Interview : Quentin Mosimann

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Quentin Mosimann est un artiste au parcours plutôt atypique.

Il en est effet passé des plateaux de la Star Academy aux platines des plus grands clubs en quelques années seulement, et ce, avec une aisance naturelle.

J’ai eu le plaisir de rencontrer ce DJ très sympathique, qui aime vraiment ce qu’il fait aujourd’hui et ça se sent quand on s’entretient avec lui. Il vous a d’ailleurs passé un petit bonjour.

 

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Bonjour Quentin,

Tu as un parcours artistique assez hors norme, tu t’es démarqué dès ton premier album qui était double et un peu conceptuel pour un gagnant de télé-réalité, est-ce toi qui avais fait ce choix de mêler deux styles musicaux ?

Il y a beaucoup de choses à dire et à raconter. Quand j’ai fait mon premier album, la maison de disque était très présente et investie, il fallait être conscient du public qui me suivait à l’époque et du fait que j’allais devoir faire des concessions artistiques et personnelles. Mon idée était de réaliser un double album jazz et électro, chose qui s’est bien passée, on a eu un disque d’or. Le suivant pareil, jusqu’au jour où, je me dis « merde ce n’est pas ce que je veux faire ». Alors oui j’étais décisionnaire sur tout, mais je n’étais pas honnête avec moi-même. Je prenais les décisions en me demandant si je les assumais vraiment au fond de moi. Après, il y a eu ce jour à l’Olympia où j’ai pété les plombs, j’ai pensé que ce n’était pas moi, que je voulais faire de l’électro car j’en avais marre de chanter.

Depuis tu es devenu un DJ reconnu avec ton nouveau single Hello qui vient de sortir (que vous pouvez écouter ici sur notre site), es-tu content de son accueil ?

Nous n’avons pas encore envoyé le titre aux radios et il est déjà diffusé, donc je touche du bois. Il est juste entré dans le réseau des radios et sans qu’on commence la promo, il s’est retrouvé numéro un des téléchargements des radios la semaine dernière. Tout va bien et à lire les critiques sur Internet, on a plutôt un bon accueil.

Es-tu du genre à prêter attention aux critiques ?

Pas du tout. Je suis aux antipodes de tout ça. Si ce sont des gens que j’aime et apprécie, je vais écouter et prendre en compte, si c’est de la critique négative je lis rarement les articles. J’aime bien m’entretenir avec les journalistes, partager, mais ce n’est pas mon truc d’aller voir après les papiers et les réactions. La seule réaction qui m’importe c’est celle du dance-floor.

Ce single Hello est un featuring avec Amanda Wilson, peux-tu nous parler un peu de cette collaboration ?

Amanda Wilson, que j’aime beaucoup, m’a été présentée par Tara McDonald qui est une copine. Elle m’a dit de jeter un œil à ce que faisait Amanda qui venait de terminer le single Seek bromance avec Avicii. Je lui ai proposé des titres et elle les a écoutés en me prévenant que si elle n’aimait pas, elle serait franche. Par chance elle a beaucoup aimé et on a produit le titre ensemble.

Cet album sort dans une dizaine de jours, dans quel état es-tu aujourd’hui ?

Je suis toujours un peu stressé évidemment, mais je me suis battu pour que les gens l’écoutent et pour que ça sorte, donc je suis content et excité. Mon premier album je l’ai fait en me disant « comment faut-il que je fasse pour que ça marche ? », le deuxième je me suis dit « comment faire pour que ça plaise au public ? » et sur celui-ci je me suis posé une question égoïste « comme faire pour que ça me plaise à moi-même ? ». Je n’ai pas la prétention que ça va marcher, j’ai la prétention de croire que ça va plaire aux amateurs d’électro. Ce n’est pas un album rempli de titres commerciaux, ni même pour les radios, à part trois peut-être.

C’est ton premier disque en tant que DJ, penses tu être attendu au tournant ?

Oui je le suis, c’est certain, et je n’ai pas de malaise avec ça. J’avais un peu de mal à assumer en interview les autres albums, là c’est autre chose car c’est moi. On se fout tout le temps des mecs qui parlent de l’album de la maturité, pourtant là vraiment c’est le cas (rires). Je n’ai pas honte d’en parler.

Tu  es notre deuxième DJ en interview après Guena LG, je vais te poser la même question qu’à lui, comment crées-tu tes titres ?

Déjà, Guena LG est un artiste que j’aime énormément. Je produis de la musique pour des artistes hip-hop, urbains, ou encore de variétés françaises et j’ai exactement la même démarche pour tous et pour moi. Je vais en studio, je me mets derrière un piano avec un texte et on choisit des sons différents pour chacun.

On le sait, tu as une base fan solide et un grand public qui te soutient, est-ce que tu constaté une évolution avec celui-ci depuis tes débuts ?

Tout le public qui adorait la télé-réalité, qui était fan de la Star Ac, et qui était plutôt quinquagénaire, clairement, m’a un peu abandonné mais ce n’est pas méchant. Je comprends ce choix, je pense qu’à 50 où 60 ans j’aurais autre chose à foutre que d’aller en boîte de nuit. En revanche, la nouvelle génération qui me suit aujourd’hui n’a pas forcement connu la Star Ac et c’est devenu avant tout des mecs. Ce sont des 15-30 ans qui sont surtout des jeunes producteurs, DJs ou qui aiment beaucoup l’électro.

Tu mixes toute l’année, as-tu déjà joué les morceaux de cet album en club ?

Je le fais avec vice. C’est-à-dire que je les passe très rapidement entre d’autres titres sans rien dire, au final oui je les ai tous essayés (rires). La vraie réaction, je l’ai sous mes yeux.

Tu es reconnu dans ton domaine et tu as gagné déjà de nombreuses récompenses, est-ce que ça te fait vraiment plaisir ou ce ne sont que des mots et des titres ?

Non, tu ne te rends pas compte à quel point c’est incroyable. J’ai eu des disques d’or, mais je n’ai jamais eu de Victoires de la musique ou autres et je n’ai eu que des titres de DJ, c’est génial, j’en suis très fier.

À côté de cela, tu es aussi juré dans l’émission The Voice en Belgique, quels sont tes rapports avec les candidats ?

J’ai fait tellement d’erreurs plus jeune que je tente de leur apporter, via mon expérience, des conseils pour leur éviter ces mêmes erreurs. Ce n’est pas une façon de donner des leçons, mais vraiment de partager avec plaisir. C’est une expérience forte et j’ai appris aussi beaucoup sur moi-même grâce à eux, et ça, on s’y attend moins.

Tu travailles dans l’ombre avec eux ?

J’ai une société de production et je travaille avec certains. J’ai notamment produit le premier album du vainqueur de la saison 1 de The Voice (Ma voie de Roberto Bellarosa NDLR) et j’ai d’autres projets, je ne lâche pas.

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Le Mediateaseur remercie Quentin Mosimann pour sa disponibilité, sa sympathie et sa passion quant à son projet.

Nous avons déjà écouté l’album The 8 Deadly Sins et si vous êtes fan d’électro, ces titres vous feront bouger sans aucun doute.

À noter que le DJ officie également tous les samedis soirs de 20h à minuit sur Fun Radio dans l’émission Fun Party.

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