Interview : Anggun

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Nous vous avions fait ici un report sur le showcase donné par Natasha St Pier et ses invités pour la sortie de son nouvel album Thérèse, vivre d’amour.

Un opus collectif sur lequel est présente Anggun pour 2 titres qui sont Vivre d’amour et La fiancée.

De passage à Paris pour un très très court séjour, nous avons eu le plaisir de rencontrer l’artiste pour nous parler de ce disque et de son implication.

Bonne lecture,

 

 

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Bonjour Anggun,

Vous êtes présentes sur le nouvel album de Natasha St-Pier qui vient de sortir. Pouvez-vous nous dire comment cela s’est fait ?

En fait, on m’a proposé de rejoindre ce projet qui était déjà fait.  Quand on m’a demandé si je voulais chanter des poèmes de Sainte Thérèse mis en musique par Grégoire, j’ai demandé Thérèse qui ? (Rires). J’ai répondu que je ne connaissais pas car je ne suis pas catholique, et j’ai voulu voir avant. On m’a raconté son histoire, et en lisant les textes, j’ai été très étonnée et très agréablement surprise car je m’attendais à une écriture assez lourde de la fin du XIXe siècle, mais en fait pas du tout. Et avec la mélodie assez simple et jolie de Grégoire, je trouve que ça souligne très bien ces textes qui sont pour moi d’une incroyable modernité.

C’est ce qui vous a fait accepter facilement ?

Pour moi c’est ça la beauté et la puissance d’un texte ou d’un poème, c’est quand chacun peut s’y projeter ou trouver son compte. Il y a une vraie spiritualité qui se dégage, mais il y a aussi une dimension beaucoup plus humaine car on parle de générosité et d’amour tout simplement. Je me disais, avec le climat actuel dans lequel il est finalement plus facile de prêcher la haine que de prêcher l’amour, on a besoin de ce genre de rappel. On a besoin de quelque chose qui nous fait du bien. Depuis cet album, j’ai même envie de dire que  j’espère qu’en l’écoutant, les gens deviendront plus sensibles. J’aime espérer que ces textes peuvent titiller l’humanité des gens qui l’écoutent  car c’est à ça que sert un bel album, à faire bouger, et à toucher les gens. C’est pour ça qu’une chanson comme Imagine, de John Lennon est toujours ultra puissante aujourd’hui,  car même si je sais qu’une chanson ou un album ne peut pas changer le monde, ils peuvent aider à changer la perception des gens ou en tout cas essayer.

Vous interprétez 2 duos avec Natasha, c’est vous qui les avez choisis ?

Non, en fait les chansons avaient déjà été faites pour ce projet avant de contacter les artistes. J’aime beaucoup Natasha, et nous avons, toutes les deux, deux voix très différentes, mais en même temps qui se marient assez bien. On m’a proposé plusieurs chansons et j’ai dit « j’aime beaucoup La fiancée » car j’aimais beaucoup la mélodie en plus. Certaines personnes n’aiment pas les mélodies de Grégoire, car elles les trouvent trop simples, mais, si on écoute bien, celles des Beatles le sont aussi.  Avec ce genre de texte, il ne faut presque rien dans les arrangements, il faut la sobriété pour montrer la puissance des mots.

Le disque est dans les bacs depuis hier, avez-vous eu le temps de lire un peu les retours ?

Il paraît que ça se passe super bien.  Je suis très soulagée de voir qu’il y a peut-être là un retour vers les vraies chansons et les vraies musiques. On a eu quand même une décennie assez bizarre au niveau musical pendant laquelle il y en a eu pour tous les goûts (rires). Mais nous sommes quand même dans un pays latin, donc il faut des belles mélodies et des histoires. Moi je suis une amoureuse de la musique, et j’ai envie, en écoutant une chanson, d’être portée et de me perdre. Une fois de plus, j’espère que ce sera un album qui fait du bien car c’est très important avec ce qu’il se passe dehors. C’est quand même fou qu’en 2013 nous sommes toujours en train de se battre pour la liberté alors que nous sommes dans un pays aussi avancé que la France.

On l’a évoqué, ce sont donc des textes d’une sainte, et cela parle beaucoup d’amour. Pensez-vous qu’il y a une « cible » pour cet album ?

Oui, les êtres humains (rires).  J’ai eu peur de la connotation religieuse, mais dans cet album, il y a Sonia Lacen et moi qui sommes musulmanes,  et Elisa Tovati, qui est de confession juive.  Au-delà de cette connotation qui est inévitable, car Thérèse est une sainte, il y a surtout la spiritualité et la dimension humaine  ainsi qu’un message d’amour. À partir du moment où vous avez un cœur, et les oreilles pour écouter cette musique, vous ne pouvez pas ne pas être touché.

Le premier single est l’un de vos duos sur Vivre d’amour porté par un très beau clip, il a été plaisant à tourner ?

Oui c’est un clip que nous avons tourné dans une forêt à 40 km de Paris, il faisait très très froid ce jour-là et nous étions en petite tenue (rires). Mais j’aime beaucoup le résultat,  la vidéo est très jolie.

Il y a eu un showcase pour présenter cet album à la presse, pensez-vous qu’un concert commun ouvert au public pourrait-être envisageable ?

Alors j’avais entendu parler qu’il y aura peut-être une tournée des églises. Je ne sais pas encore si je vais pouvoir en faire partie vu mon emploi du temps, et en plus il y a un autre truc, c’est que chanter dans une église c’est très intimidant. Je sens que j’ai beaucoup trop de péchés pour pouvoir chanter dans une église (rires). Mais l’expérience doit être fort intéressante, déjà rien que pour l’acoustique.

Vous parlez d’emploi du temps chargé, avez-vous des projets musicaux que vous pourriez évoquer ?

Oui, mais pas vraiment en France. Actuellement je fais parti du jury de X–Factor en Indonésie et ça se passe très bien. Après je dois partir au Canada pour la promotion de mon dernier album, et ensuite je pars en Italie pour faire un album à quatre mains avec un artiste italien, avant de tourner dans le pays au printemps prochain. Suite à tout ça, et après avoir dormi un petit peu, je vais pouvoir faire un nouvel album.

Avant de terminer, auriez-vous un petit mot pour Amandine Bourgeois qui va dans peu de temps défendre, comme vous l’avez fait, la France à l’Eurovision ?

Quoi qu’il arrive, ne le prends pas personnellement. Essaye de prendre du bon temps, parce que si la France gagne, c’est la France qui gagne et si la France perd, c’est la France qui perd, pas elle. C’est la chanson qui compte avant tout, il faut rappeler que cela s’appelle l’Eurovision Song Contest, et ce n’est donc pas le chanteur ou la chanteuse qui est en jeu.

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Le Mediateaseur remercie Anggun pour son sourire, sa simplicité et sa disponibilité même entre 2 avions.

L’album Thérèse, vivre d’amour est toujours dans les bacs, n’hésitez pas à y jeter une oreille, j’espère que cette interview vous en aura donnez envie.

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