Interview : Joël Santoni

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Tout le monde ne connaît pas forcement son nom, mais vous devez à coup sûr connaître sa Famille Formidable qu’il a créée il y a 20 ans maintenant.

Lui, c’est Joël Santoni, le créateur et réalisateur de la série qui est notre invité aujourd’hui. Ayant vu tous les épisodes depuis le premier, je ne peux vous cacher que c’était un grand plaisir pour moi de pouvoir discuter avec lui et un honneur de le recevoir sur notre site. Vous retrouverez ci-dessous l’intégralité de notre entretien, j’espère qu’il vous plaira.

Bonne lecture,

 

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Bonjour Monsieur Santoni,

A l’occasion des 20 ans d’Une famille Formidable, revenons ensemble sur la genèse du projet, comment avez-vous eu l’idée de créer cette série ?

L’idée de base était que j’avais envie de parler d’une famille française, mais sur un mode un peu nouveau. On avait déjà vu Les saintes chéries ou des choses comme ça, mais c’était un peu trop tout rose ou tout bleu. Moi, j’avais envie, compte tenu de ce que j’ai vécu, de ce que mes amis vivaient avec des adolescents, de faire un reflet de ce que vivaient vraiment les parents et les enfants au sein d’une famille française. Je voulais une famille hélas, ou heureusement, je ne sais pas, plongée dans cette modernité qui est un peu la notre avec des histoires de drogues, d’homosexualité, de divorce…

Une fois l’idée en tête l’écriture s’est vite mise en place ?

En fait j’avais été contacté par Pascal Breugnot (productrice de la série NDLR)) et il y avait des textes qui ne me plaisaient pas, ils ne correspondaient pas à ce que j’avais envie de faire et donc on a réécrit les textes. Oui, ça a été assez vite, on a créé des choses, on a eu des histoires un peu plus musclées avec des problèmes d’aujourd’hui.

Est-ce que cette série a été facile à « vendre » à des directeurs de chaîne ?

Finalement oui car on a fait les 3 premiers numéros, et avant même que ces trois-là ne soient terminés, Etienne Mougeotte (Directeur d’antenne de TF1 à l’époque NDLR) a vu une espèce de montage et en a commandé tout de suite une deuxième série. On peut dire que ça a démarré assez sur les chapeaux de roues.

Est-ce que durant l’écriture des scénarios vous aviez déjà des noms de comédiens en tête pour incarner vos personnages ?

Ca s’est très vite imposé à moi. Mon choix était vite arrêté et je voulais Bernard Le Coq et Anny Duperey. Je n’ai pas hésité, Bernard Le Coq j’y ai pensé en premier car c’est quelqu’un que j’aimais depuis longtemps mais on avait jamais travaillé ensemble et il est apparu tout d’un coup un personnage suffisamment complet, ambigu et drôle pour incarner ce père de famille un peu lâche. Et puis après Anny  était à l’époque une amie d’une amie à moi et cette dernière m’a proposé Anny, on lui en a parlé et elle a été d’accord. Je me suis retrouvé avec ce tandem de choc que j’aime beaucoup et dont je ne me suis jamais lassé, c’est une espèce d’histoire d’amour entre nous 3.

Et j’imagine que c’est toujours le même plaisir de se retrouver pour chaque saison ?

Oui c’est même un plaisir accentué car j’ai l’impression qu’on arrive malgré toutes ces années encore à se surprendre. On est vraiment contents de se retrouver. On ne se perd jamais de vu longtemps car on est amis dans la vie mais ce n’est pas pareil, quand on tourne, on se voit tous les jours, on déjeune ensemble, on se voit le soir, on ne se quitte plus. Ce sont des moments agréables un peu comme des vacances de famille, laborieuses mais des vacances quand même (rires).

Quel genre de réalisateur êtes-vous ?

J’ai des idées arrêtées, mais je suis aussi très attentif aux comédiens, surtout à la télévision car les comédiens véhiculent beaucoup de choses. Si je vois qu’ils ne sont pas dans le truc j’essaye plutôt de voir pourquoi ça ne passe pas plutôt que de m’obstiner à vouloir le faire passer. Je suis attentif aux propositions, on s’écoute beaucoup et il y a beaucoup de complicité. Ce que toutes ces années de travail en commun nous ont fait gagner, c’est énormément de confiance, nous n’avons aucun problème de pouvoir et surtout pas moi, j’ai cette chance, du coup on peut discuter sans avoir peur que l’on me vole mes prérogatives.

Avez-vous une méthode de tournage particulière ?

Il faut  beaucoup laisser jouer les comédiens, c’est ma manière de filmer qui consiste à laisser jouer les acteurs pour qu’ils puissent garder un rythme. Moi j’adore le théâtre et j’ai cette envie d’insuffler un rythme théâtral donc on répète beaucoup et quand la séquence à un bon rythme, je tourne un plan séquence et ensuite je re-découpe à l’intérieur. Le plan séquence est un peu fait pour stresser tout le monde, ça fout les jetons à tout le monde (rires) et j’aime bien ça. Voilà un peu la manière dont je tourne pour provoquer une sorte d’électricité comme si un rideau de théâtre se levait avec le public directement en face.

Cela donne un bon résultat car 20 ans après la série existe encore, êtes-vous toujours un peu stressé avant la diffusion d’un nouvel épisode après tout ce temps ?

Oh moi terriblement (rires). Je suis stressé parce que rien n’est acquis ou gagné d’avance dans cette vie. Et dès le lendemain à 9h02, on se parle avec la chaîne pour les audiences, il ne faut pas se cacher les audiences ça compte. On mesure si on a tapé juste, nous on s’amuse beaucoup à le faire, mais il ne faut pas que nous soyons les seuls à s’amuser, il faut que le public aussi. Donc oui, on est contents de savoir si les gens nous suivent.

Auriez-vous pu imaginer un seul instant à la création qu’Une famille formidable serait encore là au bout de 20 ans ?

Même sous la torture je n’aurais pas cru (rires). Non honnêtement c’est ça qui est bien car en plus ce n’est pas une construction faite pour durer et c’est peut-être pour ça que ça dure. Le but est de prendre du plaisir à chaque fois, s’étonner nous-mêmes et il se trouve que le succès est au rendez-vous. Il y a 20 ans, on n’aurait jamais pu s’imaginer encore jouer nos personnages. C’est tellement rare en plus qu’une série dure 20 ans surtout que parfois nous sommes arrêtés sur des périodes de 3 ou 4 ans, après on en fait 2 fois coup sur coup. Nous n’avons jamais eu la régularité qu’ont, en général, les séries et le calendrier a toujours été celui du désir. Là, je pense que nous avons une idée pour repartir mais vous m’auriez demandé ça il y a un mois, je vous aurais dit pas sûr.

Donc il y aura encore au moins une nouvelle saison, où en est l’histoire ?

On a les grandes lignes directrices, elle n’est pas encore écrite mais nous sommes en plein dedans et vite car nous allons devoir finalement tourner plus vite que ce que l’on pensait. L’arche dramatique est déjà en tête.

Le Mediateaseur remercie une fois de plus Joël Santoni de nous avoir accordé un peu de son temps et d’être aussi abordable. La saison 9 inédite d’Une famille formidable a débuté il y a 2 semaines sur TF1 et vous pourrez découvrir la fin de cette première partie dès ce soir à 20h50.

One thought on “Interview : Joël Santoni

  1. Joël Santoni est un menteur. Il n’a pas créé la série une famille formidable. Le projet est l’idée de la productrice Pascale Breugnot qui en 1990 engagea Danièle Thompson pour travailler avec quatre jeunes scénaristes Alain Layrac, Ève Deboise, Laurent Vachaud et Joëlle Miquel qui ont écrit la première saison pendant un an. Santoni n’était pas dans le coup. Il prétend ensuite qu’une fois contacté les textes ne lui plaisaient pas et qu’il les a fait réécrire. Une scénariste nommée Sylvie Dervin a bien été engagée pour réécrire quelques dialogues mais les scénarios sont globalement restées les mêmes. Je rigole en lisant que les intrigues ont été musclées avec des problèmes d’aujourd’hui. Je m’esclaffe en apprenant que Santoni voulait de la drogue de lhomosexualité etdu divorce. Tous ces thèmes étaient dans les scripts d’origine. Sylvie Dervin à en plus été escroquée par Santoni qui lui a demandé des droits d’auteur alors qu’il n’avait pas écrit une ligne. Cet homme est un réalisateur qui s’est arrangé pour flatter les comédiens afin qu’il soit demandé par eux pour chaque nouvelle saison. Il a insisté pour être directeur de collection des saisons suivantes et la qualité a décliné car Santoni est incapable d’écrire une ligne il cherche juste des nègres. L’entendre se présenter comme le créateur de cette série est une insulte aux auteurs originaux, à Danièle Thompson et Pascale Breugnot. Renseignez vous avant d écrire n’importe quoi.

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