. Ensuite notre éditeur, Louis-Antoine Dujardin, suggère des modifications qu’on refuse catégoriquement de faire, jusqu’à ce qu’il nous invite à la brasserie du coin. Après un cheese burger et un tiramisu, en général, on obtempère plus facilement.

Combien de temps environ avez-vous mis pour trouver les dessins notamment pour Bestiole ou encore Clarky ?

Difficile de quantifier. Clarky est venu assez vite. Bestiole aussi, sauf pour la queue, qui a occasionné d’âpres discussions avec l’éditeur. Dans sa version de départ, il avait une simple queue de souris. Louis-Antoine trouvait que ça manquait de panache, que c’était indigne de l’ambition dévorante du personnage. Nous, on pensait qu’il était inutile de compliquer la silhouette de Bestiole. Au final, on a opté pour un toupet de poils au bout de sa queue, qui le caractérise tout à fait en tant qu’apprenti génie du mal. Maintenant, j’aurais du mal à voir Bestiole autrement. Ca lui a coûté cher en cheese burgers, mais force est d’avouer que notre éditeur avait raison.

Pouvoir créer des « personnages » moches et méchants, c’est un bon terrain de jeu pour un dessinateur, je présume ?

Ho oui ! C’est un défoulement hautement jubilatoire. Le genre de joie primaire que peut ressentir un Labrador qu’on laisse courir en forêt, si vous voyez ce que je veux dire.

Nous sommes déjà fan du tome 1, avez-vous commencé à travailler sur la suite ?

Oui. Rendez-vous à Noël dans Spirou !

Pouvez-vous nous dire si Bestiole va voir de nouveaux amis arriver dans son entourage ?

Sans trop dévoiler ce qui va se passer, je peux tout de même vous dire que Bestiole fera une belle rencontre…

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Le Mediateaseur remercie une fois de plus Jean-Paul Krassinsky pour le temps qu’il nous a accordé. Le tome 1 de Sale Bête, paru chez Dupuis, est toujours disponible, n’hésitez pas à y jeter un oeil. Et nous ne manquerons pas évidemment de vous prévenir de la sortie du tome 2.

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