Interview : Dany Brillant

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20 ans, le bel âge. Dany Brillant fête actuellement ses 20 ans de carrière et vient de sortir pour l’occasion un album best-of intitulé Viens à Saint-Germain.

Mais cet artiste bien sympathique qui aime avant tout la rencontre avec son public, a décidé de partir pour une tournée qui accompagne ce best-of.

C’est au sujet de ces concerts, et de sa carrière, que j’ai eu le plaisir de m’entretenir il y a quelques jours avec Dany Brillant à l’Hotel Park Lane.

Un entretien à lire ci-dessous, j’espère qu’il vous plaira.

 

 

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Bonjour Dany,

Votre tournée best-of va démarrer dans quelques jours, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Je suis, comme toujours avant un nouveau spectacle, plein de joie de retrouver le public, puisque pendant un long moment nous avons beaucoup d’intermédiaires entre le public et nous, et là, c’est le seul moment où on va avoir le public comme s’il était dans notre salon. C’est un grand salon, certes, mais c’est l’idée de recevoir les gens comme chez nous, et je suis ravi de cela. Mais j’ai toujours un peu de trac, de stress, je me demande « est-ce que ça va plaire », même si là, je ne me demande pas si les chansons vont plaire, puisque ce n’est que les anciennes. Mais comme j’ai un nouveau concept avec des écrans, je me demande comment cela va être perçu. Toujours ce tiraillement entre le doute et la joie de se retrouver.

Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de ce concept sans trop en dire ?

Oui, alors sur scène, c’est la première fois que je ne chanterai pas de nouvelles chansons. Ça, c’est vraiment le truc nouveau, je fais un nouveau spectacle avec les anciennes chansons. Je vais reprendre tous mes anciens tubes qui correspondent à des périodes données. J’ai toujours enregistré mes disques dans des pays différents, en commençant à Paris évidemment dans une petite cave qui s’appelait Les 3 Mailletz. Je suis allé à Cuba, en Italie, à la Nouvelle-Orléans ou encore Porto Rico. Tous ces voyages-là, je vais les compiler, faire une synthèse, pour faire ce voyage avec le public. Je vais avoir un grand écran derrière moi qui va diffuser tous ces voyages que j’ai filmés, archivés, mais que je n’avais jamais montrés. On me voit dans ces pays-là, et en même temps je chanterai des chansons qui correspondent à ces périodes.

Effectivement, en 20 ans vous avez exploré de nombreux styles, et le public vous a toujours suivi. Avez-vous un petit secret ou une idée de ce pourquoi ?

Déjà, même si j’ai fait tous ces voyages différents, j’ai essayé de garder mon style. J’ai essayé de faire voyager les gens, c’est pour ça que j’ai toujours été dans des endroits ensoleillés. C’est l’idée d’apporter du rêve aux gens, et je pense que c’est cela qui leur a plu à chaque fois. Chaque album a un parfum différent, et ce parfum devait passer dans le disque.

Vous rendez-vous compte, lors des concerts, s’il s’agit toujours du même public depuis le début ?

Le public est assez fidèle, ça c’est vrai je m’en aperçois souvent. Quelque part, on a grandi ensemble, et donc il y a un public qui a le même âge que moi, par exemple. Et puis il y a un public plus jeune, peut-être qu’ils ont vu mes albums chez leurs grands-parents. Il y a plusieurs générations, je n’ai pas vraiment de cible, comme certains chanteurs qui n’ont qu’un public d’adolescents, moi je suis très familial.

En 20 ans de carrière, comment avez-vous fait pour choisir les titres présents sur cette tournée ?

C’est purement subjectif, j’ai choisi les chansons qui me plaisaient le plus. Évidemment il y a les tubes un peu incontournables, et puis les chansons qui étaient peut-être un peu plus dans le noir, car dans un album on ne peut pas faire que des singles. J’ai trouvé que certaines chansons n’avaient pas eu leur chance, alors je les ai mises sur ce best-of et je leur ai donné un nouvel habillage pour les faire un peu plus percutantes. J’ai tout de même choisi les chansons que les gens préféraient, j’ai quand même vu durant toutes ces années, aux applaudissements, les chansons que les gens aiment plus que les autres.

Cet anniversaire vous rend-il nostalgique ?

Non, je trouvais ça important de faire un petit regard en arrière. J’avais besoin de faire le point, comme un inventaire, et avant de proposer mes nouvelles chansons, j’ai envie de proposer ce florilège de tout ce que j’avais fait pour tourner la page. Si je ne l’avais pas fait à 20 ans, je ne pense pas que je l’aurais fait plus tard. Par exemple, si j’ai la chance d’avoir une carrière qui continue encore, je trouvais qu’à 30 ans cela faisait trop long.

En parlant de regard en arrière, vous souvenez-vous de vos débuts aux 3 Mailletz ?

Oui je m’en souviens très bien, car c’est là où je suis monté sur scène pour la première fois et que j’ai chanté devant un public. S’il n’y avait pas eu les 3 Mailletz, je ne pense pas que j’aurais fait ce métier-là. C’était un laboratoire fabuleux pour écrire, composer et proposer des chansons. J’écrivais des chansons l’après-midi, je les proposais le soir, et si je voyais qu’une ne plaisait pas, je ne l’a jouée plus le lendemain. Quand j’ai fait mon premier album, je savais quelles chansons allaient avoir un impact sur les gens. Parce que lorsqu’une chanson plaît à 30 personnes, elle peut plaire à 100 000.

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Vous arrivez à retrouver cette ambiance presque familiale, lorsque vous vous produisez dans de très grandes salles ?

Oui absolument, car les concerts ont beau être immenses, je trouve toujours cette proximité et cette chaleur. Déjà je la trouve avec mes musiciens qui est un petit groupe de jazz. Je ne fais pas du gigantisme, quand j’ai fait Bercy en 2008 par exemple, j’avais des groupes de danseurs pour garder un côté très humain qui fait que peu importe la taille des salles cela reste convivial. Quand j’ai fait le Stade de France, en première partie de Céline Dion, j’ai chanté Suzette c’est une chanson de cabaret, et c’est passé devant 100 000 personnes.

En parlant de convivialité, sur cette tournée, y aura-t-il toujours un petit espace pour que le public danse ?

Oui, il y a toujours un espace pour que les gens soient assis, et pour ceux qui veulent écouter, car évidemment tout le monde ne vient pas pour danser. Mais il y a un espace pour ceux qui veulent danser.

Vu de l’extérieur, on a l’impression que tout s’est enchaîné assez facilement dans votre carrière, est-ce que vous avez ressenti ça ?

C’est vrai que j’ai eu beaucoup de chance. J’ai eu un album qui a moins bien marché, c’est l’album anglais qui s’appelait Nouveau jour. Je sortais d’un album cubain, très festif, et je suis passé à des chansons un peu plus cérébrales, et j’ai senti que les gens accrochaient moins. Mais à part ça, c’est vrai que j’ai toujours une base de fans qui m’a suivi pendant mes voyages et mes aventures et j’ai vraiment eu beaucoup de chance.

Avec tout ce que vous avez déjà fait, y a-t-il un style que vous n’avez pas encore fait, et que vous aimeriez faire ?

Il y en a beaucoup. Moi j’aime beaucoup les musiques du monde, je pense que ces musiques sont la mémoire de l’inconscient collectif. La musique cubaine, le jazz, la musique napolitaine, ce sont des musiques universelles. Je ne sais pas encore où j’irai la prochaine fois, mais cette idée d’explorer des musiques différentes, je peux continuer longtemps. Moi j’ai une passion pour la musique tzigane, par exemple, il y a aussi des choses magnifiques dans la musique orientale. Mais il faut avoir le temps (rires).

A propos de temps, avec tout ça, avez-vous commencé à penser à la suite ?

Écoutez, comme j’étais un peu paresseux cette fois-ci, j’ai fait un best-of donc ce n’est pas quelque chose qui m’a demandé beaucoup de travail. J’ai réorchestré certains titres, mais ce n’est pas non plus un gros travail. Il faut dire aussi que j’étais au théâtre en même temps. Mais j’ai tout de même commencé depuis quelque temps à écrire des nouvelles chansons, et ça me plairait de les enregistrer prochainement.  Je vais m’atteler à cela après la tournée.

Que vous souhaiter de plus avec tout ça, 20 ans de plus ?

Eh bien si cela peut tenir encore 20 ans, j’aimerais bien. Ce qui est beau c’est de pouvoir grandir avec un public et qu’on soit toujours ensemble, c’est comme une histoire d’amour.

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Le Mediateaseur remercie Dany Brillant pour sa simplicité et sa disponibilité. Son album best-of Viens à Saint-Germain est disponible dans les bacs, et la tournée qui va avec vient de débuter. Toutes les dates sont disponibles sur son site officiel en cliquant ici.

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