Interview : Janine Boissard

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Janine Boissard, on l’aime pour ses histoires, son talent d’écriture, et aussi pour sa simplicité et sa sympathie.

Nous avons encore eu l’occasion de profiter de sa bonne humeur il y a quelques semaines afin de parler avec elle de Au plaisir d’aimer, son nouveau roman paru chez Flammarion, que nous chroniquions ici.

Comment est née l’histoire ? Quelle est sa manière de travailler ? Qu’en a pensé sa famille ? Tant de questions auxquelles vous trouverez les réponses ci-dessous.

Bonne lecture,

 

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Bonjour Janine,

Votre nouveau roman, Au plaisir d’aimer, est actuellement en rayon, comment est née l’idée d’écrire ce livre quelque peu coquin ?

L’idée m’est venue car je trouvais qu’on parlait mal de l’amour. On le fait de manière trash et vulgaire, avec tous les sites pornographiques que les enfants peuvent voir très jeunes, et j’avais envie de dire, l’amour, ça peut être joli. Je voulais décrire l’amour comme une vraie fête.

Après l’idée, le cadre a-t-il été facile à trouver ?

Dans mes livres, j’aime énormément marier la grande histoire à la petite, et quand j’ai trouvé Poitiers, la ville d’Henri II, tout a été clair pour moi. Il est apparu que cela se passerait dans un milieu un peu aristocratique et qu’on y parlerait de peinture car j’adore cet art.

Y a-t-il beaucoup de travail en amont avant le début de l’écriture ?

Enormément. Tout d’abord, je déploie toujours une carte routière pour avoir des noms, j’enracine tout. C’est comme ça que j’ai trouvé un tout petit hameau qui s’appelle Fortjoie. Après, je me fais un portrait détaillé des principaux personnages, ici ça a été assez facile pour les trois sœurs, en revanche, j’ai eu un peu plus de mal à trouver les manières et personnalités des garçons. Je savais juste qu’il y aurait un Vincent car je suis admirative de Vincent Van Gogh, ce peintre de génie qui n’a vendu qu’une seule toile de son vivant. Je vous promets que j’en suis malade quand j’y pense. A notre époque, avec les moyens de communication, un tel peintre ne serait jamais resté méconnu.

Combien de temps a-t-il fallu pour que ce livre prenne vie ?

Une année. Je travaille au moins 6 ou 7 heures par jour, même quand je pars en voyage, car j’ai la chance d’écrire à la main. Je me lève à 5h du matin et si je n’écris pas je me sens mal à l’aise.

Ce livre reçoit un très bon accueil, en êtes-vous contente ?

J’ai publié 50 livres et je suis toujours inquiète à la sortie de chacun. Pour celui-ci, j’avais parlé du sujet à mes sœurs et elle m’avait demandé si je n’allais pas choquer mes lecteurs. D’une, je n’ai jamais écrit pour ne pas choquer, j’écris ce dont j’ai envie, mes lecteurs ne sont pas idiots, ils sentent ma sincérité, mais malgré tout il y a cette petite peur du « pourvu que nous nous comprenions ». A chaque fois que je relis mes épreuves, je me dis que c’est nul, et au bout de quelques semaines, quand le livre commence à marcher, comme c’est le cas pour celui-là, je me dis que je ne pourrai jamais faire aussi bien (rires).

Est-ce aisé de toujours trouver de l’inspiration après 50 romans ?

Ca ne me pose pas de problème. Tout d’abord, j’ai 10 petits-enfants. Comment ne pas aller de l’avant avec eux qui me donnent l’image de tout ce qui est moderne ? Je ne regarde jamais derrière. L’autre raison, c’est que je vais toujours sur les lieux que je décris, je ne me contente pas, comme certains de mes amis, d’inventer. Je me bouge pour trouver l’inspiration, chaque rencontre m’enrichit.

Vous évoquez vos petits-enfants, qu’ont-ils pensé de leur grand-mère mutine avec ce roman ?

Hélas, dans mes petits-enfants très peu me lisent, ils préfèrent internet. Il n’y a qu’une de mes petites-filles qui fait une thèse sur moi. J’ai eu plus peur de la réaction de mes sœurs, un peu bourgeoises, mais non, elles ont aimé, et mes enfants aussi. Seul un de mes fils a été un peu gêné et je peux le comprendre venant d’un fils.

Vous allez souvent à la rencontre de votre public pour signer ce livre, c’est important pour vous ?

On écrit seul, c’est important de rencontrer les lecteurs et d’avoir des échanges, c’est très enrichissant. On me dit souvent « quand vous parlez de vous, vous parlez de moi » Nous sommes des porte-voix et nous nous devons d’être disponibles et d’aller offrir un peu de temps à nos lecteurs.

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Merci à Janine Boissard pour sa disponibilité et son franc-parler. Le roman Au plaisir d’aimer paru chez Flammarion est toujours disponible en librairie et nous vous le conseillons vivement.

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