Interview : Jean-Claude Dreyfus

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Pour la deuxième fois depuis la création du site, nous avons le plaisir de recevoir en interview le grand comédien Jean-Claude Dreyfus.

Notre premier entretien, à lire ou à relire ici, était à propos de la pièce Le mardi à Monoprix. Cette fois, c’est pour évoquer La trahison d’Einstein d’Eric-Emmannuel Schmitt qui se joue actuellement au Théâtre Rive Gauche avec également Francis Huster.

Une rencontre pleine de bonne humeur et d’humour que nous vous laissons découvrir ci-dessous.

 

 

 

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Bonjour Mr Dreyfus,

Vous êtes à l’affiche de La trahison d’Einstein, comment êtes-vous arrivé sur cette pièce ?

Avec ma voiture que je gare en face (rires). Je connais Steve (Suissa NDLR) depuis longtemps, nous avions tourné dans un film ensemble puis nous nous étions perdus de vue. Il est venu vers moi un jour avec Éric Emmanuel Schmitt pour jouer la pièce sur Sacha Guitry (The Guitrys en ce moment au Théâtre Rive Gauche NDLR). Je n’étais pas libre car en tournée avec mon spectacle sur Raymond Devos. Etant seul sur scène depuis cinq ans, j’aurais bien aimé rejouer avec un partenaire en face de moi, mais je ne pouvais pas. C’était un bien pour un mal car Martin Lamotte est très bien dans ce rôle et personnellement j’aurais eu plus de mal à gérer ce personnage. Trois semaines après, les deux mêmes m’ont proposé cette pièce. Ça voulait dire qu’ils voulaient vraiment que je travaille avec eux et ça fait plaisir. On a lu la pièce en fin d’année avec Francis Huster et Dan Herzberg et en voyant notre manière de la lire, Éric Emmanuel l’a un peu réécrite. On a l’impression, en regardant le résultat final, que c’est du sur-mesure alors qu’il ne pensait pas à moi à l’écriture.

Qu’est ce qui vous a attiré sur ce projet que ce soit dans votre personnage ou dans l’histoire ?

Le sujet en lui-même m’intéressait et je sentais que j’allais rentrer dans une espèce de famille de théâtre comme je n’en ai pas eu depuis longtemps. Et puis le fait de rejouer avec Francis, ce que je n’avais pas fait depuis très longtemps. Tout ça combiné, plus le fait que ce soit une belle pièce dans un beau théâtre, je ne pouvais qu’y aller.

Connaissiez-vous bien Einstein avant cette pièce ?

Non, je connaissais comme tout le monde E=MC2 et la fameuse photo où il tire la langue. Et j’ai découvert ici pas mal d’éléments comme le fait qu’il ne portait pas de chaussettes, donc des détails importants (rires).

Vous incarnez un vagabond que vous jouez avec sobriété, avez-vous beaucoup travaillé pour ce résultat ?

J’ai lu ça en effet et moi je ne me trouve pas sobre. C’est vraiment une histoire de vue extérieure, car j’ai l’impression parfois d’en faire des tonnes dans mes réactions. Même si,  en effet, dans ce travail,  nous avons essayé de faire quelque chose de très simple avec des répliques percutantes qui font rire, pour contraster un peu le personnage très tourmenté d’Einstein. Après, c’est vrai que je ne fais pas non plus des tas de mouvements, je dis les choses simplement et ça fonctionne comme ça, donc pourquoi en faire plus ? Surtout que cela demande beaucoup de concentration et je suis déjà assez fatigué comme ça en sortant de la pièce.

Pour incarner au mieux ce personnage, avez-vous proposé quelques idées à l’équipe créative ?

Je propose toujours des choses, je suis quelqu’un de généreux. Certaines ont été acceptées, d’autres non, mais le plus souvent elles l’ont été car c’était des idées formidables (rires).

C’est un plaisir d’avoir Francis Huster comme partenaire ?

L’intérêt de ce duo, c’est que nous venons de deux mondes très différents, lui du classique moi plutôt du baroque, si on peut appeler ça comme ça. Et Francis est tellement gentil, profondément honnête et agréable comme partenaire qu’on joue vraiment « ensemble », nous sommes réactifs et à l’écoute l’un de l’autre. Le carcan du décor et des costumes est toujours le même mais on ne s’ennuie jamais, et on ne se voit pas avant la pièce pour avoir vraiment l’impression de se rencontrer comme pour les deux personnages.

Ce spectacle fonctionne bien, vu de l’intérieur,  avez-vous une petite idée de la raison?

Je pense qu’Einstein intrigue beaucoup. C’est la première fois qu’on met en scène ce personnage avec autant de connaissances et qu’on ne le réduit pas à sa langue ou à sa formule. Il y a donc déjà ceux qui connaissent le savant et qui viennent pour voir ce que l’on en fait, et ceux qui ne le connaissent pas mais qui sont intrigués. Ensuite, il y a les spectateurs qui suivent Francis Huster depuis des années et certains qui me suivent moi et puis il y a le nom d’Éric Emmanuel Schmitt, qui est une pointure de l’écriture et qui attire un public venu  pour l’auteur.

Avec ce succès, j’imagine que j’ai un comédien heureux en face de moi ?

Je suis heureux, mais lorsqu’on fait un spectacle qui fonctionne bien, on ne se fait pas forcément que des copains. Lorsque le spectacle marche moyennement et qu’on invite des gens, ils chicanent en disant oui peut-être, et là je passe mon temps à répondre « désolé je ne peux pas vous inviter ». Ça énerve certaines personnes et ça permet un tri intelligent et naturel parmi les copains. Et bien sûr, je suis très très content, les spectateurs se lèvent presque chaque soir après avoir ri et pleurer.

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Le Mediateaseur remercie Jean-Claude Dreyfus de bien avoir voulu répondre une fois de plus à nos questions. Sa bonne humeur et son humour ont fait de cette rencontre un très joli moment.

Vous pouvez l’applaudir actuellement dans la pièce La trahison d’Einstein au Théâtre Rive Gauche. Informations et réservations en cliquant ici.

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