Interview : Corinne Devillaire

corinne-devillaire-interview-mediateaseur-home1

Nous chroniquions ici il y a quelques jours le premier roman de Corinne Devillaire intitulé C’est quoi ce roman ? paru aux éditions Thierry Marchaisse.

L’ayant bien apprécié, et étant curieux de nature, nous avons voulu discuter de sa création avec l’auteure, chose qu’elle a acceptée facilement. Un entretien bien sympathique à lire ci-dessous.

Bonne lecture,

 

 

 *****

 

 

Bonjour Corinne,

Vous venez de publier votre premier roman qui reçoit un bon accueil, en êtes-vous heureuse ?

Pour l’instant je n’ai eu que des bons retours. Je ne m’attendais à rien du tout, car je suis d’un naturel plutôt pessimiste et donc je suis très contente de ce qui se passe.

Il y a longtemps que vous aviez envie d’écrire ?

J’ai cette idée depuis toute petite, mais avoir envie est une chose, et s’y mettre un beau jour en est une autre. Je suis arrivée à un moment où il fallait le faire car je ne pouvais plus attendre.

Comment vous est venue l’idée de ce livre ?

Depuis longtemps, je voulais raconter une histoire d’amour entre une très jeune fille et un homme beaucoup plus âgé qu’elle, et il fallait que quelque chose de fort interdise cette relation. En mûrissant cette idée, je me suis dit qu’il fallait se polariser sur des interdits soit de la société, soit de la famille, et je ne voulais surtout pas parler de l’inceste car ce n’est pas du tout mon propos.

Est-ce qu’il y a éventuellement un message que vous vouliez faire passer avec cette histoire ?

Ce serait un peu exagéré d’affirmer ça, mais s’il y avait quelque chose à faire passer, c’est que là, il s’agit d’une passion amoureuse, un peu spéciale certes, mais comme dans toutes passions, il n’y a plus de règles qui vaillent. Il faut retenir qu’il n’y a vraiment plus aucune limite, ni aucune règle ou morale quand on est dans une logique de passion amoureuse.

Une fois cette idée de base, le reste est venu facilement ?

Ce qu’il y a autour, ce n’est pas la première chose que j’ai « trouvé ». La toute première chose qui m’a intéressée était de raconter l’histoire, quelle qu’elle soit, de façon complètement éclatée. Je voulais la raconter d’une façon non chronologique, éventuellement en prenant connaissance de la fin dès le début, et dont on pourrait remonter à l’envers tous les aboutissants. Pas du tout dans une logique inversée, mais dans une structure éclatée comme un puzzle. Je voulais m’amuser avec le lecteur, que ça lui demande un petit effort de lire le livre pour recoller cette histoire éparpillée.

L’histoire a-t-elle été écrite dans l’ordre où le lecteur la découvre ?

Pas du tout (rires). Elle a été construite comme un puzzle. Pour l’exemple, la toute première scène écrite est celle dans la voiture entre Clotilde et Robert, et elle se situe à quelques pages de la fin. J’ai tout écrit dans le désordre, même si à certains moments du processus, il est arrivé que, sur deux ou trois passages, les choses soient écrites dans l’ordre qui est celui actuellement dans le livre.

Cette manière d’écrire a-t-elle influencé l’évolution du caractère des personnages au fil de l’histoire ?

Le personnage de Malou est celui qui a le plus évolué en cours d’écriture. Au début, elle était beaucoup moins égocentrique et irritante. Les personnages sont un peu comme des marionnettes, au début elles tiennent encore aux ficelles et on en fait un peu ce qu’on en veut, et puis, plus on écrit, plus les marionnettes découpent les fils. Malou a fait cela, est en cours d’écriture elle est devenue ce personnage imbuvable. D’autres personnages n’ont pas évolué sur le point psychologique par rapport à l’idée de départ comme Clotilde. Au départ, je faisais également parler Robert, le mari de Malou et très vite il m’a paru important qu’il ne parle pas un peu comme le chien. Comme il portait le même prénom et allait connaître un peu le même destin, il n’avait pas de raison de parler.

On dit souvent qu’un auteur met beaucoup de soi dans un premier roman, est-ce le cas pour vous ?

L’histoire fourmille d’anecdotes dont j’ai été témoin ou que j’ai entendu mais c’est tout, il n’y a rien d’autobiographique.

On évoquait le chien, cela fait une transition avec la couverture du livre et son titre, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment il a été trouvé ?

Ce titre n’était pas celui prévu au départ mais il nous est venu en même temps avec mon éditeur. Nous avions les sous-titres des parties, qui sont des segments du texte et quand il a fallu trouver le titre définitif du livre on a pensé qu’il était dommage de ne pas suivre cette logique. Il nous est venu l’idée de choisir cette phrase que prononce Malou au début du livre quand elle voit arriver son fils : « c’est quoi ce roman ? ». C’était vraiment le titre adéquat, car il est drôle, il interpelle, c’est un passage du texte et il pose une vraie question, c’est quoi ce roman qui fonctionne de manière polyphonique, avec des temporalités différentes et avec des personnages s’exprimant sur des supports différents.

Le bel accueil de ce premier livre vous a-t-il donné l’envie de recommencer prochainement ?

En fait, j’en avais déjà écrit un deuxième, avant même que celui-ci ne soit édité. J’espère qu’il plaira à l’éditeur car il ne l’a pas encore lu et qu’il aura le même accueil positif.

c-est-quoi-ce-roman-cover

Le Mediateaseur remercie Corinne Devillaire de bien avoir voulu discuter de ce son premier livre C’est quoi ce roman ? publié aux éditions Thierry Marchaisse avec nous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *