Interview : Isabelle Georges

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Isabelle Georges est l’interprète du spectacle Une étoile & moi qu’elle a écrit et dans lequel elle rend hommage à son idole Judy Garland. Nous vous proposions notre chronique ici après avoir assisté à l’une des représentations au Théâtre Antoine. Après l’avoir vue se donner à fond sur scène, au point de la croiser en larmes d’émotion après le spectacle, nous avions envie de discuter avec elle de l’histoire de ce show.

Isabelle a accepté très facilement de répondre à nos questions et nous vous proposons ci-dessous l’intégralité de l’entretien.

Bonne lecture.

 

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Bonjour Isabelle,

C’est à vous que l’on doit le spectacle Une étoile & moi qui rend hommage à Judy Garland. Comment et quand vous est venue l’idée de ce spectacle ?

Alors je venais de faire Titanic et j’allais faire Chantons sous la pluie, et je réfléchissais beaucoup à ce que je pourrais créer dans mon coin de plus personnel que de juste être une interprète. On répétais Titanic à Liège et j’ai rencontré Frédérick Steenbrink qui m’a dit « Est-ce que tu vas passer ta vie dans des comédies musicales ? ». Je lui ai demandé de quoi il se mêlait et que justement je pensais à autre chose. C’est lui qui m’a proposé l’idée de faire un spectacle autour de la personne qui m’a donné envie de faire ce métier, s’il y en avait une. Ca a été une espèce de déclic car je me suis souvenue que celle qui m’a vraiment donné envie de faire ça, c’est Judy Garland en voyant A star is born, et j’ai donc voulu lui faire un hommage. J’ai ensuite écrit le spectacle en compagnie de Stéphane Foenkinos car je n’aime pas faire les choses seule et je ne me considère pas comme un auteur. Après j’ai prévenu Frédérick que j’avais commencé l’écriture et je lui ai demandé s’il voulait faire le personnage masculin donc le pianiste et les différents personnages de la vie de Judy. Il a accepté mais ne voulait pas chanter, et moi en réfléchissant aux titres que je voulais mettre dans le spectacle, il y avait Embraceable You et je voulais la faire en duo. En répétition, j’ai amené la partition, on l’a faite et après il n’était plus question de l’enlever et Frédérick a accepté de chanter, de jouer la comédie et du piano.

Combien de temps le travail de recherche et d’écriture vous a-t-il pris ?

Pour la première version, ça m’a pris 5 mois. J’avais tellement de matériel sur Judy, j’avais plusieurs biographies, des livres de photos, à New York j’avais vu une réserve incroyable de photos de film, j’ai rencontré un homme qui était chargé, lorsque Judy Garland était avec Franck Sinatra à Las Vegas, de la ramener à sa chambre chaque fois qu’elle sortait Judy car elle était insomniaque. J’ai beaucoup discuté avec lui, j’ai rencontré Liza Minnelli il y a peu aussi. Il y a eu une nouvelle période aussi peu de temps avant le Théâtre Antoine, car je voulais lui rendre hommage à ma façon à savoir sans l’imiter car il en était hors de question. Je voulais proposer quelque chose qui parle de tout ce qui m’a touchée moi, par exemple je n’évoque pas tous ses maris, je me suis juste attaché à Vincente Minnelli car c’est quelqu’un qui a été déterminant pour elle professionnellement et humainement. C’était une vraie histoire d’amour et elle s’est finie comme une première cassure pour Judy, qui en a ensuite amenées de nombreuses.

Ce spectacle a-t-il été facile à monter et à proposer au public ?

On a fait une première proposition de ce spectacle en 2002, elle s’est bien passée mais je n’étais pas convaincu d’avoir été au bout. Donc on a tout défait. Ensuite on a été dispersé avec Frédérick sur d’autres projets, et en 2005 on a fait une petite tournée en Hollande et la directrice de tournée m’a dit « le spectacle est magnifique, vous devriez vraiment aller au Fringe Festival d’Edimburgh« . Je ne savais pas ce qu’était ce festival, et en fait c’est le plus grand festival de spectacle vivant au monde avec plus de 2000 spectacles. J’ai inscrit Une étoile & moi, j’ai trouvé une salle, en fait j’ai tout monté moi-même et à un moment il me manquait une somme d’argent pour aller au bout du projet. Il s’est passé une chose incroyable, ce que j’appelle des signes, ma grand-mère est décédée et m’a laissé la somme exacte qu’il manquait. On est arrivé totalement perdu et ça s’est super bien passé, grâce à ça on a été programmé dans un théâtre national anglais pour toutes les périodes des fêtes, puis après on s’est retrouvé en Australie au Festival de Cabaret d’Adélaïde et à faire des tournées aux Pays-Bas. En 2008 on a décidé de donner des représentations à La Péniche Opéra à Paris pour voir si les Français, ça les intéresse. Judy Garland est un personnage très connu en Angleterre et aux Pays-Bas et on se demandait si en France ça allait être pareil. On a justement eu des retours comme quoi ça devait être un peu plus français par certains côtés pour que les gens comprennent mieux. J’ai choisi les chansons évidemment pour faire avancer l’intrigue, à l’intérieur même des chansons il y a des petits clins d’œil que les Anglais comprenaient immédiatement, car c’est leur langue, et il a fallu adapter certaines choses en France. Et il y a peu de temps j’ai rencontré Alex Metayer, avec qui nous avons un projet de comédie musicale pour dans quelques années, et je lui ai demandé d’être notre œil extérieur pour l’amener là où je voulais aller. Il a amené son côté d’acteur et de metteur en scène en étant un peu plus exigeant sur les moments de jeu.

Vous proposiez cette nouvelle version pour la première fois hier au Théâtre Antoine, à Paris. Aviez-vous plus le trac de le présenter en France ?

Oui. De manière générale, j’ai énormément le trac et là c’était pire que tout. J’ai dû aller 4 fois chez l’acupuncteur par exemple (rires). Mais je crois que ça n’a pas à voir avec le fait que ce soit à Paris, mais avec le fait que j’aie l’impression que grâce à Eric, et au travail qui vient d’être fait, on est beaucoup plus proche du rêve que j’avais au début. Et du coup je me disais que tout était comme je l’avais imaginé et que je n’allais pas y arriver. Je pensais que le trac passerait avec les années, mais non, c’est encore pire.

Le spectacle est programmé jusqu’au 31 décembre, vous savez déjà ce qui va se passer après ?

Pour Une étoile & moi, on a un tourneur donc il y aura une suite et on va se balader en 2012-2013. On aimerait vraiment aller aux Etats-Unis car on avait fait un petit saut à New-York et on avait rencontré le programmateur d’un théâtre qui voulait nous programmer, mais ce n’était pas possible à l’époque en terme d’emploi du temps, donc c’était frustrant, et on aimerait bien ouvrir cette porte-là. C’est dans un petit coin de notre tête. Et concrètement à partir de janvier, on part en tournée avec Padam, Padam, le spectacle précédent, donc pas mal de pain sur la planche.

Le Mediateaseur remercie une fois de plus Isabelle Georges pour sa disponibilité et sa grande gentillesse. Une étoile & moi est encore à l’affiche du Théâtre Antoine jusqu’au 31 décembre et nous ne pouvons que vous conseiller d’y aller pour passer une soirée magique en compagnie de 2 artistes complets et talentueux. Les représentations ont lieu du mardi au samedi à 19h et les dimanches à 18h.

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