Interview : Yamina Benguigui

Photo by Ammar Abd Rabbo/ABACAPRESS.COM

Ce soir sur France 2 sera diffusé un nouvel épisode d’Aïcha intitulé Job à tout prix. Le premier ayant rencontré un vif succès d’audience avec pas moins de 5,4 millions de téléspectateurs, nous souhaitons à toute l’équipe de faire de même voire mieux.

Pour revenir un peu sur la création de cette série, du personnage, et du choix de l’interprète principale, nous avons eu le grand plaisir de pouvoir poser quelques questions à la réalisatrice Yamina Benguigui.

Nous sommes heureux de pouvoir vous proposer un entretien avec une si grande réalisatrice sur notre site.

Bonne lecture

 

*****

 

Bonjour Yamina,

Vous êtes la réalisatrice de la série Aïcha, dont le deuxième épisode va être diffusé ce soir. Pour revenir à la genèse du projet, Aïcha était une idée de votre part ou une commande de la chaîne ?

C’était une envie de ma part et c’est partie d’une rencontre avec Dominique Lancelot qui est une productrice suite à Inch’ allah dimanche (film de la réalisatrice NDLR). Elle m’a dit qu’elle avait envie de travailler avec moi sur un projet. Elle m’a demandé ce que je pensais d’une série où l’héroïne serait d’origine maghrébine etc. et j’ai voulu réfléchir. Le soir, je me suis dit que si je créais une telle personne, elle ne serait ni avocate, ni médecin, ni assistante sociale, elle serait seulement au sein d’une famille et elle voudrait un job et franchir le périphérique. Je voulais que l’on puisse s’attacher à cette famille et que le téléspectateur ait, pourquoi pas, l’envie de faire le chemin inverse.

Voilà comment est parti le projet et ça n’a pas été facile pour que France 2 l’accepte.

Le premier épisode a reçu le Prix spécial du jury au Festival de la fiction TV de La Rochelle, est-ce important pour vous ce genre de prix ?

C’est toujours important un prix dans la vie d’un film. En fait, c’est France 2 qui l’avait mis à La Rochelle, et c’est vrai que, pour Aïcha, j’avais un véritable objectif de me dire, est-ce que oui ou non, le public français pouvait être réceptif. Après toutes les images utilisées pour se servir de la banlieue, est-ce qu’en arrivant avec un téléfilm où ça ne parle pas de drogue, de prostitution ou autres, le public en général, car je ne visais pas le public maghrébin, allait accrocher et rentrer dans l’histoire de cette petite famille.

Le nouveau volet est diffusé ce soir, êtes-vous impatiente de cette diffusion en tant que réalisatrice ?

Oui impatiente et dans un sale état (rires). L’adhésion du public au premier c’est quelque chose de très important dans ma vie de réalisatrice, ça a été un grand moment. Car pour moi le changement de mentalité passe par la télévision. Le 2 parle du travail, de la difficulté du travail, des converties donc je suis en stress (rires). Mais je viens de finir le 3 donc comme j’ai travaillé, ça ne m’a pas trop pris la tête.

Justement, l’épisode 2, puis le 3 que vous venez de finir, étaient-ils prévus dès le départ, ou c’est suite au succès du premier ?

Non, moi j’en ai écrit 8. Depuis le premier, j’en ai écrit 8, il y en a 6 d’aboutis et les 2 autres sont des trames. Pour moi je l’ai vraiment pensé comme une vraie série avec des rendez-vous et l’évolution de cette famille. La mère qui va passer le permis, les chemins différents que vont prendre les cousines … Ca suivra à chaque fois une thématique.

Parlons un peu d’Aïcha qui est interprétée par Sofia Essaïdi. Aviez-vous déjà son nom en tête lors de l’écriture de la série ?

Non pas du tout. Quand j’ai commencé le casting d’Aïcha je ne savais pas. C’est à la fin de son essai lorsque l’on a coupé la caméra elle m’a dit « Bon et bien j’espère que ça ira » et c’est quand elle m’a dit cela que j’ai vu un geste d’Aïcha. C’est-à-dire une fille sympathique, jolie, pleine d’entrain qui a envie de réussir sa vie. Je cherchais une spontanéité dans le mouvement du corps et Sophia, qui n’avait jamais joué, m’a appelé le lendemain de la proposition du rôle pour me dire non. Elle avait trop de respect pour mon travail et trouvait que je ne pouvais pas mettre mon projet sur elle car elle n’était rien. Mais c’est le rôle du réalisateur d’emmener ses acteurs où il veut.

Et Yamina Benguigui, que nous remercions pour son temps et sa simplicité, a fait le bon choix avec Sofia Essaïdi qui joue très bien, ainsi que pour tout le casting. Vous pouvez retrouver ici notre chronique sur l’épisode que nous avons vu pour vous.

Aïcha : Job à tout prix est donc diffusé ce soir sur France 2 à 20h35 et le DVD, qui comprendra des Bonus, un making of et des scènes coupés, sortira dès le 9 mars. Et vous n’êtes pas à l’abri de pouvoir en gagner prochainement sur le site. Soyez attentifs.

One thought on “Interview : Yamina Benguigui

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *