Interview : Sébastien Giray

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Peut-on rire de tout avec tout le monde ? Voilà une éternelle question à laquelle je réponds oui si c’est bien fait.

Et c’est pour cela qu’hier soir, à La Comédie Contrescarpe, nous avons vraiment beaucoup ri en assistant au spectacle de Sébastien Giray, intitulé Profils Inquiétants. Les personnages sont tous plus misogynes, de mauvaises fois, racistes, obsédés les uns que les autres, et il n’y en a pas un que l’on n’aime pas.

Ce sont les petits travers des gens et la part d’ombre qu’il y a en nous que Sébastien voulait dépeindre, sans jamais vouloir être méchant. Et le pari est réussi, l’écriture est ciselée et on ne sait jamais ce que sera la prochaine blague, ou ne serait-ce que la fin de la phrase.

Chaque réplique fait mouche, les gens dans la salle rient sans retenue et c’est la meilleure preuve d’un grand talent. Pour ne rien gâcher, en plus de l’humour, Sébastien est plutôt beau gosse et mesdemoiselles (et certains messieurs aussi) vous ne devriez pas être déçus du final. Autre bon point, Sébastien est également très sympathique, et il nous a accordé une petite interview après le spectacle que vous pouvez découvrir ci-dessous.

Bonne lecture.

 

***** 

 

Bonjour Sébastien,

Pour commencer, peux-tu te présenter aux lecteurs en quelques mots ?

Alors, en quelques mots, mon nom c’est Sébastien Giray et je joue à la Comédie Contrescarpe mon beau spectacle qui s’appelle Profils Inquiétants du  mercredi au samedi à 19 h. Je suis humoriste comédien ou comédien humoriste, comme vous voulez, et puis, j’essaie de faire un peu rire les gens. Et j’ai 27 ans… et bientôt 28 (rires).

Tu utilises beaucoup la première personne du singulier. Est-ce que le spectacle est autobiographique ? Est-ce qu’il y a une part de réel ?

Oui, bien sûr, il y a de la part de réel. Ce qui est intéressant, c’est justement de savoir ce qui est réel, et ce qui ne l’est pas. Parce que, ce qui est réel, et qui est un petit peu particulier et amusant,  n’est pas forcément toujours exagéré. Donc c’est pour ça que c’est amusant, parce que j’ai eu quelques expériences qui sont drôles à raconter sans les exagérer. Il y a d’autres choses qui sont fausses ou d’autres choses qui sont amplifiées, mais ce que j’aime bien, c’est justement que les gens ne savent pas si ça, c’est vrai ou ça, c’est pas vrai. C’est ça qui est intéressant.

Tu as écrit ce spectacle tout seul. C’est en observant les gens ? C’est beaucoup de temps d’écriture ?

Oui, évidemment, c’est en observant les gens, mais c’est un travail qui est 24h/24, c’est-à-dire qu’en fait, on a l’impression qu’on fout rien mais on est en perpétuelle observation de ce qui nous entoure. J’ai un dictaphone comme le tien, et dès que je vois quelque chose, dès que je pense à quelque chose, dès qu’il y a une situation, dès que j’entends un ami qui me donne une connerie, quelqu’un dans la rue qui me dit une connerie, un truc qui pourrait être drôle placé quelque part, n’importe quoi, j’enregistre tout de suite, systématiquement. Donc, je ne me pose pas devant une feuille à essayer de créer des choses, ça, c’est un autre travail et ça m’arrive plus rarement. Pour écrire un spectacle comme ça, moi je cumule dans mon dictaphone plein de choses intéressantes, je fais un lien et après je brode un petit peu autour et ça se passe comme ça. Donc, en fait, au final, le temps d’écriture n’est pas si long, disons que tu cumules au fil des mois, et quand tu vides ton dictaphone, tu as une matière première assez importante déjà.

Le spectacle est assez orienté sur le sexe et plutôt cynique. Tu as réussi facilement à le proposer à une salle ?

Oui, oui. La première fois qu’on m’a donné ma chance, ils n’avaient pas vu tout le spectacle. Mais au début, il était moins sexuel, on va dire, il y avait un peu moins de sexe. Et petit à petit, je me suis laissé aller, je me suis rapproché de moi-même dans le spectacle. Moi, je suis assez obsédé, j’aime le sexe et puis j’aime bien rire du sexe. Mais il n’y a pas que ça, évidemment. Mais il y en a un petit peu placé comme ça par ci par là. Et le coté cynique, c’est ce qui me fait le plus rire parce qu’en fait, c’est à l’opposé de ce que je suis dans la vraie vie. Je suis quelqu’un de gentil, j’aime les gens, j’aime être gentil, aider si possible, sourire. Vraiment les méchants m’énervent et j’aime les gentils pour caricaturer. Et du coup, dès qu’il faut jouer un personnage odieux, quelqu’un d’insupportable, tout de suite, c’est ce qui me fait le plus rire, parce que c’est tellement à l’opposé de moi, c’est tellement inconcevable d’être comme ça pour de vrai, que je prends plaisir à m’imaginer des personnages plein de vices et atroces.

Est-ce que tu te dis que parfois tu vas trop loin ? Tu t’es fixé des limites, des freins dans l’écriture ?

Non, parce que tu ne vas jamais trop loin si tu le fais bien, si c’est bien tourné, bien amené. Moi, je pense que c’est ça la limite, ce n’est pas le fond de la chose, c’est la façon dont tu le dis.

D’où vient l’idée du final ?

Alors, le final, c’est mon personnage de Mister Franche-Comté, Dylan, qui tente de s’imposer dans le spectacle, tout au long du spectacle en fait. Il veut absolument remporter ces élections de Mister France. Pour lui, ce qui compte, c’est vraiment le superficiel. C’est quelque chose d’important, dès qu’il revient, il prend possession de moi une deuxième fois. Et à la fin, il fait cette danse, une troisième fois, parce que c’est son argument le plus fort pour remporter ces élections de Mister France. Mister Franche-Comté, c’est vraiment le summum du superficiel. Rien qu’une élection de beauté, Mister et Miss France, déjà c’est un petit peu bizarre. Voilà, je voulais vraiment aller jusqu’au bout de la chose.

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Et au bout de la chose, Sébastien Giray y va, croyez-nous. Et comme le dirait Pierre dans Le Père Noël est une ordure : N’y voyez pas le fantasme de l’homme, mais le délire de l’artiste !

Merci encore à Sébastien pour nous avoir accordé un peu de temps après la représentation. Courez-vite à La Comédie Contrescarpe découvrir Profils Inquiétants, c’est l’un des spectacles à voir en ce moment, et c’est du mercredi au samedi à 19h.

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