Interview : Roxane Duran

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L’un des succès théâtraux du moment est Le journal d’Anne Frank, pièce d’Eric-Emmanuel Schmitt qui se joue au Théâtre Rive Gauche et dont nous vous parlions ici.

Et pour interpréter cette jeune fille, c’est Roxane Duran, 19 ans, qui a été choisie et qui éblouit l’assistance chaque soir tant elle est à la hauteur pour sa première expérience sur les planches.

J’ai eu l’occasion d’avoir un petit entretien avec la comédienne pour parler de la pièce, je vous propose de le lire ci-dessous.

 

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Bonjour Roxane,

Vous êtes actuellement à l’affiche de la pièce Le journal d’Anne Frank. Comment êtes-vous arrivée dans cette pièce ?

J’ai passé des castings avec Steve Suissa le metteur en scène, puis ensuite avec en plus Eric-Emmanuel Schmitt et Francis Huster et j’ai décroché le rôle. Tout simplement.

On parle de vous comme un coup de cœur du metteur en scène, et d’une révélation, j’imagine que ça vous fait plaisir ?

Faut lui demander à lui pas à moi (rires). Mais c’est vrai que ça fait plaisir et j’aime beaucoup Steeve car j’arrive très bien à travailler avec lui. Il a une manière de faire très intéressante, c’est un travail très intuitif.

Vous vous souvenez de votre première lecture de ce livre ?

Pas du tout (rires). Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de ce livre, mais à la relecture pour la pièce, ça a été un choc, une très belle redécouverte. Je pense que j’ai perçu au moins une partie du livre. Ca m’a beaucoup aidé pour jouer le rôle de la fille qu’était Anne.

Il y a eu un peu de pression avant d’endosser un tel rôle ?

C’était non seulement une personne humaine qui a vécu, qui a eu des émotions, donc ce n’est pas aussi simple à interpréter qu’un simple personnage. Il fallait vraiment trouver une crédibilité énorme et la renforcer par un jeu assez intuitif. Et c’est aussi une pression car c’est ma première pièce de théâtre, et c’est un challenge énorme. On n’utilise pas son corps et sa voix de la même manière qu’au cinéma, mais je me suis jetée dans ce projet avec beaucoup de plaisir et d’envie.

C’est important pour vous, en tant que femme, que Le journal d’Anne Frank soit toujours autant étudié et mis en avant ?

Oui absolument car elle avait des idées extrêmement modernes pour son époque, elle disait qu’on allait vraiment reconnaître les femmes et ne plus penser que d’avoir des enfants c’était quelque chose d’évident. Elle avait des idées très précises sur la guerre et sur son comportement. Et c’est beau car elle dit ce qu’elle pense sans retenue, avec humour, ironie, un peu de satyre. C’est un témoignage qu’il ne faut jamais oublier.

J’imagine que pour un comédien c’est un plaisir de voir que le public répond présent et que la pièce marche même avec un sujet si « lourd » ?

(Francis Huster est venu me saluer à ce moment-là et c’est lui qui répond à cette question).

Oui car quand tu fais une pièce de théâtre, il y a plusieurs raisons pour lesquelles tu la fais. La première, c’est de créer un auteur, donc on l’a, même si c’est à partir du Journal d’Anne Frank, c’est une nouvelle pièce. La deuxième raison de faire une pièce, c’est de rencontrer un public. Parfois tu fais des pièces formidables, et ça ne rencontre pas le public sans savoir pourquoi. Et là, on a une chance incroyable car on ne s’y attendait pas, le tout Paris se demandait quel public va venir voir ça ? Et il y a 5 publics qui viennent voir cette pièce au final : les gens qui ont connu la guerre ou leurs parents et qui adorent les pièces qui tournent autour de cette période ; un public de jeunes qui étudient Anne Frank à l’école ; les fidèles soit d’Eric-Emmanuel Schmitt, soit de Francis Huster ou du Théâtre Rive Gauche ; un public de jeunes totalement inattendu, pas celui du lycée, mais des 25-30 ans qui en général va voir du divertissement et le dernier, vraiment inattendu, ce sont les gens qui viennent car c’est un succès et qui ne vont voir que ça, juste car il faut l’avoir vu. Et la magie du spectacle de ces publics qui viennent pour des raisons différentes, c’est qu’ils repartent avec tous une seule raison d’avoir aimé, c’est qu’ils ont vu un spectacle vrai, humain et ils ne sont pas déçus. Et le bouche à oreille fonctionne bien donc on est vraiment contents.

(Sur ce, Francis Huster repart se préparer)

C’est impressionnant de jouer avec un comédien comme Francis Huster pour sa première pièce ?

C’est impressionnant, oui. J’en avais beaucoup entendu parler, et c’est totalement différent de jouer et de vivre avec lui. Il est extrêmement généreux, il fait attention à sa troupe, c’est en même temps un papa et un grand acteur. Il est très respectueux avec tout le monde et c’est vraiment très agréable de travailler avec lui.

Vous allez être sur scène dans peu de temps, avez-vous des petits rituels pour vous préparer ou vous détendre ?

Merci car je n’y pensais pas mais maintenant ça va me faire réfléchir (rires). Mes rites, c’est surtout me maquiller, boire de l’eau chaude, bizarrement, me promener pour essayer de me vider la tête avant de pouvoir vivre sur scène.

Le Mediateaseur remercie Roxane Duran d’avoir accordé une interview à un site internet. Nous espérons que cet entretien vous donnera envie de découvrir cette comédienne et la pièce.

Le journal d’Anne Frank, Théâtre Rive Gauche, du mardi au vendredi à 21h, le samedi à 15h30 et 21h et le dimanche à 15h30, jusqu’au 6 janvier inclus.

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