Interview : Willy Lambil

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Nous vous avons chroniqué ici le 55ème tome des Tuniques Bleues intitulé Indien, mon frère.

Le scénario est toujours de Raoul Cauvin et les dessins de Willy Lambil, et nous avons eu le grand plaisir de rencontrer ce dernier pour une interview très intéressante. Nous sommes revenus avec lui sur le processus de création d’un tome, nous espérons que cela vous plaira.

 

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Bonjour Monsieur Lambil,

On le sait, vous n’êtes pas le dessinateur à l’origine de la création de la série les Tuniques Bleues, pour débuter cette interview, pouvez-vous nous raconter comment vous en êtes arrivé là?

Alors en fait Morris et son Lucky Luke ont quitté les éditions Dupuis, donc il manquait une série western. Alors Salvérius et Cauvin ont créé les Tuniques Bleues qui à l’origine se passait dans l’Ouest. Au 4ème album, presque terminé car il ne manquait que 6 planches je crois, Salvérius est décédé. Cauvin m’a demandé si je voulais bien continuer l’album, mais ce n’était pas vraiment mon style de dessins. J’ai quand même essayé en copiant beaucoup Salvérus et quand j’ai terminé Dupuis m’a demandé si je pouvais continuer au moins un autre album de la série. C’est parti comme ça et finalement nous sommes plus partis vers la guerre de sécession que vers le western donc en réalité nous n’avons pas remplacé Lucky Luke.

Aviez-vous vu le potentiel de la série et imaginiez-vous encore travailler dessus des années après ?

Ah non je n’aurais jamais pu savoir. Il faut dire que Salvérius était un grand copain mais je ne lisais pas ses séries. En général on ne lisait pas les séries de l’un à l’autre.

Est-ce qu’il a été facile de vous approprier les personnages et les dessins ?

Ce qu’il a fallu faire c’est vraiment copier, il n’y a rien d’original. Mais comme après on m’a confié la série, j’ai voulu la faire comme je la sens pour me libérer un peu de Salvérius. Et puis ça a évolué, il y a beaucoup de gens qui disent que ça n’a pas évolué, mais moi quand je regarde mes premiers albums, ce sont des horreurs. Les 15 ou 20 premiers albums, moi, je les trouve vraiment mauvais.

Avez-vous parfois une certaine lassitude à dessiner toujours les mêmes héros ?

Non, on vit avec et ils finissent par faire partie de la famille.

Pouvez-vous nous dire quel est votre manière de travailler sur un album avec Cauvin ?

Cauvin est le premier à démarrer l’album et comment il pratique, ça je ne sais pas trop. Il fait son plan qu’il découpe en case mais avec un dessin assez sommaire et il écrit les textes. Quand il a terminé les 44 planches, il me les donne, moi je ne sais jamais de quoi ça parle, je découvre en recevant le scénario et ensuite je commence à chercher la documentation qui a trait à cet épisode. Et puis après et bien je prends ma feuille blanche et je commence à travailler.

Il n’y a donc pas d’échanges à proprement parlé durant la création.

Les échanges pendant le travail se font surtout par téléphone comme lorsque qu’il y a quelque chose que je ne comprends pas dans les dialogues ou si j’estime, mais c’est très rare, qu’il s’est trompé de formule ou autre, là je le contacte et on en discute par téléphone.

Entre les recherches pour les détails historiques et les dessins en eux-mêmes, combien de temps vous prend le travail sur un album ?

Pour faire un album entier, il me faut 1 an car il y a beaucoup de détails, de recherches, et puis je deviens un peu paresseux (rires). J’en ai fait plus que ça car depuis le début de ma carrière j’ai fait l’équivalent de 80 à 90 albums. Je suis en train de dessiner mon 50ème album des Tuniques Bleues.

Vous identifiez-vous à l’un des personnages et y en a-t-il un que vous préférez dessiner par rapport aux autres ?

Non je crois qu’il y a vraiment une cassure. Ils font partie de la famille mais je ne m’identifie vraiment pas à aucun personnage. Et au point de vue personnage à dessiner, je n’ai aucune préférence, en revanche en ce qui concerne les scènes, je préfère celles de « batailles », par exemple des cavaliers qui galopent, j’aime faire le mouvement. Or dans les séries, il y a parfois des séquences entières qui se passent dans une pièce fermée et ça m’ennuie énormément car je dois tourner sans arrêt l’image pour essayer de trouver les angles pour varier un peu la vue sinon c’est toujours pareil et je ne peux pas. Ce genre de scène sont plus ennuyeuses.

Le tome 55 vient de paraître, avez-vous déjà commencé à travailler sur le suivant ?

Oui je dessine actuellement le tome 56, mais je ne suis pas très loin, j’en suis à peine au quart.

Pouvez-vous nous donner une petite information en exclusivité sur ce tome 56 ?

Non, car moi-même je ne le sais pas. Ce que je peux dire c’est que vous savez les soldats, comme les GI’s qui ont débarqué en Normandie, à mon avis on leur donnait certainement quelque chose pour les pousser à se battre car ce n’est pas possible que quelqu’un de sang froid se jette comme ça sur une plage. Et bien pour la guerre de sécession, ça a certainement été la même chose, on leur a donné peut-être des pilules, et l’histoire tourne autour de ça. Mais je ne peux pas vous en dire plus car je ne suis vraiment qu’au début, j’ai lu le scénario 4 fois mais je n’ai pas encore d’idée bien précise.

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Le Mediateaseur remercie une fois de plus Willy Lambil pour sa très grande gentillesse et simplicité. Le tome 55, Indien, mon frère paru aux éditions Dupuis est toujours disponible en magasin.

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