Interview : Vincent Heden

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Nous vous proposions ici il y a peu notre chronique sur Frankenstein Junior qui se joue actuellement au Théâtre Déjazet.

Le rôle principal du Docteur Frédérick Frankenstein est tenu par Vincent Heden, un artiste très sympathique et disponible. C’est quelques jours après avoir assisté à l’une des représentations que j’ai eu le plaisir de discuter avec lui du spectacle et de son rôle à moins de 2 heures du début du show.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de cet entretien.

Bonne lecture.

 

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Bonjour Vincent,

Vous interprétez le Docteur Frédérick Frankenstein dans Frankenstein Junior, pouvez-vous nous dire tout d’abord comment vous êtes arrivé sur ce projet ?

Alors ça faisait longtemps que j’entendais parler de ce projet qui devait arriver à Paris, mais je vous avoue qu’à aucun moment je m’étais projeté dans aucun des rôles. J’avais en mémoire le film de Mel Brooks mais je ne pensais pas qu’il y avait un rôle pour moi. C’est le metteur en scène, Ned Grujic, qui m’a appelé un jour, on s’était parlé pour d’autres projets, et il m’a dit « Je pense que tu es Frankenstein donc si tu as envie lançons-nous dans l’aventure ». Donc voilà, c’est grâce à Ned que je me suis retrouvé sur ce projet et j’en suis très heureux, et maintenant je me dis que je ne vois pas qui d’autre aurait pu jouer ce rôle (rires).

Vous aviez en mémoire le film, l’univers de Mel Brooks, c’est quelque chose dont vous étiez assez fan à la base ?

Je connais bien l’univers de Mel Brooks. J’aime beaucoup, je ne suis pas fanatique, car je me sens rarement fanatique de quoi que ce soit, mais je connaissais quand même bien Les Producteurs, le film d’origine, le spectacle et le film tiré du spectacle.

Aviez-vous essayé de savoir comment allait être l’adaptation française avant de dire oui ?

Je ne me suis pas posé la question. Comme je savais que Stéphane Laporte allait faire l’adaptation pour la version française, je savais que ça allait être très proche, délirant, avec une musique très Broadway classique, à priori tout ce qui me plait, donc je ne me suis pas posé la question à ce niveau-là. Et puis Ned à la mise en scène, tout ça me suffisait pour me lancer allègrement dans l’aventure.

Maintenant que vous prêtez vos traits à ce personnage, qu’aimez-vous le plus en lui ?

J’ai envie de dire tout. Sa démesure me plait beaucoup, sa naïveté, sa sincérité, ce n’est pas quelqu’un qui manipule les gens, au contraire il se fait manipuler tout au long de la pièce. Lui est honnête, premier degré et très touchant, c’est ce que j’aime beaucoup chez lui, et puis son décalage, son hystérie, tout ça, c’est un délice à jouer.

Avez-vous eu l’envie ou l’occasion de donner votre avis ou des idées sur la manière de l’interpréter ?

Oui, c’est le cas de tous les comédiens sur ce spectacle. Il y a eu vraiment un échange avec le metteur en scène qui avait des idées bien précises au départ, le texte évidemment et l’adaptation, et là dessus on a toujours, dès le premier jour, échangé nos points de vues, nos idées, vu ce qui était possible, pas possible etc. Même maintenant ça continue, c’est un spectacle qui demande beaucoup de précision et donc il ne faut surtout pas se relâcher, ni déborder, mais en même temps de se renouveler toujours de l’intérieur pour que ça reste très sincère et que ça ne devienne pas mécanique. Comme nous on change et qu’on approfondit notre connaissance des personnages et de la pièce, ça nous demande parfois de tester de nouvelles choses pour voir si elles fonctionnent, de demander à Ned ce qu’il en pense, notre ressenti avec les partenaires. Ca aussi, c’est très enrichissant.

Vous n’en êtes pas à votre première comédie musicale, est-ce que celle-ci a quelque chose de différent pour vous ?

Elles ont toutes plus ou moins quelque chose de particulier, on a toujours des points marquants dans nos carrières. Définitivement Frankenstein Junior sera un point marquant pour moi comme a pu l’être Tintin et le Temple du Soleil qui s’était joué à Charleroi ou Jésus-Christ Superstar, Panique à bord, et j’en oublie. Mais oui celle-ci fera partie des points très fors pour plein de choses, pour le spectacle, pour le rôle, pour la troupe.

Vous parlez de la troupe, connaissiez-vous certains de vos collègues avant de commencer à jouer ensemble pour le spectacle ?

Alors moi je fait partie un peu des « vieux » de la comédie musicale donc il y en a plein de la nouvelle génération que je ne connaissais pas du tout. Sur ce spectacle, je connaissais Valérie Zaccomer (Frau Blücher), et j’avais entendu parler de Gaëlle Pinheiro (Elizabeth), mais je ne connaissais pas Zacharie Saal qui joue Igor, Camille Glémet qui joue Inga, mon assistante. J’avais quelques connaissances aussi dans l’ensemble mais il y avait beaucoup de nouveaux et ça aussi, c’est bien. On est confrontés à de nouvelles personnalités, de nouveaux talents, donc c’est parfait.

Il y a une bonne ambiance sur scène et vous prenez plaisir à jouer ce personnage, j’imagine que vous aimeriez pouvoir continuer après le 8 janvier, date de la dernière ?

Bien sûr, on aimerait. En plus la rencontre avec le public se fait un peu tard, c’est une petite production qui n’a évidemment pas les moyens d’une grosse médiatisation comme d’autres productions qui se jouent en ce moment, et donc la rencontre s’est faite grâce au bouche à oreille. Notre période d’exploitation n’est pas si longue que ça et là on sent que les dernières semaines vont être assez complètes car c’est un spectacle qui plaît beaucoup. Alors évidemment on aimerait tous prolonger, ou reprendre, ou partir en tournée et prolonger cette rencontre avec le public. Nous sommes très fiers de ce spectacle et l’ambiance est toujours au rendez-vous.

Vous avez déjà d’autres projets, vous, après Frankenstein Junior ?

Des projets, oui, toujours et heureusement, c’est ce qui nous fait vivre. Après vous dire ce qui va se passer pour moi après, je ne sais pas. Mais c’est aussi ça que j’aime.

Avant de vous laisser, nous sommes à à peine 1h30 du début du spectacle, comment vous sentez-vous là ?

Je suis heureux d’être arrivé au théâtre, je vais pouvoir laisser ma journée derrière moi, me préparer tranquillement, retrouver mes amis, et puis me dire que j’ai encore ce soir la chance de jouer ce merveilleux personnage dans ce merveilleux spectacle et avec ces très bons partenaires.

L »angoisse » monte un peu pendant la préparation ?

Le trac oui, il monte doucement, selon les soirs, ce n’est pas le même, il est plus ou moins intense. Je ne sais jamais à l’avance ce qui va se passer, il suffit par exemple qu’on nous dise qu’il y a telle ou telle personne dans le public, ou que l’on change un tout petit quelque chose sur scène à cause d’un problème, on est dans un état qui fait que l’adrénaline monte, mais encore une fois, ça fait partie du jeu et c’est très bon.

Le Mediateaseur remercie une fois de plus Vincent Heden pour sa gentillesse et le temps qu’il nous a accordé avant d’aller se préparer. Frankenstein Junior se joue encore jusqu’au 8 janvier et nous ne pouvons que vous conseiller de vite prendre vos places, vous ne le regretterez pas.

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