Interview : Niuver

©Youri Lenquette.France. Senegal.05/2012.Niuver.

Niuver, si ce nom ne vous parle pas encore, j’espère que cela va changer prochainement.

Niuver est une artiste cubaine installée en France depuis quelques années maintenant et dont le nouvel album Trasnochando vient de sortir dans les bacs.

Un album qui m’a beaucoup surpris à la première écoute car il est inclassable, les genres se mélangent pour donner un résultat très agréable que je vous recommande de découvrir.

J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec l’artiste un peu avant la sortie du disque. L’intégralité de cette rencontre est à lire ci-dessous.

 

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Bonjour Niuver,

Ton album Trasnochando va paraître très bientôt, comment te sens-tu ?

Je suis très contente. Je suis détendue et surtout excitée de pouvoir montrer l’album car on a passé beaucoup de temps à le soigner, le travailler. Les gens vont enfin pouvoir découvrir mon travail et j’ai hâte de savoir comment ils vont le recevoir. Il est assez pittoresque cet album, avec beaucoup d’ambiances, de l’amour, des pleurs, des textes gais.

C’est ce qui m’a surpris ce mélange d’ambiances. Je m’attendais à un album entièrement bossa ou plus « mélancolique ».

Au départ c’est ce que j’ai fait avec mon premier album en espagnol dans lequel je n’avais pas eu le courage de tout écrire toute seule. J’avais été aidé par Raul Paz qui m’a offert de très belles chansons. Ca m’a donné un peu de sérénité et au deuxième album j’ai voulu faire des choses un peu plus « festives ». J’aime la tristesse car on peut approcher plus de monde mais je voulais des choses qui changent un peu.

Ca, c’était voulu dès le départ du travail sur ce nouvel album ?

Oui car je pense qu’il y avait une espèce d’inquiétude de ma part. Le premier album était tout sur la même longueur d’ondes, très bossa, cubain et par rapport à ça je ne voulais plus faire pareil pour surprendre les gens. Et aussi pour ne pas m’ennuyer évidemment.

Il te ressemble, cet album qui passe par toutes les émotions ?

Je suis quelqu’un qui a étudié la musique classique en premier. Et quand on fait ça, on a un répertoire qui permet de jouer de la Renaissance, du Romantisme, du Beethoven… Personne ne vous empêche de faire dans un récital du Rachmaninov et après passer à du style Renaissance. Je crois que ça me vient de là, l’envie de mélanger et d’avoir un répertoire très varié. Pourquoi n’aurais-je pas le droit de passer d’une chanson cubaine à une chanson de Tom Poisson que j’adore. Je ne voulais rien m’interdire.

Tu parles de Tom Poisson, il t’a écrit le titre N’importe quoi, comment s’est faite cette collaboration inattendue ?

C’est le hasard. J’ai travaillé avec quelqu’un qui été proche de lui et Tom a une sensibilité incroyable. Il a une manière d’écrire des chansons qui me touche et un jour il est venu en me disant « je n’ai pas l’habitude d’écrire pour les autres, mais pour toi, j’ai envie ». Ca m’a flattée

Peux-tu nous parler un peu de la manière dont tu crées tes chansons ?

Moi, d’abord, souvent il faut que je sois très malheureuse avant le texte et la musique (rires). La musique permet de me soigner et au lieu de parler à une copine, je vais parler à ma guitare. Pour travailler en français, souvent j’écris les textes en premier mais en les travaillant beaucoup car si j’écris comme ça vient il va y avoir beaucoup de fautes. Et en espagnol c’est le contraire, c’est souvent d’abord la musique en premier. Mais je n’ai pas de règles précises, il faut surtout que je ressente des émotions.

Ton premier single C’est toi que j’aime passe sur certaines radios, j’imagine que tu es contente de cet accueil ?

Je suis contente car, pour une artiste cubaine, passer sur une radio nationale française, c’est déjà très sympa. Et savoir que des personnes ont écouté, ça me touche. En plus un texte écrit en français, ce n’était pas simple pour quelqu’un qui a passé la majorité de sa vie à Cuba. Mais je suis contente que ma sincérité ait été comprise et que des radios comme France Inter ou Europe 1 décident de me mettre en playlist.

La prochaine étape, c’est remonter sur scène ?

Oui, je fais vraiment ce métier pour la scène. J’ai hâte de rajouter cette dimension à l’album car c’est encore autre chose. Il y a un peu plus de chaleur, le plaisir de voir le public réagir et celui de voir que le long travail a porté ses fruits.

Il y a une salle en France dans laquelle tu aimerais te produire ?

L’Olympia, oui, ça me ferait bien plaisir, je m’y verrais bien (rires). Mais ce n’est pas que les salles prestigieuses qui m’attirent. Déjà trouver des gens pour communiquer dans un parc, ça me va très bien aussi.

trasnochando-cover

Le Mediateaseur remercie Niuver pour sa simplicité, sa fraicheur et sa joie de vivre qu’elle a eues tout au long de notre interview.

Son album Trasnochando est disponible dans les bacs et nous vous proposons de découvrir le 1er extrait C’est toi que j’aime dans une version live ci-dessous.

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