Interview : Nicolas Pothier

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Il y a quelques jours, nous vous présentions ici le tome 1 de Walhalla que nous avions vraiment apprécié.

Son scénariste, Nicolas Pothier, à a bien voulu prendre du temps pour répondre à mes questions sans langue de bois concernant la création de cette BD et une petite comparaison avec une autre saga.

Un entretien à lire ci-desosus, en espérant que vous le trouviez intéressant.

 

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Bonjour Nicolas,

Vous êtes  le scénariste de la BD Walhalla  qui se passe dans l’univers des vikings, pouvez-vous nous dire comment vous est venue cette idée de thème ?

Alors pour être totalement honnête, Walhalla est venu à un moment où je pensais que Ratafia allé s’arrêter. Mon éditeur chez Glénat, m’a dit que ça serait bien de commencer à penser à une autre série dans le même style. Il me fallait donc retrouver l’équivalent un peu des pirates mais sans être des pirates, j’ai donc pensé aux vikings. Et comme Ratafia c’est décoincé pendant l’écriture de Walhalla, j’ai plutôt axé cette dernière sur un côté aventure pour garder le côté absurde et plus délirant pour Ratafia.

Le fait qu’on vous propose de créer quelque chose dans la même veine, n’est-ce pas un peu frustrant pour un scénariste ?

Alors ça c’est une bonne question, que je me pose justement. À savoir est-ce que je ne vais pas m’enfermer dans ce type de projet et en même temps, j’ai envie de répondre chasser le naturel, il revient au galop. Je ne me force pas, et c’est assez naturel pour moi de faire ce genre d’humour hérité des BD que je lisais quand j’étais gamin. En même temps, j’essaye aussi de réfléchir à d’autres projets, c’est pour ça que j’ai fait Revanche chez Glénat qui n’avait vraiment rien à voir  et j’ai fait aussi un western avec Brüno (série Junk NDLR) ou la non plus je n’étais pas dans le même registre.

Pour cette BD, vous avez fait un peu de recherche sur cet univers des vikings ?

Non (rires).  Je ne me suis vraiment pas documenté là-dessus, j’utilise les vikings en tant que cliché en fait. Et là où je les détourne, c’est lorsque je les fais vouloir chercher une terre plus au sud alors qu’ils vivent dans le nord. Après, ce n’est pas dit que Marc (Lechuga NDLR), lui ,n’en est pas fait pour dessiner les drakkars ou certains vêtements.

Une fois l’idée trouvée, savez-vous à peu près combien de temps vous a prit l’écriture du scénario ?

Non, je sais que le projet nous avons mis à peu près deux ans à le faire, car Marc n’est pas dessinateur professionnel et à un travail à côté. J’ai donc travaillé différemment, et lorsque je savais qu’il me livrait cinq planches, j’écrivais les cinq suivantes. Je ne lui ai pas fourni un scénario tout fini pour qu’ils se débrouillent ensuite.  Et donc je n’ai vraiment aucune idée du temps que j’ai mis pour l’écrire mais c’était un projet très long. Pour le tome deux ce sera plus court car on espère le finir d’ici un an et demi.

La suite est déjà dans un coin de la tête donc ?

Oui, j’ai déjà l’idée et quelques scènes. Mais là j’écris le nouveau Ratafia et je commencerai donc l’écriture du tome deux cet été je pense.

Peut-on déjà avoir une idée directrice de la suite ou est-ce trop tôt ?

La suite en fait, ils vont continuer vers le sud et après les Écossais, je pense qu’on va aller en Angleterre et je ne peux pas trop en dire plus.

Depuis sa sortie ce premier tome reçoit très bon accueil, en êtes-vous content ?

Il n’y a pas encore de chiffres de vente car c’est beaucoup trop tôt, mais effectivement on a senti que les gens qui l’avait lu l’avais vraiment bien aimé. Marc à un dessin très accessible et dynamique et je pense qu’il y ait pour beaucoup dans ce succès. On espère donc que le bouche-à-oreille va bien fonctionner car ce n’est jamais simple le lancement d’une nouvelle série. Donc dans l’ensemble, oui on est content que ça marche (rires). D’autant que si  le tome 1 ne fonctionne pas, cela arrête tout de suite la série.

Avec justement votre humour et les jeux mots que vous évoquez plus haut, plus le côté village, j’ai pensé évidemment un peu à Astérix  est-ce que c’est une inspiration pour vous ou au contraire vous préférez qu’on ne fasse pas de parallèle ?

Il y a deux soucis par rapport aux parallèles. Comment dire, si on me dit que ça fait penser à Goscinny forcément c’est extrêmement flatteur, je n’imagine même pas lui arriver à la cheville. Et en parlant comme ça, je pense que certains lecteurs seront déçus et trouveront que c’est du sous-Astérix, et je n’arrive pas trop à savoir si c’est un bienfait ou un mal. Après, avec Marc, nous ne pouvons pas nier notre amour pour Uderzo et Goscinny et dire que nous n’avons jamais lu un Astérix (rires), on peut dire, si on veut, que c’est une sorte de cousinage comme il y en a eu beaucoup dans la BD. Après, on va vraiment se démarquer avec notamment le village qui suit les aventures de ces héros via le tube et ça, ca n’existe pas dans Astérix, quand le héros partait on suivait que les aventures du héros.

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Le Mediateaseur remercie Nicolas Pothier de nous avoir accordé un peu de son temps, les invités du monde de la BD se font rare et c’est toujours un plaisir lorsqu’ils acceptent nos propositions. Le tome 1 de Walhalla paru chez Treize Etrange est toujours disponible en librairie et nous vous invitons à plonger dedans sans plus attendre.

2 thoughts on “Interview : Nicolas Pothier

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