Interview : Brigitte Fossey

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En 2012, Brigitte Fossey, accompagnée au piano par Yves Henri, interprétait Sand, Chopin : Vie et Passion.

Ce soir, au Musée Jacquemart-André, c’est dans la vie de Robert et Clara Schumann que le duo propose au public d’entrer.

A cette occasion, j’ai eu le très grand plaisir de pouvoir m’entretenir avec la comédienne et d’évoquer également Cosima et Richard Wagner, l’union sacrée, lecture qu’elle fera le 7 avril, et Victor en musique, Hugo en liberté, à voir le 23 avril.

Un entretien à lire dans son intégralité ci-dessous.

 

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Bonjour Brigitte,

Vous allez proposer au public 3 nouvelles lectures cette année, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur chacune ? Ce soir ce sont Clara et Robert Schumann qui sont à l’honneur.

En effet, Clara et Robert Schumann, qui ont fait l’objet de beaucoup de recherche de ma part et de celle d’Henry. D’abord parce qu’Henry connaît très bien Schuman, et qu’il a été lauréat du Concours International Schumann. Il m’a demandé au moment de l’anniversaire de sa mort de composer avec lui des spectacles littéraires et musicaux. On en a déjà composé 2 ensemble, l’un qui attrait à la rencontre entre Robert et Clara de leurs rencontres à l’enfance jusqu’au mariage, et l’autre depuis leur mariage jusqu’à la mort de Schuman. Celui que nous allons donner au Musée Jacquemart, c’est celui de la rencontre, lorsque Schuman est le professeur de piano de Clara. Ce sont des relations difficiles car le père n’en veut pas comme fiancé, mais plus tard elle le choisira tout de même à son père.

Ensuite ce seront Cosima et Richard Wagner.

Le deuxième, le 7 avril à la salle Cortot, c’est avec Leontina Vaduva, qui va chanter les airs de Wagner et moi je vais lire le journal de Cosima Wagner. Leontina m’a demandé de lire ce journal pour accompagner la musique jouée par Masakatsu Nakano. C’était intéressant de lire l’évolution de Cossima du moment où elle est mariée et lui fais dont de sa vie. C’est très difficile car Wagner est tout le temps dans sa création, et elle lui est dédiée totalement.

Et vous terminerez le 23 avril en évoquant Victor Hugo.

A Gaveau c’est plutôt un cheminement à travers l’œuvre de Victor Hugo. Il s’agit de trouver un dialogue entre la musique et son œuvre. Les différents styles d’Hugo amèneront différents styles musicaux. Là c’est encore un autre travail.

Savez-vous à peu près combien de  temps de travail cela vous demande pour préparer une lecture ?

C’est long, très long, il faut compter au moins 1 mois de recherche. Et une fois qu’on a la composition de tous les textes, il faut les mettre dans un ordre qui soit évolutif, trouver un fil conducteur et qui s’harmonise avec la musique. Ca se fait à 2 et c’est vraiment passionnant de mettre en harmonie texte et musique en essayant de faire quelque chose de cohérent et non pas de gratuit.

C’est vraiment un exercice qui vous plait on dirait ?

Oui j’ai une passion pour la littérature et aussi pour la musique donc mélanger les 2 c’est extraordinaire. Et puis c’est intéressant d’essayer par les textes choisis, que ce soit des correspondances ou des journaux intimes, essayer de faire revivre la vie de ces musiciens. De faire pénétrer le spectateur dans ce qui les as fait souffrir, ce qui les a rendu heureux ou encore dans ce qui les as inspirés.

Y a t’il un côté frustrant à ensuite ne les proposer qu’une fois, ou c’est justement ce qui fais la magie de la soirée ?

Les 2 sont vrais, mais en même temps quand c’est réussi on peut le reprendre plusieurs fois, on nous le redemande. Par exemple le Sand et Chopin, Vie et passion on le reprend bientôt.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant la représentation de ce soir ? Avez-vous le trac par exemple ?

J’ai toujours le trac car j’aimerais bien qu’à chaque fois se renouvelle cette communion avec le public. On a toujours très peur que ça ne se rétablisse pas, mais ça se rétablit toujours car il est beaucoup plus facile d’entrer dans la vie des musiciens quand on entend leurs confidences et leurs œuvres qui sont l’écho de leurs cœurs si vous voulez.

En parlant du public, savez-vous quel est celui de ces lectures en général ?

Il y a toute sorte de gens, il y a ceux qui ont une passion pour Schuman ou pour Victor Hugo ou Wagner, il y a ceux qui connaissent Yves Henry qui est un grand interprète, ceux qui viennent pour moi car ils ont vu mes films ou m’ont déjà vu au théâtre, et ceux qui nous ont déjà vu ensemble avec Yves et qui veulent nous voir sur d’autres sujets.

 

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Le Mediateaseur remercie chaleureusement Brigitte Fossey de nous avoir fait l’honneur de cette discussion. Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir son travail au détour d’une lecture.

 

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Robert et Clara, naissance d’un amour, Textes choisis par Brigitte Fossey, œuvres de Robert et Clara Schumann, Liszt, Mendelssohn, et Chopin, interprétées par Yves Henry. Ce soir à 19h00 au Musée Jacquemart-André.

Cosima et Richard Wagner, l’union sacrée, Brigitte Fossey sera Cosima Wagner ; la soprano Leontina Vaduva chante la musique de Wagner accompagnée au piano par l’artiste japonais Masakatsu Nakano.

Dimanche 7 avril 2013 à 17h30 – Salle Cortot

Victor en musique, Hugo en liberté, La force du verbe de Victor Hugo a inspiré à Yves Henry le choix de pages musicales, signées Chopin, Schumann, Liszt, Scriabine, Ravel.

Mardi 23 avril 2013 à 20h30 – Salle Gaveau

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