Interview : Serena Reinaldi

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Je vous annonçais ici lors de ma critique de la BD Adam & Eve que Serena Reinaldi serait bientôt notre invitée.

Et bien c’est aujourd’hui que je vous propose de découvrir notre entretien qui s’est déroulé il y a quelques jours dans un café. Très sympathique et disponible, Serena a fait de ce rendez-vous plus qu’une interview, mais un vrai dialogue entre amis.

Nous avons parlé de la création de la BD et de la méthode de travail avec son compagnon Christophe Alévêque et le dessinateur Du Vigan. J’espère que ça vous plaira.

Bonne lecture.

 

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Bonjour Serena,

Pour commencer, est-ce que tu peux nous dire un peu comment vous est venue l’idée de faire cette BD ?

On était en pleine création de la pièce Ciao Amore qui s’est jouée à La Gaité Montparnasse en 2009. L’éditeur Hugo & Cie, qui avait déjà travaillé avec Christophe, est venu voir la pièce et nous a dit « mais pourquoi vous ne feriez pas un truc sur le couple, par exemple une BD ? ». Nous étions un peu trop dedans donc on ne voulait pas devenir des experts du couple. Et puis finalement, on a eu une idée de ce Dieu qui fait une sélection naturelle par laquelle on fait taire toutes les disputes depuis des siècles entre la religion et la science. Les 2 ont toujours eu des problèmes sur l’origine et bien nous, on a résolu le problème (rires).

Elle est venue rapidement cette « révélation » ?

L’idée est venue assez rapidement, oui. On ne voulait pas créer de polémique sur la religion, etc… Surtout pas ! Les couples, on les a appelés les riches, les pauvres et les bobos, pas pour critiquer, mais c’est justement car on pense que c’est en arrivant à l’archétype qu’on peut toucher des sujets délicats. Et puis par ce biais d’extrêmisation ça passe mieux que si on était dans le réalisme. Dieu est arrivé de suite, un Dieu dépassé qui arrive, se retrouve avec Eve et Adam, et Eve qui ne veut pas coucher avec Adam en se disant « c’est qui celui-là ? C’est mon frère ? Mon oncle ? Mon copain ? ».  Du coup Dieu a foiré et c’est là qu’il donne vie au projet Eden Ville, une sorte de laboratoire.

Comment s’est passé le travail entre vous pour écrire le scénario ?

En fait ce qu’il s’est passé, c’est qu’on se donnait des rendez-vous précis même à la maison, ce qui était très drôle, car on a vraiment essayé de diviser notre vie personnelle du boulot. On échangeait des mails quand Christophe n’était pas là et on se retrouvait très proches toujours de la même pensée. Et en plus ça a renforcé notre complicité.

Il y a un peu de vous dans les histoires qui arrivent à ces couples ?

Ce n’est pas une BD autobiographique, mais il y a plein de choses qu’on a vraiment vécues et puis on a fait des clins d’œil dédicacés aux couples qu’on connaît aussi sans forcément dire qui c’est (rires).

Combien de temps cela vous a pris à peu près pour la création de ce tome ?

C’était un travail intense car on avait une deadline assez précise. Je pense qu’on a travaillé dessus entre 4 à 6 mois. Je te dis 6 mois car, une fois qu’on a rencontré Du Vigan, le dessinateur que l’éditeur nous a présenté, il a fallu travailler sur les personnages, le découpage des scènes.

Cette rencontre et la collaboration se sont bien passées ?

Ecoute, super. On s’est tout de suite retrouvés sur les mêmes idées, ce qui n’était pas évident car dans notre scénario nous ne sommes pas politiquement corrects, ni consensuels, et Du Vigan était dans le même esprit, donc ça a facilité énormément. Et j’ai été scotchée, car moi en tant que fille, je peux être casse-couilles, j’avais une idée précise des personnages, et lui, très patient, a réussi à traduire toutes mes envies. C’était extraordinaire et cette BD, c’est vraiment un travail à 3.

J’imagine que tu es impatiente de la sortie maintenant ?

Oui et non car je me dis Inch’Allah. J’étais plus impatiente de voir le résultat final car c’est surprenant d’avoir sa première BD terminée entre les mains. Car en plus les planches que le dessinateur t’envoie ne sont pas coloriées, ça se fait vraiment à la fin. La vision finale a été un choc car j’étais fière de moi et touchée.

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Le Mediateaseur remercie une fois de plus Serena Reinaldi pour le très agréable moment qu’elle m’a fait passer et pour le souvenir de cette rencontre que je garderais longtemps en mémoire.

Adam & Eve est paru hier aux éditions Hugo BD et si vous aimez ce qui n’est pas politiquement correct, je vous la conseille vivement.

Et pour celles et ceux qui seront au Festival Off d’Avignon, le couple se produira tous les soirs du 7 au 28 juillet sur la scène du Théâtre du Chien qui Fume pour jouer Ciao Amore.

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