Interview : Thomas Legrain

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Le 3 mai dernier est paru dans les librairies Négociations en 9mm, le tome 6 de la série Sisco.

On doit cette BD qui nous plonge dans les coulisses du pouvoir à Benec pour le scénario et à Thomas Legrain pour les dessins.

Récemment en dédicace à Paris, ce dernier a pris le temps de répondre à nos questions autour d’un café. L’occasion de parler de sa méthode de travail, j’espère que cela vous plaira.

Bonne lecture.

 

 

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Bonjour Thomas, 

Le tome 6 de Sisco  est paru il y a maintenant un mois, avez-vous déjà eu le temps de vérifier les retours ?

Un mois c’est encore beaucoup trop tôt pour se prononcer sur l’accueil. Sisco est une série qui a déjà trouvé son public, je pense qu’il n’y aura pas trop de souci, l’éditeur a sorti un tirage habituel  et donc je ne me tracasse pas vraiment. Pour ce tome, la seule chose qui nous questionne, c’est : est-ce qu’on a fait un peu mieux ?

C’est l’objectif de faire toujours mieux ?

Ce n’est pas facile et c’est précisément ça le défi en bande dessinée. Il est très difficile d’augmenter les ventes par rapport à une certaine époque où cela se produisait quasi automatiquement. Aujourd’hui, quand on se maintient, c’est déjà beaucoup.

Vous êtes donc le dessinateur de cette bd depuis sa création, pouvez-vous nous parler un peu de votre arrivée sur ce projet ?

C’est tout simplement Benec qui m’a contacté alors que j’étais encore sur mes anciennes séries. Il a vu certaines de mes planches sur Internet, mais comme j’étais sous contrat à cette époque-là, je n’ai pas pu m’investir aussitôt dans Sisco. Je l’ai rappelé lorsque j’ai enfin eu un trou dans mon emploi du temps. Nous avons proposé le projet, et nous avons tout de suite été signés par Le Lombard  qui voulait une série, alors que nous avions présenté diptyque. L’éditeur, ayant vraiment accroché au personnage, nous a convaincus que ça valait peut-être la peine de faire une série.

Avez-vous trouvé facilement le visuel du héros ?

D’emblée. Mon premier croquis fut quasiment le bon, j’ai juste retouché la longueur des cheveux.

Benec vous a donné son avis ?

On communique énormément entre nous, mais sans jamais s’imposer de grands changements. On sait ce qu’attend l’autre et on se rejoint facilement dans nos idées, on communique mais rarement pour se faire chier (rires). C’est une  affaire qui roule avec Benec.

En ce qui concerne les costumes ou les décors, là aussi est-ce venu facilement ?

Oui car ça correspondait à mon style naturel. Mes premières BD en tant que professionnel étaient déjà presque des thrillers politiques, donc du réalisme contemporain.

Effectivement cette BD est très réaliste et se passe dans des lieux existants, y a-t-il beaucoup de recherches avant de débuter les dessins ?

Oui je me documente beaucoup. L’un des avantages de cette série est qu’elle se déroule à Paris, donc je viens régulièrement faire des reportages photo, j’interroge des amis qui ont visité les lieux, je consulte aussi Internet. Nous nous devons d’être extrêmement précis, car comme tout le monde connaît Paris, nous n’avons pas droit à l’erreur et nous devons faire des choses cohérentes pour veiller à notre sérieux. Je suis assez discipliné pour toujours dénicher la meilleure documentation qui soit.

Sisco est une série de diptyques, ce format change-t-il éventuellement votre manière de travailler ?

Alors ça ne change pas ma manière de bosser, mais c’est très agréable. Déjà, ce sont des scénarii différents à chaque fois qui permettent de varier et de ne pas rester dans des histoires un peu ronron. De plus, comme il s’agit souvent d’endroits distincts, là aussi c’est beaucoup plus gai pour le dessinateur. Le dernier diptyque se déroulant à New York, ça me change de Paris et ce n’est pas du tout désagréable. Mais ça ne modifie pas en elle-même ma manière de travailler, qui se fait au jour le jour.

Est-ce que depuis le début, il y a une évolution dans le trait du personnage, visible ou non visible des lecteurs ?

Oui, mais c’est vraiment inconscient. La bande dessinée, pour moi, est un travail de longue haleine et pour s’améliorer il faut bosser. Inconsciemment, on s’améliore toujours car on prend confiance en son trait.

Lorsque vous dessinez,  avez-vous une préférence entre les personnages, les décors, ou des types de scène ?

Ce que j’aime avant tout, c’est la mise en scène des personnages. Les décors sont souvent assez contraignants, mais on est contents de le faire, car on sait que le résultat final sera intéressant. Les lecteurs aiment bien les décors très précis, ça leur permet de bien rentrer dans les cases pour discerner tous les détails que le dessinateur a intégré. Ce qui m’amuse vraiment le plus, ce sont les scènes d’action. Là je prends un véritable plaisir.

On le disait au début, le tome six est paru il y a un mois, avez-vous déjà commencé à travailler sur la suite ?

Oui, j’ai déjà dessiné les deux tiers du prochain album qui sortira en janvier, et le tome 8 est prévu pour septembre.

Peut-on avoir une petite info sur ce prochain tome ?

Ce que je peux dire, c’est que nous allons revenir en France, à une histoire qui s’inscrit plus dans le thème de l’espionnage. Nous allons encore innover dans le type d’intrigue, comme nous le faisons à chaque fois pour surprendre les lecteurs.  Après, c’est tout ce que je peux annoncer.

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Le Mediateaseur remercie Thomas Legrain pour le temps qu’il nous a accordé avant d’aller rejoindre ses lecteurs.

Le tome 6 de SiscoNégociations en 9mm, paru chez Le Lombard, est toujours disponible en librairie.

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