Interview : Jean-Luc Moreau

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Depuis le 31 janvier, le Théâtre Saint-Georges vous attends pour venir applaudir sa nouvelle pièce, 3 lits pour 8.

Cette pièce d’Alan Ayckbourn est remontée ici par un metteur en scène qui a tenu l’un des rôles à l’époque, à savoir Jean-Luc Moreau.

J’ai eu le plaisir d’assister à la présentation d’une petite scène, qui m’a donné envie de voir la suite. Et à l’issue de ce petit moment privilégié, Jean-Luc Moreau s’est prêté très gentiment aux jeux des questions-réponses avec moi.

Un petit entretien à découvrir ci-dessous.

 

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Bonjour Jean-Luc Moreau,

Il y a plusieurs années vous étiez comédien dans cette pièce 3 lits pour 8, pourquoi avoir eu envie de la remonter aujourd’hui ?

J’ai l’impression que la dramaturgie, quand on l’a monté à l’époque, était presque révolutionnaire ainsi que l’idée de faire cette rupture comme ça avec ces 3 chambres. Et maintenant, je trouve que le public est très habitué à ce qu’on rentre dans les coulisses d’un théâtre, qu’on lui fasse voir l’envers des choses. Alors le public n’est pas plus intelligent, malheureusement, sinon il y aurait moins de guerre, mais il est plus rapide. Et donc ce style d’écriture ou le public doit faire le travail de construire l’histoire, il le fait très simplement. Et puis c’est très rare que je remonte une pièce, je préfère la création pure, mais cette pièce quand je l’ai joué était tellement efficace et drôle que je me suis dit, un jour il faudra que je la remonte et c’est aujourd’hui.

Vous êtes en pleine période de répétitions, la première arrive à grands pas, avez-vous un peu le trac avant le début des représentations ?

Non je ne pense pas du tout à ça. Je pense que j’ai un but, qui est la première représentation bien sûr,  et toute ma concentration et mon travail tend vers cette date. Je connais les acteurs maintenant, je comprends leurs frayeurs, je sais qu’il faut parfois les violenter pour éviter la pudeur. Tous ces paramètres là j’essaye de les gérer du mieux possible, mais je n’ai pas peur du public. Pour moi c’est un rendez-vous un peu amoureux car les acteurs savent que tout ce qu’ils font c’est pour raconter une histoire, et le public vient l’écouter.

Vous gérez les comédiens, mais êtes-vous un metteur en scène aussi à l’écoute de leurs éventuelles propositions ?

Je les écoute oui, mais il y a des moments où je suis plus inspiré que d’autres, et sur cette pièce je suis très inspiré. J’ai beaucoup d’idées, alors les acteurs peuvent me parler mais c’est surtout technique. C’est des choses comme « je me sent mal avec le drap à ce moment-là » donc techniquement je les aide, mais sur ce qui est des personnages ou sur les temps qu’on doit prendre pour arriver à l’effet comique je suis assez directif là-dessus.

Est-ce vous qui êtes allez chercher les comédiens pour cette pièce ?

Oui complètement. Je connaissais Bernard Alane car nous étions à la Comédie Française ensemble et j’ai beaucoup joué avec lui et avec Annick Blancheteau. Jean-Christophe Barc, j’ai beaucoup travaillé avec lui au Théâtre de la Michodière, Marie Montoya je l’avais mise en scène dans La sœur du grec, Mathilde Penin je l’avais mise en scène de nombreuses fois (La salle de bain, Secrets de famille … NDLR) et Juliette Meyniac aussi (Si c’était à refaire, A deux lits du délits … NDLR). Dimitri Rataud je ne l’ai jamais mis en scène mais c’est un acteur que j’aime beaucoup et Pierre-Olivier Mornas, non plus mais j’avais très envie de travailler avec lui et C’est un peu une garde rapprochée.

C’est presque une pièce de famille ?

Oui c’est vraiment important pour moi. Il y a 2 paramètres indispensables, le premier est de distribuer juste. Quand tu joues une pièce avec des personnages qui sont vraiment à leurs places,  l’histoire se raconte déjà presque toute seule. Et le deuxième point, c’est de connaître les gens. Si tu as la chance de connaitre les acteurs, tu sais leur caractère et quelles techniques et discours avoir avec l’un et pas avec l’autre. Là, je sais que je peut leur dire « non on arrête c’est mauvais » et qu’ils ne vont pas s’offusquer.

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 Le Mediateaseur remercie Jean-Luc Moreau pour sa disponibilité, nous espérons vous avoir donné envie d’aller voir la pièce et son travail. Pour notre part, ce sera ce soir, la chronique sera en ligne très prochainement.

3 lits pour 8, Théâtre Saint-Georges (Paris 9ème), du mardi au jeudi à 20h30, le vendredi à 21h et le samedi à 16h30 et 21h. 

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