Interview : Michel Aumont

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Nous avons chroniqué ici il y a quelques jours la pièce Mon beau-père est une princesse qui se joue actuellement au Théâtre du Palais-Royal.

Le grand Michel Aumont fait partie de ce casting et j’ai eu le grand plaisir de pouvoir m’entretenir avec lui pour parler de ce spectacle et de son rôle.

Je vous souhaite une bonne lecture en espérant qu’elle soit agréable.

 

 

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Bonjour Monsieur,

Vous êtes actuellement à l’affiche de la pièce Mon beau-père est une princesse, pour commencer, pouvez-vous nous dire comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

J’ai lu la pièce une première fois et  je l’ai trouvé tout de suite très drôle, mais je me suis dit, non, ce n’est pas mon truc, je n’ai jamais fait ce genre de théâtre et je ne vais peut-être pas savoir le faire. J’étais donc un peu réticent. J’ai ensuite vu Didier Bénureau deux fois dans ses one-man-show et je l’ai trouvé formidable, très bon acteur en plus d’être drôle. J’ai pensé que ce gars-là n’était pas mal et qu’il fallait sans doute que je me laisse emporter. Puis le directeur du Théâtre du Palais-Royal a organisé une lecture devant un tout petit comité, les gens ont beaucoup ri et tous m’ont dit « oui il faut le faire, cela peut être bien pour toi et justement ça change un peu de ton répertoire habituel ». J’ai donc accepté et ne le regrette pas.

Effectivement, cela change beaucoup de vos pièces précédentes, c’est une récréation pour vous ?

Oui, d’autant lorsqu’on se souvient notamment des dernières, Le fils de Jan Fose  et Collaboration de Ronald Harwood qui étaient des pièces sérieuses. Dans Collaboration, des scènes pouvaient faire sourire, mais le thème général était évidemment dramatique. Là on se situe vraiment  dans du théâtre dont la seule ambition est de faire rire, c’est très agréable.

On dit souvent que faire rire est plus difficile que le reste, votre jeu de comédien a-t-il changé un peu pour ce genre de pièce ?

C’est ce que je m’imaginais justement. Je me disais que je n’allais pas avoir les codes de jeu pour ce genre de théâtre. J’ai admiré les De FunèsJacqueline Maillan,  les Poiret et Serrault  qui étaient notamment des grands acteurs de boulevard, moi je suis plutôt classique, mais en réalité c’est la même chose. Il faut travailler la sincérité des situations et c’est le même travail pour du Bénureau  que du Shakespeare (Rires). Après pour le spectateur c’est autre chose, selon les goûts.

Vous entendre dire certaines répliques, c’est en effet très drôle du point de vue du spectateur.

Il y en avait d’autres encore plus salées que ça, mais nous les avons coupé car c’était un peu risqué (rires).

À la lecture, ou lorsque vous avez vraiment accepté de le jouer, qu’est-ce qui vous a plu dans ce personnage ?

Déjà il fait beaucoup rire, c’est toujours agréable. Il y a aussi beaucoup de séquences intéressantes à jouer car il est réellement touché et amoureux de son gendre, alors qu’au départ c’est un monsieur très sérieux, sûr de lui et macho. L’évolution est très bien à construire. À la toute fin, ça devient complètement farfelu, mais ça ne fait rien car c’est drôle.

Avez-vous apportez quelques idées de jeu ?

Ça je ne saurais pas vous dire, ça s’est fait au hasard des répétitions  et j’ai sûrement apporté des façons de faire qui m’appartiennent, mais je ne peux pas préciser exactement à quel moment cela s’est fait.

On le répète depuis le début, c’est une pièce très drôle et qui aborde un sujet très présent dans l’actualité : l’homosexualité. Peut-on se permettre de vous demander votre avis là-dessus ?

Je n’ai pas d’avis particulier. Ce que je peux dire, c’est que dès mon enfance j’ai très vite évolué dans le milieu du théâtre, car ma mère était comédienne et je me suis aperçu très vite de la présence de couples homosexuels.  À l’époque, c’est vrai, je le reconnais, on rigolait un peu en les trouvant ridicules. Puis, peu à peu, j’en ai connu d’autres, notamment à la Comédie Française et j’ai vite constaté que c’était des gens souvent talentueux, fins et très artistes. J’ai été amené petit à petit à comprendre qu’un homo c’est l’égal d’un hétéro. Sur le point de la tolérance, là, je suis complètement convaincu. Après, ce qui m’a un peu surpris c’est le mariage, qu’ils réclamaient le mot mariage me semblait un peu bizarre, mais là aussi je suis prêt à reconnaître que j’avais tort et qu’en fait je m’en fous un peu.

Le succès est au rendez-vous depuis les premières dates, vous en êtes heureux en tant que comédien ?

Oui bien entendu (rires).  On est toujours heureux du succès, même si l’on joue un sombre drame, car on le cherche toujours. Il y a des pièces dramatiques pour lesquelles on devine qu’on aura moins de retours de la part du public, car les pleurs s’entendent moins que les rires, donc nous sommes moins inquiets s’il n’y a pas trop de réactions dans la salle. Mais dans une pièce comme celle-ci, si les gens ne riaient pas du tout, on serait catastrophés. Nous sommes heureux de voir que le public répond bien présent pour cette pièce.

Maintenant que vous avez découvert la comédie avec ce personnage, vous envisagez de continuer à l’incarner ?

Ça dépendra du succès justement, je crois que le théâtre souhaiterait que cela dur un peu plus longtemps mais on verra. Moi, s’il y a une prolongation je ne dirais pas non.

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Le Mediateaseur remercie Michel Aumont de nous avoir accordé un peu de son temps pour parler de Mon beau-père est une princesse actuellement au Théâtre du Palais-Royal.

Si vous voulez passer une bonne soirée de rires, nous vous la conseillons vivement.

Mon beau-père est une princesse, Théâtre du Palais-Royal, du mardi au vendredi à 21h, le samedi à 17h et 21h et le dimanche à 15h30.

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