Interview : La Belle et La Bête

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Jeudi soir, Vincent Niclo a rejoint le casting du musical La Belle et la Bête pour une série de 25 représentations.

C’est une chose qui se produit couramment à Broadway, le temple du spectacle musical, mais pourtant il s’agit d’une première en France. C’est donc devant un parterre de journalistes, de peoples, et de fans que Vincent a endossé le costume de la Bête.

Une première représentation qui s’est très bien déroulée, l’artiste très à l’aise sur scène n’a pas à souffrir de la comparaison, si ce n’est le côté un peu plus lyrique dans le chant.

L’après-midi, les deux artistes principaux étaient en promotion et nous avons eu le plaisir de discuter avec eux de ce changement temporaire de casting.

 

 

 

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Bonjour à tous les deux,

Vincent, vous endossez ce soir le rôle de La Bête pour la première fois, comment vous sentez-vous ?

Je ne me sens pas trop stressé et bizarrement plus en forme qu’hier, et comme quelqu’un qui a beaucoup travaillé mais qui n’aurait pas refusé une petite semaine de travail en plus quand même (rires). On a fait une générale hier qui m’a bien rassuré et je suis épaulé par mes partenaires, donc on va essayer d’offrir le meilleur ce soir.

Marion, comment s’est passé ce changement de partenaire ?

Ça s’est super bien passé et pour moi, c’est intéressant de casser un peu la routine mine de rien, même si je n’aime pas utiliser ce terme au théâtre car il est banni et que l’on se doit de se renouveler tous les soirs. Je prends un réel plaisir à jouer avec Yoni et je découvre le plaisir de jouer avec Vincent.

Il y a longtemps que vous travaillez ensemble pour créer une complicité ?

Vincent : Je suis arrivé sur ce projet il y a cinq semaines et nous nous sommes rencontrés il y a trois semaines. Nous sommes un très jeune couple (rires).

Ce n’est pas votre première comédie musicale, comment avez-vous appréhendé ce nouveau rôle assez différent ?

C’est certainement le rôle le plus difficile que j’ai eu à tenir car je suis un peu hors cadre. J’ai naturellement quelque chose de plus gentleman va-t-on dire et on m’imagine plutôt en Rhett Butler ou en Roméo, de très beau rôles que j’ai interprété, mais beaucoup moins en Bête. Le challenge d’aller là où on ne m’attend pas m’a intéressé. J’aime relever les défis et j’espère réussir à relever celui-là. Plus je me rapproche du côté humain, plus je suis dans mon élément. Tout le début du spectacle en Bête est vraiment le plus difficile, mais le plus excitant.

On pense au fait d’être totalement grimé pendant le jeu ?

Les trois premières fois, on ne comprend pas vraiment ce qui nous arrive, mais honnêtement à la générale d’hier j’ai totalement oublié. Ce que j’aime le moins, ce sont les poils qui s’égarent dans la bouche. Même en se protégeant au maximum, avec les tours de tête ça peut toujours arriver et c’est un peu handicapant.

Marion, vous connaissez bien la manière de jouer de Yoni, avez-vous donné quelques conseils à Vincent ?

Marion : Je trouve que le mot conseil est un peu fort par rapport à ce que j’ai pu lui transmettre. Vincent fait vraiment ce qu’il veut du rôle, je lui ai dit des choses car j’étais présente lorsque Yoni était dirigé par notre metteur en scène créatif, mais Vincent avait la liberté de me dire « non je le ne vois pas comme ça ». C’est pour ça que je n’ai pas eu la sensation de lui donner des conseils.

Vincent : C’est plutôt moi qui lui en ai demandé (rires).

Marion : J’ai plus l’impression de le guider par rapport à moi car j’ai instauré des choses et des automatismes dans ce spectacle. Je ne voulais pas que ces automatismes puissent aller à l’encontre de son jeu et qu’il ne percute pas trop non plus les miens. On a calé nos jeux ensemble et on les a harmonisé au maximum.

Vincent : On a eu peu de temps pour ça donc j’étais preneur de tout pour en faire une synthèse. En répétition, on a travaillé scène par scène et je m’inquiétais toujours de savoir ce qui avait déstabilisé mes partenaires, ce qu’ils avaient trouvé bizarre par rapport à mon jeu ou à mes déplacements. Le manque de temps suscitait ce besoin d’être mis sur un rail.

Vincent, vous êtes le premier invité dans une comédie musicale en France, chose courante à Broadway, en êtes-vous flatté ?

Je suis flatté mais pas pour mon égo. Nous en avons beaucoup parlé avec Yoni, car nous sommes les premiers à essuyer les plâtres, alors que c’est monnaie courante à Broadway ou dans le West End. C’est bien, car ça permet de prolonger la durée de vie d’un spectacle et, lorsqu’on sent qu’il se met à fonctionner un tout petit peu moins, de faire appel à quelqu’un dans la lumière pour injecter une bulle de nouveauté et de fraicheur. Ça commence à se faire à Paris et c’est bénéfique pour tout le monde. La Bête, c’est évidemment Yoni et ça le restera car c’est lui qui l’a créé à Paris.

Marion, vous aimeriez-vous laisser votre rôle pour quelques représentations ?

On ne va pas exagérer, je ne vais pas dire « oui remplacez-moi » (rires). En revanche, et d’ailleurs il en a été question à un moment, cela pourrait m’arriver et je le ferais avec tout mon cœur. Ce n’est jamais facile de laisser sa place, ce n’est pas que de l’égo, même s’il y en a une grosse part, on ne va pas se mentir, mais nous fournissons un travail très intense depuis le 23 août, depuis le début des répétions. C’est un travail quotidien, une hygiène de vie, on ne vit que pour le spectacle et on s’est approprié le personnage, mais un rôle  n’appartient jamais à personne. Si jamais une personne vient à me remplacer, je l’accueillerais avec beaucoup de sympathie et tenterais de la guider au mieux. Après, je serais malhonnête de prétendre vouloir que  cela arrive (rires). Je suis très heureuse d’être à ma place.

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Le Mediateaseur remercie Marion Taris et Vincent Niclo de nous avoir accordé un peu de temps en toute décontraction lors de cette journée marathon.

Pour découvrir Vincent Niclo dans le rôle de La Bête, rendez-vous au Théâtre Mogador jusqu’au 3 mai, pour connaître ses dates de présence, rendez-vous ici. Le musical, lui, est programmé jusqu’au 27 juillet 2014.

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