Interview : Nadine Monfils

nadine-monfils-interview-mediateaseur-home

Nadine Monfils, je vous en ai parlé il n’y a pas longtemps ici en chroniquant son dernier roman La Petite Fêlée aux allumettes.

Appréciant beaucoup son style d’écriture et son univers, j’ai fait une demande d’interview à l’auteure qui a accepté très facilement de me rencontrer. C’est autour d’une table au bar-restaurant La Midinette dans le 18ème que l’entretien s’est déroulé. Je vous propose de le découvrir dans son intégralité ci-dessous.

Bonne lecture,

 

*****

 

Bonjour Nadine,

Vous venez de publier votre nouveau roman La Petite Fêlée aux allumettes, comment avez-vous eu l’idée de ce livre ?

C’est parti de l’histoire de La petite fille aux allumettes d’Andersen qui a accompagné mon enfance et j’ai eu envie de la transformer à ma sauce et c’est aussi parce que j’ai deux fils, dont un a aussi ce qu’on appelle des flashs, et ça m’a beaucoup intrigué. A chaque fois qu’il a une vision, elle se réalise et c’est interpellant, donc c’est le mélange des 2 qui m’a donné le déclic pour cette histoire. Et j’ai donc imaginé que la petite Fêlée trouve une boite d’allumettes dans la main de sa grand-mère morte et elle garde cette boite comme un talisman. Et la première fois qu’elle va craquer une allumette, elle aura le flash d’un meurtre d’une petite fille déguisée en chaperon rouge et le lendemain elle le voit dans les journaux.

Les meurtres ont tous un rapport avec les contes de fées, et vous, quel est votre « relation » avec ces histoires ?

Je suis toujours dans les contes de fées, je gambade dedans, mais mes contes de fées à moi. Par exemple je suis vraiment fan de Barbe Bleue, du Petit Chaperon Rouge mais la version où le loup la mange. Le côté trash des contes de fées me plaît et j’ai toujours préféré Barbe Bleue aux princes charmants.

Vos personnages sont une fois de plus bien particuliers, comment les créez-vous ? Ils viennent comme ça ou vous faites par exemple des fiches ?

Je suis quelqu’un qui capte très vite et je suis un radar à personnage particulier car ils sentent que je les aimes bien. Je suis un peu comme eux (rires). Mes personnages sont une nourriture de plein de choses, l’imaginaire, des gens que je croise, ils viennent toujours au fur et à mesure. J’ai toujours un squelette dans ma tête, ça commence comme une étincelle comme quand on craque une allumette justement, ça peut être une image, une phrase, et à partir de là le reste prend chair petit à petit. Par exemple, pour ce livre-là, je ne savais pas qui allait être l’assassin. C’est venu en cours de route, comme disait Stephen King : « Si l’auteur connaît déjà l’assassin à l’avance le lecteur risque de le connaître aussi ».

Parmi eux il y a la fameuse Mémé Cornemuse qui a un vocabulaire très fleuri, j’imagine que faire dire autant de gros mots à une vieille dame, c’est plaisant ?

Ah oui j’adore ! Plus c’est crapule, plus je prends mon pied. J’aime beaucoup car les vieilles personnes comme les enfants sont des personnes qui ont dépassé quelque chose ou n’ont pas encore passé quand on est petit. Petit on a une vision du monde assez grande, on se sent protégé de tout et les vieilles personnes n’en ont plus rien à foutre du quand dira-t-on, surtout la mienne, elle y va (rires).

Il y a 2 autres invités que l’on évoque beaucoup dans ce roman qui sont Annie Cordy et Jean-Claude Van Damme, ce sont des gens que vous appréciez dans la vie ?

Oui j’aime beaucoup Annie, c’est une amie, elle est extraordinaire,  elle a une pêche d’enfer. Elle dit que je suis fêlée mais je pense qu’elle l’est autant que moi, c’est pour ça qu’on s’adore. Et Jean-Claude Van Damme, c’est un sacré personnage, j’ai beaucoup de tendresse pour lui car d’un côté il a un langage surréaliste bien à lui mais j’ai aussi découvert dans JCVD qu’il avait une vraie tendresse et dérision par rapport à lui-même.

Le livre se termine sur ce qu’on peut appeler un « happy end », c’est quelque chose que vous aimez ?

Il faut dire qu’il y a quand même une pelleté de morts dans toute l’histoire, mais est-ce que l’on peut dire qu’un mariage c’est une chose joyeuse qui se termine toujours bien (rires) ? C’est peut-être un sacré piège et peut-être qu’en les faisant se marier je les mets dans le pétrin.

Une suite pourrait être envisagée avec ces mêmes personnages ?

Je ne sais pas. Mémé Cornemuse, qui était déjà dans Les vacances d’un sérial-killer, je ne pensais déjà pas la reprendre et elle m’a collé au basque. Je la sentais vraiment et je crois qu’elle m’aurait fait un caca nerveux si elle n’était pas revenue dans La petite fêlée aux allumettes. Je crois que les personnages se vengent parfois (rires).

Et vous avez d’autres projets en cours que nous pourrions évoquer ?

Là, j’écris une fiction autour du Facteur Cheval qui va être adaptée avec Rufus et il y a Les vacances d’un sérial-killer qui va sortir chez Pocket au mois de juin, Madame Edouard et La nuit des coquelicots, les 2 en 1 vont sortir chez Belfond aussi au mois de juin et surtout mon prochain film que je vais réaliser et que j’ai écrit à partir de Nickel Blues avec un super casting comme Dominique Lavanant, Annie Cordy, Bouli Lanners, Dominique Pinon et une cerise sur le gâteau qui restera secrète, le tout sur une musique d’Arno.

la-petite-felee-aux-allumettes-cover

Le Mediateaseur remercie une fois de plus chaleureusement Nadine Monfils pour cet entretien très agréable à réaliser. Le roman La Petite Fêlée aux allumettes est paru aux éditions Belfond et nous vous invitons à le découvrir rapidement si ce n’est pas déjà fait.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *