Interview : Marilyne Fontaine

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En ce moment, le Théâtre Montparnasse propose la pièce L’importance d’être sérieux d’Oscar Wilde que nous vous présentions ici.

Sur les planches figure notamment Marilyne Fontaine qui interprète le rôle de Gwendolen Fairfax.

Afin d’en savoir plus sur la pièce et son personnage, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec la comédienne très sympathique et naturelle, dans les murs du théâtre. Une discussion à lire ci-dessous.

 

 

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Bonjour Marilyne,

Tu es actuellement à l’affiche de la pièce L’importance d’être sérieux, comment tu arrivée sur ce projet ?

J’avais passé une audition au JTN, le Jeune Théâtre National, qui est une structure mise en place pour les élèves issus du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, dans laquelle les metteurs en scène viennent un peu « recruter » les comédiens. Mon audition à la base était pour Le Cid de Corneille avec Gilbert Désveaux (le metteur en scène NDLR) et Jean-Marie Besset (le traducteur NDLR), mais finalement ils ont monté Oscar Wilde. On m’a proposé cette pièce, j’ai passé un essai en lecture avec Claude Aufaure (autre comédien de la pièce NDLR) et on m’a validé sur le projet.

Connaissais-tu déjà l’univers d’Oscar Wilde ?

Alors je n’avais pas lu cette pièce avant de lire la traduction de Jean-Marie. J’avais lu nombre de ses romans et j’adore sa plume. Il est évidemment brillant, fin d’esprit et très subtil. En revanche je n’avais jamais eu le plaisir d’en jouer.

Tu le joues maintenant, tu as également joué du Ionesco, du Musset, est-ce un choix de ta part de te tourner vers des auteurs classiques ?

Ah c’est une bonne question. Concernant Ionesco, j’étais encore au conservatoire pour Ce formidable bordel, c’est une élève qui avait choisi de mettre en scène cette pièce. Ensuite, pour les projets en dehors de l’école, je me suis effectivement tournée plus vers les classiques, j’adore ça. J’adore Molière, les alexandrins de Racine et c’est vrai que je fais souvent des textes de la fin XIXème.

Qu’est-ce ce qui t’a plus dans ton personnage lorsque tu as lu la pièce pour la première fois ?

Au départ, on m’a proposé le rôle de Cecily, l’autre personnage féminin. C’est Mathilde Bisson qui, lorsqu’elle a lu la pièce, a dit « non je ne suis pas Gwendolen, je suis Cecily » et les rôles se sont inversés tout naturellement. Les deux rôles sont vraiment très bien écrits et ce qui m’a plu chez Gwendolen, c’est son côté « feu sous le corset ». Elle est très guindée, elle vient de la société Victorienne, mais elle va franchir les barrières, prendre la fuite et découvrir l’amour. Elle est fougueuse et a envie de se libérer de cette société, bien qu’elle ait tout de même des principes comme sa mère. C’est vraiment ce que j’ai aimé, la poigne dans un gant de velours.

Comment t’es-tu préparée pour entrer dans la peau de Gwendolen ?

Au départ, la seule chose que je sais du personnage, c’est ce qu’il dit. Pour tout ce qui est gestuelle à trouver et à incarner par le corps, la robe m’a beaucoup aidé. J’ai un haut baleiné qui automatiquement oblige à une autre stature, je suis beaucoup plus droite, je me suis aussi inspirée des peintures et des photos de l’époque. Quand on cherche à comprendre d’où vient le personnage et quel est l’intérêt de la scène, il y a une autre gestuelle qui s’installe, d’autres regards, d’autres ports de tête.

Tu évoques les costumes, tu peux nous en dire quelques mots ?

Alain Blanchot a exécuté un travail formidable sur les costumes. Il nous a fait deux ou trois propositions, on voyait des croquis et ensuite cela a été conçu sur mesure. Comme le costume est à ma taille, je suis très à l’aise dedans. Ma robe devait être aussi évasée que celle de Cecily,  j’ai demandé à la resserrer un peu au niveau des jambes pour avoir un autre mouvement. Cette manière de marcher avec une petite traîne, de porter des épaulettes, aide formidablement à forger le personnage.

Cette pièce est un succès, que ressent-on en tant que comédienne lorsqu’on collabore à un projet qui marche ?

Ah oui, nous sommes ravis que l’aventure se poursuive. À la base nous avions seize dates d’exploitation. La pièce a été créée au Théâtre des 13 vents en janvier, puis nous avons fait six dates au Théâtre de l’Ouest Parisien début février et Myriam de Colombi a souhaité la programmer au Théâtre Montparnasse. Je suis fière, c’est fantastique de faire plus de  cent représentations, c’est vraiment une superbe aventure.

Si tu devais l’analyser, as-tu une idée de la raison pour laquelle cette pièce plaît au public ?

Je crois que la traduction plaît beaucoup. L’écriture de Wilde est toujours très actuelle, c’est tellement subtil. Cette pièce est très divertissante, on a besoin de ça, elle est à la fois pleine d’esprit et d’intelligence. C’est sans doute ce que le public préfère en ce moment, plutôt que des « mon cul sur la commode » vus et revus. Ici, l’écriture est mise en avant, les quiproquos s’enchaînent à une vitesse folle. Il y a aussi la question comment trouver sa place dans la société, je pense que cela peut interpeller les gens.

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Le Mediateaseur remercie Marilyne Fontaine de nous avoir accordé un peu de son temps.

N’hésitez pas à aller la voir sur la scène du Théâtre Montparnasse dans L’importance d’être sérieux, avant de la retrouver à la rentrée dans d’autres projets que nous évoquerons en temps et en heure.

L’importance d’être sérieux, Théâtre Montparnasse, du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 15h30, jusqu’au 13 juillet inclus, durée 1h45

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