Interview : Steve Suissa

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Steve Suissa, nous en parlons souvent sur le site au travers de son travail sur les pièces du Théâtre Rive Gauche.

Actuellement à l’affiche du film Victor Young Perez aux côtés de Brahim Asloum, il a accepté de répondre à nos questions sur ce long-métrage, ainsi que sur une de ses facettes moins connues en tant que metteur en scène.

Nous espérons que cela vous plaira.

Bonne lecture,

 

 

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Bonjour Steve,

Vous êtes à l’affiche du film Victor Young Perez actuellement au cinéma, comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

J’avais travaillé sur le scénario de ce projet il y a une dizaine d’années et ça ne s’était pas fait. Lors de ma mise en scène d’Anne Franck au théâtre, la productrice du film est venue voir la pièce et a voulu me faire passer le casting pour jouer le frère du héros. J’ai trouvé que c’était un signe incroyable, je l’ai fait et ils m’ont choisi. Je trouvais les personnages tellement forts et humains que je m’y suis jeté.

Vous connaissiez donc déjà bien la vie de ce boxeur ?

Je connaissais la vie de cet homme par cœur. Il y a des destins qui vous servent d’exemple et je peux dire que Victor Young Perez a une âme et a eu un destin dont je me sens particulièrement proche.

L’univers de la boxe vous est familier me semble-t-il ?

Oui, j’ai boxé pendant neuf ans, c’est un univers que je connais bien. C’est une métaphore que j’aime beaucoup par rapport à celle de la vie car je trouve que la vie est un combat de boxe.

Vous incarnez le frère de Victor, pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre personnage ?

Benjamin Perez est un jeune juif tunisien qui a rêvé d’être boxeur et qui se casse la main à deux minutes du Championnat de Tunisie. Pour prendre sa place, il préfère que ce soit quelqu’un qui porte le même nom que lui, c’est-à-dire son frère. À partir de ce moment-là, son destin va se transformer en sacrifice. Il va accompagner son frère jusqu’au bout pour qu’il devienne une étoile. C’est un personnage très touchant, il rêve d’être fort alors qu’il est fragile, d’être champion alors qu’il a un cœur à penser aux autres avant de penser à lui-même. Il est tout le contraire de moi dans la vie et j’ai trouvé ça intéressant de jouer quelqu’un de timide, fragile et réservé.

Et sur le film en lui-même ?

C’est un cadeau. J’espère qu’il va marcher, rencontrer un maximum de public et que les gens vont avoir envie de le voir. Ce n’est pas une comédie ni un film branché, c’est un film nécessaire car même si l’histoire est tragique, c’est un film d’espoir qui montre que quand on veut, tout est possible. Dans la période qu’on traverse en ce moment, je trouve que ce film véhicule des valeurs importantes.

Vous avez une autre casquette qui est celle de metteur en scène. Pouvez-vous nous raconter le cheminement de votre travail sur un nouveau projet ?

Je reçois le texte d’abord. J’y travaille beaucoup seul, j’y réfléchis, j’en parle avec mon décorateur, avec le créateur lumière et avec le chef costumier.  Une fois que j’ai mes acteurs, j’organise des lectures, je vois dans quel état ils arrivent, il y a ce que j’ai dans la tête et ce qu’ils me donnent eux. J’essaie de créer une cohérence et un équilibre avec tout ça. Dans la forme, j’essaie de mettre en scène un théâtre comme j’aimerais le voir, avec de la musique, des images, un bon son, des costumes qui portent les personnages et un respect du texte, des dialogues et de l’auteur.

Vous écoutez beaucoup l’avis des comédiens ou de votre équipe ?

Enormément. Leur point de vue m’intéresse beaucoup car c’est un travail d’équipe et une confrontation d’idées. Ce ne sont pas des métiers que l’on peut exercer tout seul, si quelqu’un pense ça, il se trompe. C’est un vrai travail de symbiose.

Vous montez beaucoup de pièces au Théâtre Rive Gauche, pensez-vous que connaître la salle et son public aide un peu pour faire naître les idées ?

Je ne pense pas que ça aide plus qu’ailleurs, la seule chose, c’est qu’au fur et à mesure, on travaille avec des gens en qui on a confiance, donc on va de plus en plus loin. Si je collabore beaucoup avec ce théâtre, c’est parce que tant que ça se passe bien on continue.

Pensez-vous qu’il y a une marque Steve Suissa dans vos créations ?

C’est ce qu’on me dit de plus en plus et j’en suis très fier. Il paraît que lorsqu’on voit une de mes pièces, même sans le savoir on reconnaît la pâte. C’est une façon d’être singulier et j’adore cette idée.

Une singularité justement, c’est de travailler souvent avec Francis Huster, là aussi, quand on connaît bien le comédien, est-ce plus simple de se dire les choses, ou à l’inverse cela se complique ?

J’adore les choses qui durent. J’aime les histoires d’amour qui durent, les succès qui durent et j’aime les collaborations qui durent. Le rapport que j’entretiens aujourd’hui avec Huster, c’est un rapport d’une honnêteté artistique totale. Pendant les répétitions, on va jusqu’au bout lui et moi, et j’espère que ça durera encore longtemps car c’est formidable.

Vous collaborerez à nouveau ensemble pour La trahison d’Einstein prochainement à l’affiche, pouvez-vous nous dire quelle sera l’atmosphère de la mise en scène ?

On sera sur une île avec des vrais roseaux, au milieu de rien, avec de l’eau et du sable et un paysage qui évolue. Ce sera la confrontation de deux hommes, l’un qui semble tout avoir, Einstein, et un vagabond qui a perdu son fils pendant la guerre. On s’apercevra que, même à travers les plus grands destins, la seule chose qui compte c’est d’avoir foi en la nature humaine.

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Le Mediateaseur remercie Steve Suissa pour cet entretien.

Le film Victor Young Perez est toujours à l’affiche au cinéma, vous pouvez découvrir ses mises en scène comme L’affrontement ou The Guitrys au Théâtre Rive Gauche. Accédez au site du théâtre en cliquant ici.

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