Interview : Andrea H. Japp

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Ce 14 octobre est paru chez Flammarion le nouveau roman d’Andrea H. Japp intitulé Le fléau de Dieu. Il s’agit du premier tome de sa nouvelle saga nommée La malédiction de Gabrielle.

Pour parler de cette sortie, du thème principal de la peste ou encore de sa manière de travailler, nous avons eu le plaisir de rencontrer l’auteure il y a quelques jours.

Un entretien à lire ci-dessous en espérant qu’il vous donne envie de découvrir ce roman.

 

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Bonjour Andrea,

Votre nouveau roman est disponible depuis quelques jours maintenant, comment vous sentez-vous après une sortie ?

C’est très étonnant car on vit avec ses personnages, surtout moi qui adore les longues périodes d’écriture, et brusquement vous avez l’impression que ce n’est plus à vous. Et il y a toujours un petit pincement d’appréhension, car l’idée lorsqu’on s’est autant investi dans un roman, c’est qu’il trouve un écho chez d’autres personnes.

Vous faites attention aux retours des lecteurs ?

Oui, je fais très attention aux retours des lecteurs car mon lectorat est très fidèle depuis plus de 20 ans, et je sais que certains précommandent mes romans dès l’annonce d’une sortie. Les décevoir serait énormément dramatique pour moi.

Ce livre est à nouveau un roman historique, d’où vous vient le goût pour ce style ?

C’est très bizarre, en fait je pense que je n’aurais jamais écrit de roman historique, et encore moins sur le Moyen-âge, si je n’avais pas déménagé de Paris. J’ai emménagé dans une vielle bâtisse en Perche, et cette région a un petit côté intemporel. La maison étant un peu isolée, certains matins vous vous dites que vous pourriez être à n’importe quelle époque. L’idée m’est venue comme ça d’écrire des polars médiévaux, ce qui a été accepté par l’éditeur de l’époque, ensuite m’est venue une sorte de panique. J’ai une formation de scientifique et j’en étais restée à des souvenirs d’Histoire de la primaire très sommaires. Après, je me suis dit que c’était le moment de découvrir cette période très riche et j’ai acheté tout ce que je trouvais des écrivains sur la période.

Qu’est-ce qui vous plaît dans cette période ?

M’y intéresser m’a fascinée. Je me suis rendue compte qu’à part une ou deux caractéristiques, on retrouve chez les gens du Moyen-âge les mêmes grandeurs et vices humains qu’aujourd’hui. C’est surtout l’environnement technologique et technique qui a évolué, mais on retrouve à peu près les mêmes choses, sauf peut-être la notion d’individualité qui n’existait pas. On œuvrait toujours pour le bien du groupe et c’était fascinant. A notre époque, l’individu est roi.

Vous êtes une spécialiste de l’histoire désormais ?

Je suis une amatrice vorace, ça oui, mais sûrement pas une historienne, non, je ne peux pas dire ça.

Comment est venue l’idée de parler de la peste dans cette histoire ?

Il y a toujours derrière mes séries une curiosité personnelle. Ici, j’ai voulu faire le point sur cette épidémie de peste qui ne m’a jamais convaincue. Il y a des choses aberrantes dans cette histoire si on considère que c’est vraiment la peste. Mon trouble pour ce qu’on a appelé La grande peste est né quand j’ai passé un certificat de bactériologie à Pasteur en 87 où certaines documentations et lithographies, et même le taux de mortalité, me paraissaient très bizarres. C’est un peu ça que j’ai voulu éclaircir, j’ai fait des recherches et ça sous-tend mon histoire. Mon héroïne est Gabrielle d’Aurillay, mais l’autre, en sous-jacent, est la peste, ou autre chose, qui a cristallisé beaucoup de choses dans le royaume.

Parlons de l’héroïne. Elle a une fois de plus beaucoup de caractère, comment créez-vous vos personnages ?

Il y a pas mal de travail mais il y a eu beaucoup de changements avec ce roman. Il y avait un personnage, je ne savais pas s’il serait un salopard, disons-le franchement, ou quelqu’un de bien. Je ne savais pas si Gabrielle allait être une jeune femme affirmée dès le début ou non, et à un moment, il y a un déclic où les personnages se définissent eux-mêmes et vous devenez leur accompagnateur. Cela devient ainsi plus facile, de temps en temps meurent des gens alors que ce n’était pas prévu, ou une ordure se révèle très humain à la faveur d’une circonstance. C’est un des grands bonheurs de l’écriture, quand cela vous échappe.

C’est un plaisir, j’imagine, de mélanger personnages fictifs et historiques ?

Tout à fait. Ce que j’essaie de faire, tout en n’étant pas une historienne professionnelle, je le répète, c’est de donner un arrière plan historique aussi fiable que possible. Ca permet d’asseoir la fiction, et quand vous avez un background fiable, cela donne la possibilité plus facilement de faire vivre des gens qui n’ont pas existé en les mettant en relation avec les personnages historiques.

Ce que j’aime chez vous, c’est la facilité de lecture de vos romans, y a-t-il un travail là-dessus ?

Il y a un travail dessus car, à la fois je veux conserver du vocabulaire du Moyen-âge, ce qui fait que beaucoup de mots sont expliqués car on les a perdus, et à la fois vous ne pouvez pas parler au Moyen-âge comme aujourd’hui. Je fais donc des syntaxes très particulières qu’on peut qualifier du 16/17ème siècle en essayant de garder une langue vivante et non pesante comme je favorise les dialogues. Et il faut savoir qu’à l’époque, seul 3% de la population sait lire et écrire, on ne peut donc pas prêter, par exemple, à une matrone des propos pompadouriens.

Vous nous avez une fois de plus emmenés avec vous dès le premier tome, cette saga est prévue en combien de tomes ?

A la base je suis partie sur 3, mais j’ai inventé la trilogie en 4 volumes car en général j’ai tellement de matériel que je reste souvent au bout du 3ème avec une histoire non achevée. Donc je pars toujours sur 3, mais peut-être 4, je ne sais pas encore.

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Le Mediateaseur remercie Andrea H. Japp pour sa disponibilité. Son roman Le fléau de Dieu, paru chez Flammarion, est déjà disponible et nous vous le conseillons.

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