Interview : Merwan Rim Partie 1

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Hier matin nous vous chroniquions ici L’échappée, le premier album solo de Merwan Rim. Et dans l’après-midi nous avons eu l’occasion de passer une bonne demi-heure en sa compagnie afin de parler de l’opus, de sa manière de travailler et un peu de la scène.

Un entretien très intéressant avec un artiste généreux, sympathique et passionné comme il y en a peu. Comme nous avons beaucoup parlé, nous vous proposons de découvrir ci-dessous la première partie de l’interview, et vous pourrez découvrir la suite ce samedi 17 mars toujours sur notre site.

Bonne lecture.

 

***** 

 

Bonjour Merwan,

Ton premier album, L’échappée, est dans les bacs depuis hier, j’ai envie de te demander comment tu te sens ?

Je me sens peut-être un peu libéré d’un poids quelque part parce que cet album-là je le porte depuis des années, beaucoup d’années (rires). J’ai attendu ce moment-là toute ma vie et ça va faire 6 ans que j’ai vraiment la tête dedans. La première chanson a 6 ans et depuis je n’ai été que dans l’optique d’avancer là-dessus donc je me sens soulagé mais tellement heureux qu’il soit là. C’est tellement l’album de toute ma vie que je le vis comme une espèce de libération, c’est un peu pour ça aussi que je l’ai appelé L’échappée (rires).

Je voulais justement te demander si le titre c’était un peu pour évoquer le départ pour une carrière en solo après toujours avoir été en troupe ?

Oui, c’est une manière vraiment pour moi de m’envoler parce que j’ai été pendant presque 10 ans dans les spectacles musicaux. J’ai pris énormément de plaisir à les faire, je n’ai jamais pris ça comme une contrainte, tous les soirs c’était un plaisir de pouvoir chanter devant 5 000 personnes mais à côté de ça, moi étant compositeur, auteur et en ayant fortement l’envie de m’affirmer là-dedans, quelque part je me freinais car je chantais des chansons qui n’étaient pas de moi. J’étais extrêmement heureux de les chanter car c’est des chansons que j’aimais défendre sur scène, sinon je ne l’aurais pas fait, mais on se met beaucoup de côté car notre vie est entièrement dédiée au spectacle. Et à côté de ça je me sentais un peu muselé car on me reconnaissait mais on ne me connaissait pas par rapport à mes chansons et il y a un moment où je me suis dit, il ne faut pas que tu aies des regrets de ne pas avoir tenté le coup quand il fallait. Donc je me suis dit je vais prendre le temps de le faire car je voulais que chaque chanson me ressemble, ça a pris un peu plus de 6 ans et maintenant on y est.

Est-ce qu’il y a eu un déclic pour que tu te dises « là c’est le moment, je fais l’album même s’il y a d’autres opportunités de spectacle » ?

En fait quand Mozart l’opéra rock était arrivé, j’étais déjà la tête dans le guidon pour mon album durant Le Roi Soleil et quand Mozart est arrivé, il y a un truc qui a fait que je me suis dit « tente l’aventure ». En plus on me l’a proposé et on a vraiment créé le rôle pour moi alors qu’il n’existait pas à la base, donc j’ai pris ça comme un signe du destin et j’ai foncé.  Et on a bien vu le résultat, et après je me suis dit, tu as vécu ça 3 fois dans ta vie, des spectacles à guichets fermés, c’est bon arrête-là (rires) et je me suis retrouvé dans une position où j’ai terminé Mozart, l’opéra rock et je savais qu’il allait se passer le travail de l’album. On a commencé à me titiller pour d’autres spectacles, j’ai passé 2 auditions pour 2 spectacles pour l’après Mozart mais je l’ai fait en dilettante en espérant secrètement qu’on me refuse (rires).  Et ça s’est passé comme ça.

Il y a 13 titres sur cet album, est-ce qu’ils existaient tous depuis 6 ans où il y en a qui ont été créés exprès pour l’album ?

Sur les 13 titres de l’album, il y a une bonne moitié qui existe depuis un bon paquet de temps. L’autre moitié a été créée assez tardivement, en fait après que Vous soit sorti.

A l’écoute de l’album il y a une vraie cohérence, on ne se doute pas qu’il y ait tant de temps entre les textes, est-ce que tu as retravaillé les « anciens » titres ?

En fait comme je suis le réalisateur officiel de mon album, c’est-à-dire que j’ai écrit, composé, fait les arrangements, réalisé l’album, j’étais vraiment le maitre à bord de A à Z, j’ai pu chapeauter tous les titres. J’ai joué aussi plein d’instruments et je me suis entouré de gens avec qui j’avais vraiment envie de travailler et ils m’ont tous apporté quelque chose. J’étais toujours là pour donner la direction dans laquelle je voulais aller, et comme j’ai mon petit studio d’enregistrement à la maison ça facilite les choses. Il y a des titres présents sur l’album qui sont quasiment comme sur la maquette que j’ai enregistrée chez moi, je n’ai jamais dévié de ma ligne directrice et j’ai foncé là-dessus sans chercher à me brider. Et je suis aussi heureux car j’ai rencontré des gens qui m’ont laissé l’opportunité d’être le réalisateur de mon 1er album sans me dire « laisse ça aux professionnels » (rires). C’est peut-être aussi pour ça qu’on a l’impression que tout se lie beaucoup  et puis parce que je me suis entouré à la co-réalisation de gens comme Franck Duquesne, qui a bossé notamment pour Brigitte, et aussi Didier Thery qui est mon bassiste sur certains titres de l’album et avec qui on a co-réalisé les premiers titres. Je me suis entouré d’amis et de gens qui ont vraiment beaucoup de talent, et ils m’ont aidé à réaliser le projet comme je voulais le faire.

Au niveau des chansons en elles-mêmes, comment travailles-tu en général pour les créer ?

Alors je n’ai pas de recette. Il y a des titres qui sont nés très rapidement parce que j’ai eu le texte sous les yeux qui n’était pas de moi et la musique est arrivée, c’est le cas pour Vous par exemple. Et puis il y a des titres sur lesquels j’ai écrit paroles et musique assez rapidement, soit seul soit par exemple avec Pascal Danaë sur les titres en anglais, et sinon je suis quelqu’un qui compose plus. Je compose beaucoup à vide, j’enregistre, je pars sur des suites d’accord et j’arrange déjà assez copieusement mes chansons (rires) et ensuite la chanson existe mais avec un texte qui est du yaourt. Et tout le travail est de partir sur un texte et quand la chanson est déjà créée j’y vais rarement donc je travaille avec des auteurs qui comprennent ma manière de fonctionner et qui arrivent à choper des sonorités dans le yaourt et trouver un texte. Je suis très surpris du talent de ces gens-là qui peuvent poser un texte très rapidement alors que moi j’en suis incapable, il me faut parfois des mois, voire des années, si le texte ne vient pas de suite, j’ai du mal à écrire.

Fin de la première partie.

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Le Mediateaseur remercie encore une fois Merwan Rim pour sa simplicité et sa gentillesse. Rendez-vous donc ce samedi 17 sur le site pour la fin de son interview. Et en attendant l’album L’échappée est disponible dans les bacs, n’hésitez pas à vous le procurer si ce n’est pas déjà fait.

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